Frôler la mort pour mieux renaître


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Quand on travaille dans les médias on nous apprend à ne pas “être excluant” c’est à dire à ne pas exclure par nos propos une partie des lecteurs/auditeurs/téléspectateurs.resilience

Pourtant, c’est ce que je vais faire.

Je n’irais pas jusqu’à diviser le monde en deux en disant qu’il y ceux qui l’ont vécu et les autres mais en tout cas, dans une foule il y a une partie qui a un gros point commun : celui d’être passé près de la mort. Mort physique ou psychologique.

Et ça, ça change tout.

Si je vous parle de ça c’est que ce qui paraît une “mauvaise chose” peut en fait devenir une vraie bénédiction. Un vrai moment clef de l’existence.

Ceux qui l’ont vécu le savent. Peu importe comment on vit l’évènement sur l’instant. Par la suite la vie prend une autre saveur.

Cette collègue de travail par exemple, sur sa fin de trentaine, qui a survécu à un cancer et qui déborde de joie. Qui rit tout le temps, agit avec chacun avec chacun dans un remarquable esprit de bienveillance, de compréhension et de patience.

C’est difficile à faire comprendre à ceux qui ne l’ont pas vécu mais parfois, frôler la mort c’est passer un mauvais  moment qui va illuminer touts les suivants.
Les illuminer parce qu’on sait désormais à quel point on n’a pas eu envie de mourir sur le moment, à quel point on s’est dit ” – Non, laissez-moi encore un peu de temps s’il vous plaît”, à quel point on a souffert dans notre corps, à quel point on s’est perdu mentalement; et qu’ensuite alors, on est dans un véritable profit, une véritable présence dans l’instant.

Un café au soleil sur la terrasse devient soudain la plus belle chose du monde. Votre patience est plus grande. Oh, vous avez toujours des problèmes et vous êtes confrontés à des gens que vous n’aimez pas, comme tout le monde, mais tout devient plus relatif. Vous prenez de la distance.
Vous prenez le temps aussi, d’apprécier les moments, la liberté, la santé, vos proches.

Et ça, c’est le plus beau  cadeau que la vie m’a donné.

Étrangement. Frôler la mort m’a permis de renaître, en mieux.

Journaliste indépendante et animatrice à Radio France, je vous informe sans concession !

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Commentaires (4)

  1. […] beaucoup ont compris concrètement ce que cela veut dire de pouvoir vivre sa dernière journée. Certains le savaient déjà, d’autres l’ont découvert. Cette semaine, je n’ai jamais autant entendu mes […]

  2. […] beaucoup ont compris concrètement ce que cela veut dire  pouvoir vivre sa dernière journée. Certains le savaient déjà, d’autres l’ont découvert. Cette semaine je n’ai jamais autant entendu mes […]

  3. Je suis tout à fait de votre avis. J’ai l’intime conviction qu’on profite plus de la vie lorsqu’a frôlé la mort. Je connais des personnes qui l’ont vécu.

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    luna - 1 septembre 2014
  4. Oui, l’existence nous lance parfois des défis. Frôler la mort, perdre un enfant….En tous cas, ce qui est vrai, c’est qu’après on est plus jamais pareil, il y a comme une marque au fer rouge, une plaie béante à vie et pas un jour sans qu’on y pense.

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    Agnès - 9 août 2014