“Les femmes s’emmerdent au lit”: à mettre entre les mains de vos hommes !

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Voici une petite pépite d’humour et d’intelligence de Sonia Feertchak : “Les femmes s’emmerdent au lit”.

Femme s'ennuie lit

Sous le titre accrocheur, qui pourrait paraître racoleur, se trouve un livre intelligent, extrêmement drôle et décomplexé qui traite d’un sujet qui va toutes vous parler et que pourtant l’on évoque si peu ou si mal…

Ce thème c’est celui des tensions dans les rapports hommes-femmes aujourd’hui. Ces hommes, élevés par des femmes après la “révolution sexuelle” de mai 68 et qui ne savent plus trop comment agir avec nous au lit. Ces hommes qui demandent après l’amour si ça nous a plu, s’ils ne nous ont “pas fait mal”. De gentils garçons bien élevé dans le respect de la femme mais qui du coup en oublient parfois d’exprimer leur côté masculin. Ce que beaucoup de femmes déplorent sans savoir pour autant comment y remédier.

C’est vrai que ce n’est pas facile. Nous, femmes, oscillons en permanence entre le besoin de respect et de reconnaissance qui semble incompatible avec le besoin de plaire. Nous disons souvent “-J’aimerais qu’il soit sauvage au lit mais en même temps qu’il me respecte”. C’est une nouvelle limite, une nouvelle façon de faire qui perturbe totalement les hommes tant cette limite est floue et tant elle change selon la femme en question.

“Pourquoi, nous les femmes modernes, avons-nous envie d’être plaquées sauvagement contre un mur […] alors qu’en même temps nous refusons que nos partenaires nous rabaissent ?”

Bref, nos hommes sont perdus et nous aussi. Sonia Feertchak l’exprime très bien dans ce livre abouti, qu’elle réfléchit depuis vingt années. Elle pose à plat une problématique crue :

Pourquoi, nous les femmes modernes, avons-nous envie d’être plaquées sauvagement contre un mur (sans presque que l’homme nous montre de respect, avec une certaine violence finalement) alors qu’en même temps nous refusons que nos partenaires nous rabaissent “pour de vrai”?
Pourquoi fantasmons-nous autant sur une “virilité” qui n’existe plus (celle de l’homme qui se croit tout permis sur la femme) alors que nous sommes en même temps farouchement féministes ?
Pourquoi cette force masculine qui  nous fait-peur (parce que nous ne voulons pas revenir en arrière sur nos droits) nous attire en même temps terriblement ?

Il y a vraiment du génie dans ce livre qui sous ses airs de s’intéresser à un “sujet frivole” nous pousse en fait à aller regarder ce qu’il y a de plus profond en nous et que nous rejetons souvent par convention ou peur.

Femmes s'emmerdent au lit Sonia Feertchak

De Beauvoir aux vernis multicolores sur les ongles en passant par le succès de “50 nuances de Grey”, elle ne va pas répondre à ces questions en donnant seulement son avis mais en s’appuyant sur des références solides de la psychologie, de la philosophie et du féminisme. Du plus petit détail aux grandes idées, Sonia Feertchak décortique tout avec rythme et bonne humeur de sorte que l’on ne s’ennuie jamais. Il y a vraiment du génie dans ce livre qui, sous ses airs de s’intéresser à un “sujet frivole”, nous pousse en fait à aller regarder ce qu’il y a de plus profond en nous et que nous rejetons souvent par convention ou peur.

Aucun mot, aucune phrase n’est superflu et l’on referme “Les femmes s’emmerdent au lit” avec l’agréable impression d’avoir éclairci un problème important et qui nous pèse.

Pour finir, plutôt que de vous en faire une tartine, voici quelques passages qui devraient vous donner envie :

“Avec beaucoup d’esprit […] cette internaute expliquait à tout le lectorat masculin […] comment la satisfaire […]. Explicitement : “La majorité des femmes aiment être pilonnées. La majorité aiment qu’on leur tire les cheveux”; “Quand une femme se rue furieusement contre vous ce n’est pas parce qu’elle souhaite que vous […] tournoyiez votre bite dans son vagin comme si vous étiez en train de mélanger une pâte à gâteaux là-dedans. C’est parce qu’elle veut que vous lui mainteniez les bras ou que vous la saisissiez par les hanches […] et que vous la besogniez plus fort”.”

“Face à l’ampleur du phénomène […] je commençai par trouver un nom à mes nouveaux impétrants […] : les “nouveaux garçons” […] à sa façon de regarder les filles  ou de me tenir la porte, de monter dans sa voiture ou d’enfourcher son vélo, je le sais, ce mec a abdiqué son côté prédateur.”

“Héritier désinfecté de Mai68, le nouveau garçon est un homme libéré , selon les canons politiquement corrects et mensongers de l’épanouissement personnel […] propre sur lui voire apprêté , il est narcissiquement disponible et ouvert à toutes les folies de son corps…sous asepsie généralisée.”
[…]
“Les nouveaux garçons se montraient attentionnés à l’excès, gentils et empressés [alors que leurs compagnes] pouvaient se révéler cassantes, condescendantes […] presque empêtrées par ces hommes respectueux et aux petits soins. Trop ? […] A ce stade de mes réflexions je commençais à ressentir  les premières sueurs froides  de la rétrograde qui s’ignore encore.”
[…]
“Rien ne m’excite moins qu’un nouveau garçon qui n’aura de cesse de me picorer dans la main. […] Je suppute que mon honnêteté à cet endroit va être jugée suspecte [pourtant] j’ai autrefois suffisamment souffert  […] de la violence masculine pour la redouter, l’abhorrer […] Et il ne s’agit pas ici, en aucun cas, de cela.”

“…si les féminettes professent à qui veut entendre leur indéfectible credo d’autonomie “pas besoin des mecs pour exister” […] il n’empêche qu’elles ne peuvent se retenir de les séduire […] Les pulsions corporelles sont nettement moins raffinées que les  attraits intellectuels, mais autrement plus brutales, violentes, animales…efficaces en somme. Aussi la féminette, qui le sent, qui le sait, a-t-elle développé mille stratagèmes pour enjôler de la chair sans avoir l’air d’y toucher…”

“le problème est d’avoir, au prétexte de la domination des mâles, abrogé toute idée de virilité […] A défaut de baiser comme  il veut [le nouveau garçon ] biaise comme il peut et s’installe au mieux dans ce positionnement étriqué.”

Je m’arrête là pour les citations tant je me rends compte que j’aurais envie de citer des phrases toutes les deux pages ! Ce livre parle profondément de phénomènes comme la jalousie des femmes les unes envers les autres. Du fait que séduire les hommes soit mal vu et pourquoi. Pourquoi critiquons-nous, souvent avec une jalousie à peine voilée, celles qui se le permettent. Pourquoi cette ambivalence entre nos envies et notre morale. Pourquoi nous voudrions que nos hommes nous aident dans les tâches ménagères et soient nos égaux tout en ayant des envies radicalement différentes au lit.

C’est passionnant.

Je conseille vivement à chaque femme d’acheter ce livre qui est à mon sens important. J’irais même jusqu’à le conseiller à chaque homme qui se demande pourquoi les femmes veulent le faire tourner en bourrique en demandant tout à la fois : violence et respect, domination au lit et soumission dans la vie à la maison.

Que celles qui au vu de certains extraits imaginent un livre à la Zemmour sur la virilité perdue des hommes se rassurent, l’auteure est juste d’une franchise sans fard et totalement pour l’égalité homme femme. Elle tente simplement de saisir ce qui ne va pas et de mettre le doigt dessus, sans tabous.

Nous avons, hommes et femmes modernes, des ruines à rebâtir d’une sexualité trop longtemps imposée aux femmes. Nos mémoires généalogiques n’en sont pas encore “nettoyées”. Ce défi nous pouvons le relever nous femmes en tentant de nous écouter, sans tabou et désir de revanche envers des millénaires d’oppressions alors que les hommes modernes ne demandent qu’à nous accompagner. Vous les hommes en ne vous braquant pas, en n’abandonnant pas et en comprenant profondément la complexité féminine qui allie séduction et envie de fragilité mais aussi force et indépendance.

Tout cela est possible. C’est le défi qui s’offre à nous, le défi de l’apaisement des relations hommes-femmes, générateur de tant de problèmes et de souffrance et ce livre nous y aide avec une grande intelligence.

Un sujet qui paraît anodin alors qu’il est crucial.

 

Et vous alors, vous vous “emmerdez au lit” ?

 

Journaliste indépendante et animatrice à Radio France, je vous informe sans concession !

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Commentaires (4)

  1. Ca me donne trop envie de le lire!
    Moi aussi je veux tout lun et tout lautre mais difficile pour un homme de comprendre nos envies parfois divergeantes…

    Répondre
    monica - 15 juin 2015
    1. Tu as bien raison, c’est vraiment un EXCELLENT livre. On sent qu’elle a mis 20 ans à le mûrir et je n’avais jamais lu sur ce sujet alors que c’est pourtant super intéressant et , quand on est en couple, relié à pleins d’autres problématiques hors du lit.
      Bref, tu fera vraiment un bon investissement, jut buy it ^^ ! 🙂
      Je vais rajouter son interview vidéo par Marie-Claire dans l’article.

      Répondre
      Ca Se Saurait - 16 juin 2015
  2. […] par une fausse confiance, vulgarité ou agressivité apparente (je vous conseille à ce propos l’excellente analyse de Sonia Feertchak sur le sujet dans « Les femmes s’emmerdent au lit »). La drague saine ne doit pas […]

  3. […] par une fausse confiance, vulgarité ou agressivité apparente (je vous conseille à ce propos l’excellente analyse de Sonia Feertchak sur le sujet dans “Les femmes s’emmerdent au lit”). La drague saine ne doit pas disparaître […]