Naufrage français : jeter les plus faibles par-dessus-bord, une solution, vraiment?

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Ces élections régionales cristallisent à peu près tout ce qui ne va pas dans notre société : c’est pour cela que les esprits s’échauffent aussi vite sur le sujet.

Naufrage france

La France est un bateau qui coule, qui s’enfonce doucement et parmi ses passagers il y a trois classes. Les premières classes qui ne sont pas touchées par la crise et seront les premières à le quitter au besoin, les secondes classes qui voient bien leurs privilèges diminuer mais qui ont peur, qui ne savent pas comment agir pour préserver leurs minces privilèges et les troisièmes classes qui n’ont jamais profité des beaux pontons cirés du bateau et qu’on laissera couler avec lui après avoir pris bien soin de leur empêcher l’accès au canots de secours.

Sur ce paquebot qui fait naufrage il y a donc ceux qui veulent écoper l’eau et tenter de sauver un système bancal parce qu’ils savent ce qu’on perd mais pas ce qu’on aura et ceux qui jettent les plus faibles par-dessus bord pour tenter de garder le navire à flot. Les autres sont ceux qui se noient déjà…

Certains rêvent à un nouveau système et refusent de cautionner l’ancien en allant voter (peut-être justement les plus oubliés par ce système), d’autres sont sclérosés dans leur action, effrayés, ils voient bien que “c’est pas top“, que “c’est choisir le moins pire” mais ils continuent d’espérer que cela puisse s’améliorer en dépit de tous les signaux évident de catastrophe imminente qu’envoie le système. Leurs quelques privilèges, leur position intermédiaire, le fait qu’ils ne soient pas totalement pauvres ou exploités fait qu’ils ne voient pas les horreurs du système.

“Comment oser dire à ceux qui se noient et se réjouissent que le bateau coule afin de pouvoir en bâtir un nouveau que ce sont des inconscients ?”

 

Comment oser dire à ceux qui se noient et se réjouissent que le bateau coule afin de pouvoir en bâtir un nouveau que ce sont des inconscients ?
Comment oser leur dire qu’ils n’ont “rien compris”?
Comment oser leur dire qu’ils devraient soutenir corps et âme ce système qui a sciemment choisi de les jeter par-dessus bord et de sacrifier leurs vies pour barboter encore un peu ?

Les jeunes font majoritairement partie de la troisième classe. C’est pour cela qu’ils sont plus radicaux. Si leurs parents ont eu quelques avantages du système eux n’en ont que les miettes alors plutôt que de continuer à cautionner ce qui ne fonctionne que pour quelques-uns en étouffant toujours plus les autres, ils le rejettent.

Ce matin par exemple sur Sud Radio dans l’émission Seul contre tous Maël de Calan (élu finistérien et secrétaire national à la fiscalité des Républicains) trouvait ça normal de payer des jeunes à 80 % du SMIC pour qu’ils “entrent sur le marché du travail“. Normal parce que“…la politique à mettre en oeuvre pour que les salaires augmentent […] c’est en donnant les richesses aux entreprises pour qu’elles augmentent les salaires” alors que comme le rappelle l’animateur Kevin Michel, les aides précédemment allouées aux entreprises n’ont jamais eues de retombées positives sur les salaires…
Normal parce que c’est mieux que d’être au chômage, normal parce qu’il “faut relancer la croissance”. Ah pardon vous parlez de cette même croissance qui nous a menés dans le mur et qui devra bien s’arrêter un jour ne serait-ce que parce que les ressources terrestres ne sont pas  inépuisables ? Ce serait donc le but ultime à poursuivre au prix de tous les sacrifices ?
Arrêtez-moi si je me trompe mais un travailleur qui travaille à 100 % payé 80 % c’est de l’esclavage non ?

“Ces gens-là disent ça parce qu’ils savent que cela ne va pas les toucher, que ça ne s’applique pas à eux”

 

Ces gens-là disent ça parce qu’ils savent que cela ne va pas les toucher, que ça ne s’applique pas à eux qui ont déjà un travail et payé plus qu’au SMIC. Ceux-là n’ont qu’un vice principal très courant chez l’homme : l’égoïsme et la lâcheté. Ceux-là voudraient sauver un système pourri sur le dos d’autres qu’eux. Ils seraient en troisième classe ils n’agiraient absolument pas ainsi. Mais ils ne savent pas, ils n’imaginent même pas. Et qu’on ne vienne pas me ressortir la rengaine du “tous pourris = discussion café du commerce”, il s’agit de la réalité.

Les troisièmes classes ont déjà sacrifié leurs salaires, leurs exigences et leurs rêves au delà de ce qu’ils n’auraient jamais imaginé : jusqu’où cela va-t-il aller ?!

C’est inadmissible de sacrifier toute une génération pour tenter d’écoper l’eau qui s’infiltre dans un bateau qui va de toute façon couler. C’est à nous de ne pas autoriser ça en commençant par affirmer haut et fort et sans gêne notre pensée. Ne nous laissons pas enfermer dans ce rôle de machine muette qui nous a été assigné.

Je dis “jeunes” mais je pense aussi à tous les défavorisés, les oubliés : seniors, mères célibataires, personnes de couleurs, de banlieue, pauvres, femmes, handicapés…

Nous pâtissons de toutes les décisions prises précédemment et je ne pense pas que cela va aller en s’arrangeant alors reprenons le pouvoir en criant notre désespoir et en signifiant notre désaccord complet avec tout ce qui se décide en ce moment contre nous et pour le confort toujours plus grand d’une élite qui n’a pas envers vous les largesses que vous avez envers elle.

Le défaut du pauvre est parfois juste d’être trop bien élevé et d’avoir trop bien intégré la place qu’on lui assigne dans la société…

 

Journaliste indépendante et animatrice à Radio France, je vous informe sans concession !

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Commentaires (22)

  1. Effectivement le capitalisme qui fait rêver la majorité des personnes (y compris les plus pauvres) n’enrichit vraiment qu’une minorité.

    Mais plutôt qu’une crise on voit surtout une certaine (mauvaise?) gestion de l’argent de la part des États et un comportement ultra consumériste de la part de ses populations, en ce qui concerne les pays occidentaux tout du moins.

    En toute logique c’est l’énorme masse d’argent des plus pauvres qui attérit dans les poches des plus riches et non l’inverse, chacun devrait se demander pourquoi et comment.

    Consommer c’est redistribuer les capitaux, ici on peut voir dans une certaine mesure comment consommer “mieux”. Le problème c’est que les plus lésés sont aussi les plus actifs d’une certaine manière pour courir à leur perte et rares sont ceux prêts à se remettre en question.
    La majorité des gens n’est pas contre ce système inégalitaire, elle voudrait juste faire partie de ceux qui en profitent, en cela il y’a une grande nuance.

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    Eric - 26 janvier 2016
    1. Oui sauf qu’Eric, je ne sais pas si vous côtoyez beaucoup de gens qui n’ont pas trop d’argent ou qui sont au SMIC (ou étudiants, ou retraités, ou précaire, ou juste jeune, ou senior en recherche d’emploi, bref beaucoup de gens qui n’ont justement pas de quoi consommer plus que leurs habits, leur nourriture et leurs factures, vous ne pouvez pas dire qu’ils consomment énormément. Beaucoup sont contre ce système sauf qu’on ne les entend pas ou qu’ils pensent d’abord à bouffer (donc à se faire exploiter pour gagner leur salaire de misère) et qu’ils ont autre chose à faire en rentrant le soir fatigués de crier sur tous les toits leur avis que personne ne veut entendre…

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      Ca Se Saurait - 26 janvier 2016
      1. Je ne connais pas de milliardaires, mais des pauvres j’en connais oui, quasiment tout le monde est pauvre, moi y compris.

        La question n’est pas de consommer beaucoup ou pas mais de consommer intelligemment, et c’est d’ailleurs un article sur ce blog sur lequel je suis tombé qui m’a amené ici (aller vers les produits bruts plutôt que bio, article très pertinent qui reflète un bon état d’esprit justement).

        Notre plus grand pouvoir dans cette société c’est le pouvoir d’achat, qui l’utilise à bon escient? Les 1ers à critiquer la grande distribution sont les mêmes à y faire des courses le samedi …

        Moi je pense que l’on a exactement le système que l’on veut et que l’on mérite, il faut comprendre que ce système imaginé et mis en place par une minorité ne peut marcher que si et seulement si la majorité exploitée est d’accord pour l’être.

        Après il faut savoir ce que l’on est prêt à sacrifier pour améliorer sa situation, la personne au smic qui juge qu’elle n’a pas le temps pour s’occuper d’améliorer sa situation, personne ne le fera pour elle, au bout d’un moment il faut être logique. Même pour gagner au loto il faut jouer, rien ne tombe du ciel.

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        Eric - 26 janvier 2016
        1. Je suis bien d’accord et c’est à chacun de prendre se responsabilités 🙂

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          Ca Se Saurait - 26 janvier 2016
  2. […] Recherche boulot. Slow comsétiques. Adbos hypopressifs. Verger permaculturel. Potager. Trucs à lire. Maternage. Créer ma boite. Vie écolo. Couture. Tricot. Naufrage français : jeter les plus faibles par-dessus-bord, une solution, vraiment? ‹ Ca se saura…. […]

  3. Le système c’est nous, si il y’a naufrage c’est donc le notre.

    Par-contre j’entends beaucoup parler du mot “crise” (qui a le dos large apparemment) depuis plusieurs années maintenant, pour autant elle n’est pas vraiment définie ni vraiment palpable. Les pauvres restent pauvres, les riches restent riches, je ne vois pas vraiment de changement.

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    Eric - 24 janvier 2016
    1. Eh bien avec la crise les pauvres sont de plus en plus pauvres et les classes moyennes (apparues avec les 30 glorieuses s’apauvrissent) pendant qu’une infime minorité gagne toujours plus (bien plus qu’elle ne pourra d’ailleurs le dépenser dans une vie donc aucune utilité), voilà la différence.

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      Ca Se Saurait - 24 janvier 2016
      1. J’entends souvent dire cela, les pauvres de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches. Pour les riches je ne sais pas, je n’en connais pas, mais pour les pauvres, je n’en connais aucun qui ait eut une baisse de son salaire, les salaires ne sont pas haut mais ne baisse pas.

        Pour bien comprendre ces chiffres lancés à la volée je pense qu’il serait bon de donner avec les méthodes de calcul, on serait étonné je pense.

        En regardant autour de soi on peut vite se rendre compte de la situation aux alentours, certes il y’a des usines qui ferment, mais ce n’est pas nouveau.

        Et en contradiction on entend souvent dans les mêmes médias que le pouvoir d’achat des français est en hausse …

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        Eric - 24 janvier 2016
        1. Bon ça tombe bien que j’interviewe prochainement un économiste car il vous répondra en détails et je peux vous dire que ce n’est pas une vue de l’esprit ce que j’avance. Il n’y a pas que le simple salaire à prendre en compte pour le pouvoir d’achat mais l’inflation, la hausse des prix constatée, etc. hors avec un SMIC qui n’a pas augmenté depuis des années (et qui quand il augmente e suit pas totalement l’inflation et la hausse des prix et ce depuis très longtemps), des prix qui flambent et une inflation élevée si, clairement les pauvres sont de plus en plus pauvres. En plus de la simple pauvreté la précarité est de plus en plus répandue (avec donc ses menaces de pauvreté), le stress en entreprise atteint un paroxysme pendant que d’autres gagnent des millions de manière non justifiée, bref… je vous laisse aller regarder les chiffres et les études qui parlent d’eux-mêmes depuis des années. C’est un phénomène mondial favorisé par un capitalisme mené à son paroxysme, je vous aisse aller lire ces deux articles si vous souhaitez des chiffres pour étayer mes dires :

          Un monde de plus en plus inégalitaire sur Investig’action

          Des français de plus en plus pauvres dans une France de plus en plus riche en novembre 1998 déjà

          … plus tout l’Internet que vous êtes libre d’aller consulter vous-même pour recouper ces quelques sources.

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          Ca Se Saurait - 25 janvier 2016
  4. Très bel article, merci pour cette analyse.

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    Anne-So - 16 décembre 2015
    1. Merci Anne-Sophie 🙂
      J’ai comme d’habitude attendu, laisser reposer le sujet puis je me suis lancée pour tenter de me faire comprendre par un plus grand nombre sans paraître agressive.

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      Ca Se Saurait - 16 décembre 2015
      1. S’il y avait plus de personnes comme toi, le monde irait sûrement mieux.

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        Marine - 16 décembre 2015
        1. Peut-être 🙂
          Alors je vous donne ma recette ! Naître, vivre, se prendre des gros coups dans les dents, se relever, continuer malgré tout à voir le beau et à tenter de le propager autour de soi. Ne pas lâcher. Enfin, ne jamais quitter l’essentiel des yeux, oser, rêver et aimer !

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          Ca Se Saurait - 16 décembre 2015
  5. Tu sais bien que j’adore ces sujets !! Tant pis, je vais encore faire un roman, qui n’engage que moi, forcément.
    La bonne nouvelle, je crois, c’est qu’en se méfiant et en surveillant ceux qui réfléchissent et s’insurgent, le « système » leur reconnaît un pouvoir, et par là même, sa propre vulnérabilité, sa fragilité paradoxale.
    La mauvaise nouvelle c’est d’une part que ce système est très intelligent (il arrive même à passer de plus en plus régulièrement pour LE sauveur… très fort on vous dit !), et d’autre part que la plupart des activistes bien inspirés ou bien intentionnés ne soupçonnent pas la véritable nature de leur pouvoir.
    Toute tentative de révolte frontale est prévue et facilement contrôlable lorsqu’on dispose de la force de dissuasion, de répression, d’intimidation, de corruption, de discrédit, de ridiculisation, de censure et si nécessaire d’élimination.
    La solution est donc fondamentalement PACIFIQUE. D’ailleurs, s’en prendre à des personnes ou des infrastructures est stupide puisqu’on cherche à ôter le pouvoir de nuisance à un système puissant, qui aura tôt fait de les remplacer.
    Tu as raison, toutes les initiatives et résistances individuelles que tu mentionnes sont admirables et contribuent à la survie de certaines valeurs, mais seront-elles suffisantes sans un ciment, sans une cohésion d’ensemble qui empêcherait leur dilution progressive, voire leur récupération ? Les colibris éteignent-ils forcément le feu quand les pyromanes sont si rusés ?
    Crier, manifester, pétitionner, cela part d’une bonne intention, mais honnêtement, c’est également usé et sous contrôle.
    La solution est donc fondamentalement STRATEGIQUE. C’est une partie d’échec et nous avons un coup de retard, mais le cheval d’Ulysse a bien eu raison de Troie,cité imprenable. On ne peut pas stopper un rocher qui dévale la pente (y ‘en a qu’on essayé…) mais on peut sciemment contrôler sa trajectoire, essayer au moins.
    La vraie victoire, c’est quand l’autre ne sait pas qu’il a perdu. Coluche l’avait compris, en utilisant les failles du système, en détournant ses armes, il a accompli bien plus que l’histoire ne veut bien le retenir. Bien sûr, les menaces sur sa famille l’ont contraint à abandonner en 1981, mais il a créé les restos avec la même ingéniosité alors que tous le lui refusaient (si, si, même certains qui ensuite ont été sur les photos, bref), et si ce « putain de camion » n’avait pas opportunément croisé son chemin, il aurait encore bien mis dans la m….. les dirigeants sur la question qui trottait dans sa tête sur….. le chômage.
    La solution est donc fondamentalement POLITIQUE. Mais pas avec un bulletin de vote, du moins pas avant d’avoir modifié le processus de choix des dirigeants, la constitution, les mécanismes monétaires, … Ce n’est pas en allant vivre dans un bunker, en autarcie, en brûlant son passeport qu’on y arrive. Seul peut-être, et encore, mais jamais pour y emmener une nation entière avec des familles, des enfants, des personnes faibles, apeurées ou démunies. D’ailleurs pourquoi fuir ou détruire un système si performant quand il suffit de se le réapproprier, de le réquisitionner de plein droit puisque nous en sommes les rouages essentiels, et de rediriger son action.
    C’est pas un peu ce qu’ont fait les Islandais, et certains mouvements de contestation en Amérique Latine dont on parle si peu ? Un refus général de jouer le jeu qui met l’arrogance du système à genoux en quelques jours, sans effusions. On trouvera sûrement des insuffisances mais la voie est quand même ouverte…
    Le côté obscur (tiens c’est marrant juste le jour de la sortie de Star War) ne peut émaner que de nous, construit collectivement au fil des décennies. De quelque chose dont nous sommes le créateur, il est assez évident qu’on dispose du pouvoir de lui retirer le sien, non ?
    Mais pour cela, nous ne ferons pas l’économie de revoir nos besoins, nos concessions, nos dépendances, et de s’imposer l’irréprochabilité et le retour à l’intérêt général, il me semble.

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    Fabien - 16 décembre 2015
    1. Je pense aussi comme toi que cela passera par le collectif et le pacifisme et je crois aussi que se dessineront les chemins que nous devront emprunter au fur et à mesure de notre avancée, tout cela reste très flou aujourd’hui et peut-être ne serons-nous même plus en vie quand cela aboutira mais peu importe, en attendant, soyons heureux à notre niveau, prenons ce qu’il y a à prendre en lisant, échangeant, nous nourrissant de ce qui nous entoure pour être attentifs à devenir des êtres qui peuvent alors donner à leur tour et qui porte un regard critique sur notre monde.
      Tu dis que tu ne sais pas si les petites actions comme celles que je citais dans ma réponse à Kellya auront finalement un impact, je pense au contraire que si la majorité d’entre nous agissait ainsi le problème serait déjà réglé ou n’aurait jamais gangrené à ce point.
      Il est évident que la politique doit se repenser, peut-être en redevenant une vraie démocratie, pas juste une république et peut-être en interdisant les politiques professionnels qui de fait font passer leurs intérêts personnels avant l’intérêt public.
      Allez, on y croit ! 🙂 (en attendant je danse ^^)

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      Ca Se Saurait - 16 décembre 2015
      1. Le système est un mouton qui suivra nos choix majoritaires, cela est certain et automatique. Si on mange tous bio, nous soignons naturel, voyageons éthique, ou boycottons massivement un produit, une marque ou une décision, les subventions seront redirigées et une sélection naturelle s’effectuera.
        La question n’est pas de savoir qui a le pouvoir, c’est bien nous, mais collectivement seulement.
        Alors tu as raison, je pense, toutes ces initiatives seront suffisantes mais seulement si elles convergent. Et cela n’est pas gagné ! Pourquoi ?
        Le souci n°1 du « système » est qu’elles restent divisées (pour mieux régner comme depuis la nuit des temps), limitées, voire parfois antagonistes, bref inoffensives, et les efforts déployés pour garantir cela, grâce à la peur et au mensonge notamment, sont énormes et ne faibliront pas par empathie soudaine. Je pense comme toi que le système politique doit être repensé mais il faudra l’y contraindre, ce qui semble difficile tant qu’il dispose du droit de rédiger la loi qui l’arrange et évince la contestation.
        Je suis optimiste et je crois qu’à long terme la balance basculera dans le bon sens, inévitablement, mais du temps sera nécessaire et je suis comme toi las de voir ces générations successives sacrifiées.
        C’est pourquoi l’action pacifique de masse de type marche, « grève générale » ou réquisition, si elle ne dispense pas de l’évolution personnelle de chacun, peut être une voie complémentaire pour accélérer les choses car elle est juste, simple et expéditive. Je sais que cette phrase va me colorer en rouge vif dans certains esprits, et pourtant ça n’est pas le cas. Les islandais n’ont pas créé de parti communiste, ni lynché en place publique, ils ont juste choisi de dire non et de réécrire avec leurs mots.
        Il ne faut qu’un déclencheur, le plus marrant c’est qu’en général c’est le système lui-même qui en veut toujours plus et se prend les pieds dans le tapis. Soyons patients, actifs et intègres comme tu nous le suggères en attendant.
        Tu as également raison, communiquer à son niveau, distribuer de la connaissance, de la conscience et de l’espoir, alerter, refuser, revendiquer et communiquer sont des actes de résistance ultra importants.
        Alors ne lâche pas ta plume et continue à distiller ta perspicace indignation et ton énergie.

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        Fabien - 16 décembre 2015
  6. Bonsoir,
    as-tu des idées pour aller contre tout ca? J’ai bien les meme constats, mais je me sens totalement démunie pour agir. La France coule et simplement je me dis que ce n’est pas si mal que je n’y vive plus.

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    Kellya - 15 décembre 2015
    1. Salut Kellya,

      Je ne prétendrais pas avoir de solution. Je pense qu’il faut agir à son échelle et incarner ses principes. Je déplore moi aussi de nous voir aller droit dans le mur et j’imagine que ça a été le lot de nombreuses personnes de tout temps, maintenant en attendant il faut bien vivre car :
      – nous ne pouvons pas endosser à nous seuls la misère du monde que nous déplorons en essayant d’y contribuer le moins possible
      – nous ne pouvons pas nous battre et nous engager sur tous les fronts au détriment de notre sérénité, de notre vie privée et de notre santé

      Nous pouvons seulement aller là où notre conscience nous guide, sans hésitation et sans honte tout en sachant que nous pouvons nous tromper et que nous serons pointés du doigt.
      A mon niveau j’influe sur notre monde en postant ici des billets que lisent 40 000 personnes par mois, en faisant intervenir ou en passant certaines réflexions quand je suis en direct à la radio ou dans la presse écrite. Un boulanger ou un agriculteur pourront eux décider de produire du bio et refuser les diktats des multinationales en se regroupant comme de plus en plus le font. Un instituteur pourra décider d’ouvrir les esprits de ses élèves en sortant parfois des sentiers battus. Un ouvrier fera attention à ce que l’on ne piétine pas encore plus ses droits et pourquoi pas se syndiquera dans l’idée de faire vraiment bouger les choses et défendre ses collègues. Un patron de PME sera le plus juste et le plus respectueux possible envers ses employés, il les traitera comme il aimerait qu’on le traite. Un fonctionnaire (de police, de justice, etc.) sera humain et osera se rebeller courageusement avec ses collègues quand les objectifs et les cadences imposés deviennent tellement élevés au regard des moyens qu’ils sont obligés de traiter les usagers en “numéros”. Des retraités ou associatifs s’investiront dans la politique citoyenne pour faire passer leurs idées et représenter la “France d’en bas” totalement muette dans ces milieux où seuls l’ambition et les intérêts personnels poussent à l’action.
      Tu remarquera que ce qui nous paraît une tâche énorme, décourageante et inatteignable passe en fait par la somme de petits faits, de petits comportements qui s’incarnent uniquement par le fait de porter des valeurs comme le courage et l’altruisme.
      Il ne faut pas désespérer et commencer chacun à agir à notre niveau en restant réaliste ET idéaliste.

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      Ca Se Saurait - 15 décembre 2015
      1. Oui, ce sont de petites choses en apparence, à l’échelle de chaque individu, qui font bouger les lignes en convergeant vers plus d’entraide et de solidarité… et par ricochet amener aux leviers de commande des personnes qui ont le souci du bien commun. Ces personnes peuvent mettre en place un système plus démocratique et lutter contre les injustices.
        Chacun peut s’interroger sur ce qu’il/elle peut investir dans ce processus. Je me dis toujours qu’il faut chercher ce pour quoi “on est fait” dans les circonstances du jour. Faire bénéficier l’entourage de ce qu’on a de mieux et qu’on peut partager, que ce soit de l’argent, de l’espace, du temps libre, des aptitudes à faire un travail matériel ou intellectuel. Plutôt cela qu’essayer de faire ce que d’autres savent déjà mieux faire.
        Je me suis posé la question en arrivant dans un petit village comme jeune retraité : identifier les besoins d’une population qui en majorité ne roule pas sur l’or, mettre en adéquation ce constat avec les aptitudes que je pourtrais exercer, dans le cadre d’un bénévolat. Ça n’a rien d’héroïque, mais la réponse des gens est encourageante, et peut-être les actions entreprises prendront une ampleur au-delà du périmètre du village…
        Je crois qu’il faut rester modeste et lucide dans tout engagement, car il est plus important de l’inscrire dans la durée que d’allumer des feux de paille. Le burn-out met fin à beaucoup de généreuses entreprises !

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        Bernard Bel - 16 décembre 2015
        1. Exactement 🙂

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          Ca Se Saurait - 16 décembre 2015
      2. Merci pour ta réponse, ca me fait vraiment du bien un peu d’optimisme. J’essaie de toujours me comporter envers les autres avec bienveillance, meme quand les autres n’apportent que du négatif. J’espère rendre chaque jour le monde un peu moins sombre… continuons tous ensemble, et gardons (un peu) espoir en l’humanité malgré tout.
        Bonne soirée

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        Kellya - 20 décembre 2015
        1. Avec plaisir et n’oublions pas aussi qu’être parfait ou “tut bon” n’est en aucun cas le but. L’être humain, même le meilleur, est capable d’une férocité sans nom pour se défendre et se préserver : ne pas hésiter à en faire usage quand c’est nécessaire !
          C’est aussi ça être pleinement humain.

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          Ca Se Saurait - 21 décembre 2015