Pourquoi vous ne devez pas vous culpabiliser avec la nourriture

On pense ce qu’on veut de TF1 (moi compris), mais en 2014 j’avais accepté de figurer dans un reportage du 20h de TF1 qui s’intitule Ils sont accros au manger sain. Il traitait de cette grosse vague du vegan, bio, paléo, etc. et des obsessions qu’elle pouvait engendrer chez certains.

Orthorexie

Ce reportage de deux minutes trente réalisé dans une Biocoop de Toulouse avait pour but de laisser une place à ma parole “juste milieu” de l’alimentation; à savoir ne pas se précipiter tête baissé dans les nouvelles modes alimentaires (comme je l’avais fait avec le crudivorisme) parce que ça peut vite tourner à l’obsession et que la santé mentale est aussi importante que la santé physique.

Bien évidemment, après plus de deux heures de tournage, ont été retenues quelques secondes. Mais c’est le jeu du journalisme moderne et je n’en veux nullement à la journaliste Hélène Grégoire, qui a du faire avec les choix que lui impose sa direction, dans un format particulièrement rigide et peu prompt à s’étaler, qu’est celui du 20h.

Sabrina Chauchard reportag TF1 2

Toutefois, ce message que j’ai voulu faire passer à l’époque, reste plus que jamais d’actualité. Un article du Nutritionniste Urbain me l’a rappelé pas plus tard qu’aujourd’hui. Il y est dit que de plus en plus de gens culpabilisent de ne pas “manger sain” et ont parfois de fortes réactions face à quelqu’un qui lui le fait.

Cela m’arrive très régulièrement avec des proches genre “Ouh mince j’ai que du lait de vache ça ira, désolé j’ai pas de soja, je suis vraiment désolé !” ou “Bon je te préviens je vais manger un donuts oui je sais c’est mauvais blablabla ?!” alors que je n’ai même pas ouvert la bouche et que je n’en avais même pas l’intention.

Si VOUS trouvez qu’il y a un problème, que vous aimeriez maigrir ou manger plus sain, tant mieux ! Mais ne le faites pas par convention sociale

Souvent, comme le rappelle le Nutritionniste Urbain, nous avons tendance à culpabiliser face à toutes cette tendance du sain, du healthy, du vegan et du bio qui nous fait sentir gros, égoïstes et sans volonté. Pourtant, si certains ont vraiment un problème de volonté, pour le reste vous n’avez pas à culpabiliser de faire du mieux que vous pouvez, ou avec votre budget, ou votre emploi du temps ! Si VOUS trouvez qu’il y a un problème, que vous vous sentez mal, que vous aimeriez maigrir ou manger plus sain, tant mieux ! Mais ne le faites pas par convention sociale, faites-le pour vous. Sinon, de toute façon, vu les efforts que ça demande, dans un premier temps pour changer ses habitudes, dans un deuxième pour réorganiser son quotidien, les courses (choisir ses aliments en lisant les étiquettes) et la cuisine, vous n’allez pas tenir dans la durée.

Sabrina Debusquat reportage TF1 obsession manger sain

Donc ce que je vous conseille, modestement, si votre alimentation vous préoccupe, c’est de mettre en place deux habitudes simples :

  • manger un maximum de produits frais non préparés et cuisinés chez soi
  • manger bio et local tant que possible

… mais de ne pas oublier de vous faire plaisir, de conserver une vie sociale (et pas de devenir un dictateur avec votre entourage comme j’en parlais dans Orthorexie et Compagnie) bref d’être HEUREUX !

Alors, Ca Se Saurait sur TF1 ça vous plaît ^^ ?

Journaliste indépendante et animatrice à Radio France, je vous informe sans concession !

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Comments (19)

  1. […] Pourquoi vous ne devez pas vous culapbiliser avec la nourriture […]

  2. Tellement contente d’être tombée sur ton blog, je viens de parcourir quelques articles et c’est une mine d’informations inestimable !

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    Valentine - 13 mars 2017
    1. Eh bien je n’ai rien d’autre à dire que… merci Valentine d’avoir pris le temps de me le dire 🙂

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      Sabrina Debusquat - 13 mars 2017
  3. […] ne faut pas être trop intégriste avec son alimentation, cela n’amène rien de bon (cf. Pourquoi vous ne devez pas vous culpabiliser avec la nourriture et Orthorexie et compagnie …). D’ailleurs je suis loin d’être la seule à avoir fait […]

  4. Il me semble que ta conclusion est cohérente avec la “marge de manoeuvre” du corps, qui laisse une certaine flexibilité par rapport à son régime idéal (quelle que soit notre opinion dessus). L’ampleur de cette marge de manoeuvre est différente selon les corps : à chacun de se tester pour tenter de comprendre la sienne.

    Perso je pense qu’on peut être (assez) rigoureux sur son régime et rester cool ;), les deux ne me paraissent pas forcément opposés. On pourrait même dire qu’un corps en bonne santé favorise la santé mentale… et donc notre bien être. Ton message me parait juste, mais mal compris il me semble pouvoir servir de prétexte au moindre effort. Je crois que cela dépend pas mal des personalités : par exemple moi je suis beaucoup plus zen en appliquant une règle (que j’ai décidée) à 100 % plutôt que de faire régulièrement des exceptions. Dans le premier cas je n’ai plus de tentation, et dans le deuxième cas je me sens tout le temps tenté 🙂

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    Guillaume - 15 novembre 2015
    1. Oui effectivement, tu as une façon de réagir étonnante mais c’est aussi parce que je pense que beaucoup d’entre nous ont tout simplement du mal à être dans un juste milieu et qu’ils n’ont pas forcément une relation saine ou apaisée avec la nourriture d’où ce besoin de contrôle ou de laxisme total ce qui est dommage parce que pour une vie apaisée mieux vaut savoir jouer avec la tentation ^^

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      Ca Se Saurait - 16 novembre 2015
    2. Pour l’aspect “marge de manœuvre”, je suis souvent étonné que tant de personnes soient (apparemment) en bonne santé vue l’absence de soin qu’elles accordent à leur santé. Nos organismes ont une formidable capacité d’adaptation. Toutefois cette capacité diminue au cours des ans et on peut finir confronté à une réalité beaucoup moins bienveillante… Je rencontre de plus en plus d’anciens sportifs ou “bons vivants” qui se sont retrouvés fracassés physiquement en peu de temps alors qu’ils n’avaient pas vraiment changé leurs habitudes.

      Ce qu’écrit Guillaume me parle : même si on évite de tomber dans un comportement rigide (orthorexie et autres paranaoïas), on a besoin d’une certaine régularité et donc de se donner des règles. Par exemple, faire en sorte qu’on bénéficie d’un minimum d’heures de sommeil (minimum variable pour chacun) et donc régler autant que possible les heures du coucher et du lever, en inventant des stratégies pour se rendormir lors d’un réveil nocturne.

      Même chose pour l’exercice. On peut décider de “bouger plus”, ne pas rester assis plus de 40 minutes (comme recommandé par Joan Vernikos), mais toutes les études sur le vieillissement ou la médecine sportive convergent aujourd’hui sur notre besoin d’exercice intensif fractionné, ce qui peut se réduire à des séances de 15 à 20 minutes tous les 2 jours. Chez nous c’est réglé : il y a une chambre d’amis utilisée à cet effet le matin au lever, en alternance par chacun. J’ai pris plaisir à le faire mais sans exaltation. C’est un peu comme prendre une douche : on le fait parce que ça fait partie de l’hygiène quotidienne. On y prend plaisir parce que ça détend et un corps en mouvement c’est super agréable, mais rien de plus.

      Ou encore la marche quotidienne que j’utilise pour écouter de nombreuses émissions en podcast. C’est chouette d’avoir 2 heures à soi pour écouter des débats ou des reportages sans être assis devant un écran !

      Le mercredi matin je prends la voiture pour aller à la boulangerie bio, un supermarché et un marchand de journeaux acheter le Canard enchaîné. C’est réglé mais tout devient agréable dans cette régularité.

      Donc, pour moi, se donner des règles revient, non pas à se forcer à faire ceci ou cela, mais l’intégrer au quotidien (ou au planning de la semaine) quand on comprend que c’est quelque chose de vital… Il reste plein de place pour la fantaisie et les folies qui sont aussi vitales ! 🙂

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      Bernard Bel - 28 mars 2016
      1. Et merci pour cette précision pleine de bon sens ! 🙂
        Ça me parle totalement.

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        Ca Se Saurait - 28 mars 2016
  5. Hé oui cet article est délicieux et croquant ! Voila pourquoi j’aime ton blog: prôner l’équilibre en toutes choses, il n’y a que ça de vrai! J’ai constaté que le retour au naturel (que ce soit au niveau de l’alimentation et du corps en général) s’accompagnait de plus en plus de cette espèce de mysticisme sectaire… J’ai parcouru bon nombre de blogs traitant de l’alimentation végan/bio/crudivore et autres. Les uns étaient sympas et restaient dans un discours cohérent… et d’autres tombaient dans une sorte de sectarisme pour quiconque ne mangeait pas “gluten free” et 100% d’aliments frais ! J’ai du apprendre à réutiliser mon discernement (je l’avais oublié tiens) pour savoir ce que je voulais. Je crois que si l’on veut convaincre une personne de l’alimentation fraîche et saine, nul besoin d’être condescendant et de la convertir de force à nos idées. Pas plus tard qu’il y a une semaine, une connaissance assez proche m’arguait que de toute façon, manger bio coûtait trop cher et que nous étions condamnés à manger ce que les supermarchés nous proposaient… avec une véhémence… Que répondre à cela? Je lui ai tout simplement dit que s’il voulait voir les bienfaits d’une alimentation, des recherches en la matière s’imposaient (avec des bons docus comme référence) et que de toute façon, je n’allais pas convaincre de manger bio ou pas… Cette personne était “choquée” de voir que je défendais mes idées avec une certaine quiétude et que je ne l’ai pas jugée sur ses choix alimentaires…Bref tout ça pour dire que privilégier la modération en toutes choses est la meilleure des choses à faire!

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    Jia - 12 novembre 2015
    1. Merci Jia

      Oui, ne jamais vouloir forcer la main ça ne mène à rien et oui beaucoup de tri à faire du côté des styles alimentaires un peu extrêmes car ils sont pour beaucoup de nouvelles religions et certains l’ont ben compris !

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      Ca Se Saurait - 12 novembre 2015
  6. je jongle entre mon budget, mes intolérances et mes envies de manger sains
    je suis ma voix et non pas une “mode” mais ça a quand même du mal à passer auprès de certaines personnes!
    très sympa le reportage 🙂

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    Sonia - 11 novembre 2015
    1. Merci pour ta réponse et le petit mot, je n’en avais pas parlé à l’époque parce que je ne voyais pas l’intérêt mais bon voilà après coup c’est rigolo ^^

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      Ca Se Saurait - 11 novembre 2015
  7. Je suis d’accord, la « voie du milieu » est à mon avis judicieuse pour tous nos plaisirs, et pas seulement.
    Tolérance, discernement, équilibre et humilité : quelques pistes pour déculpabiliser peut-être ?
    La privation par idéologisme pur est un danger pour l’âme à mon avis. Le choix éclairé de renoncer à une chose pour découvrir un autre plaisir, de nouvelles sensations, pour aller à sa propre découverte, c’est autrement plus sain, mentalement et physiquement.
    Je te rejoins dans l’idée que si une conviction doit nous priver de vie sociale, alors il faut réfléchir au bien-fondé de cette conviction car la vie est aussi relationnelle, par nature.
    Je ne mange pas de viande, mais je ne vois pas un « salaud » chez celui qui découpe son steak, j’en prépare même à mon fils ado qui fait ses propres choix, et le boucher chez qui je me sers est quasi un copain qui comprend et accepte aussi de son côté mon choix.
    La mesure est probablement une bonne conseillère… dans les deux sens !
    Autant l’« orthorexique » est sûrement mal inspiré dans son jusqu’auboutisme qui le fait souffrir et l’isole, autant ces mêmes œillères équipent parfois certains qui sacralisent la bonne bouffe, plus par addiction inconsciente que véritable gastronomie.
    La guerre est stérile, nourrissons-nous de l’échange avec les différents points de vue, seule l’ignorance est la plaie de l’humanité.
    Ainsi, un jeûne occasionnel bien compris peut avoir des vertus spirituelles et même thérapeutiques, mais d’un autre côté partager un bon repas est un vrai plaisir et le corps récupère d’un excès passager.
    Je suis d’accord avec tes conseils simples et je rend hommage à ton sens de la modération avec ce proverbe chinois : « Les excès tuent plus sûrement que les épées ».

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    Fabien - 7 novembre 2015
  8. Ahah !! J’ai eu l’exemple avec une voisine qui est devenue vegan il y a plus d’un an et a commencé à s’intéresser à tout ce qui est “spirituel” et mieux être et qui est devenue vraiment extrême, au point autour d’un apéritif entre copines, de parler de torture d’animaux et même moi j’ai tiqué (et c’est plus un secret que je suis trèèèèèèèès investie dans la protection animale) et quand ma copine lui a demandé de changer de sujet parce qu’elle avait plutôt pas trop le moral pour parler de ça, elle lui a répondu “bah tu manges bien des nuggets et ça te dérange pas, sois un peu cohérente”
    WTF?!? C’est quoi cet argument moisi !!! C’est comme quand je parle PA et qu’on me dit “ouais mais y a quand même des enfants qui crèvent de faim…”
    En conclusion, officiellement, je ne suis “rien du tout” et je fais chier personne et pourtant à la maison, je suis vegan jusqu’au bout des doigts, mais elle m’a tellement énervée avec ses raccourcis de comptoir et ses jugements divins qu’elle m’a coupé l’envie d’en parler !!! Je préfère ne rien dire et par exemple inviter mes amis à l’apéro et leur faire un petit plateau de légumes à croquer (bio, locaux et de saison of course) genre tomates, poivrons, carottes, etc. avec une petite sauce “dip” au yaourt (de soja of course) et un assortiment de noix, arrosé d’un petit rosé bio ^_^ et j’ai fait des émules !! Mes potes d’apéro, qui habitent dans la même ville, se sont convertis à l’apéro “sain et frais” et sont tous fiers de me déballer leurs tomates d jardin 😛
    Et je ne suis pas une sainte, il m’arrive de faire des écarts et je le vis très bien !!!
    Bon… pour TF1 je vais réserver mon jugement 😉

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    Marieke & Co - 7 novembre 2015
    1. Oui l’exemple de ta voisine reflète bien ce que pleins d’entre nous vivent en ce moment. Un ami avec qui j’en discutais l’autre jour me disais très justement qu’il semblerait que les gens, en perte de repères se jettent sur les modes de vie sain comme il le feraient sur une nouvelle religion, je crois que ça dit tout et que c’est une très bonne analyse, il y a derrière tout ça un désir de repère, de cadre 🙂

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      Ca Se Saurait - 7 novembre 2015
  9. Pour moi en tous cas ta conclusion est juste la bonne !
    Voici donc moi aussi ce que je retiens et applique tant que je peux pour moi et ma famille :
    1/ manger un maximum de produits frais non préparés et cuisinés chez soi
    2/ manger bio et local tant que possible
    mais pas de privations ou d’extrêmisme, ça ne sert à rien 😉
    Bon week-end

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    Céline - 6 novembre 2015
    1. Oui Céline heureusement que nous sommes nombreux à ne pas rester longtemps dans la case orthorexiques et à comprendre comment la dépasser 🙂

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      Ca Se Saurait - 6 novembre 2015
    2. Heureusement, on peut toujouers s’en sortir en utilisant l’huile de noix de coco :
      https://www.youtube.com/watch?v=h2rI_H93uoU

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      Bernard Bel - 10 janvier 2016
      1. Bernard…d’abord j’ai failli te répondre assez violemment que j’en avais marre de cette connerie qui pille les ressources à tous se ruer et à tout faire avec l’huile de coco… puis j’ai cliqué sur le lien et je suis morte de rire ! Merci ! 🙂

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        Ca Se Saurait - 10 janvier 2016