Quand manger sainement devient une obsession

Hier j’étais invitée sur France Inter pour vous parler d’une période d’excès que j’ai traversée dans ma “vie alimentaire”.

ORTHOREXIE

Il y a quelques années, je me suis rendue malade en cherchant à manger sain. Je ne pensais plus qu’à ça, au point d’en devenir malheureuse. Cette obsession pour les dogmes alimentaire peut poindre chez tous ceux qui se préocuppent de leur santé. On en parle ensemble ?

Face aux excès de l’alimentation moderne il peut arriver de réagir à l’excès dans l’autre sens. Nous sommes entourés de tellement de mauvaises choses (additifs, perturbateurs endocriniens, pesticides) et l’industrie s’enrichit sans aucun scrupule en nous vendant ces aliments, en encourageant tout cela… Pour autant, l’obsession du sain n’est pas “saine”, comme toute obsession. Elle nous fait nous sentir mal, angoissés. Elle nous rend désagréable, moralisateurs, cassants. Ceux qui mangent sain ont raison sur de nombreux aspects. Mais, arrivé à un point cela devient contreproductif. Pour eux et pour les autres. Quand on franchit ce point, on appelle cela l’orthorexie.

Ceux qui mangent sain ont raison sur de nombreux aspects. Mais, arrivé à un point cela devient contreproductif

orthorexie

J’ai témoigné de ce passage de ma vie que j’ai traversé il y a plus de quatre années et qui m’a permis de comprendre qu’aucun excès n’était bon.

Je vous laisse écouter l’émission et ceux qui le souhaitent peuvent venir parler de leur expérience en commentaires 🙂

Quand manger sainement devient une obsession – Grand Bien vous fasse du 17 avril 2017

Vous pouvez également regarder mon témoignage vidéo chez Marina Carrère d’Encausse pour l’émission Le monde en Face sur France 5 :

Manger sain : info ou intox ?


Pour aller plus loin (mes articles sur le même thème):

Orthorexie et compagnie…

Pourquoi vous ne devez pas vous culapbiliser avec la nourriture

Pourquoi devenir végétalien sans calculer sans arrêt ce que vous mangez c’est compliqué

Peut-on réellement compter sur les compléments alimentaires ?

 

Journaliste indépendante et animatrice à Radio France, je vous informe sans concession !

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Commentaires (13)

  1. hELLo sabrina !

    c’est un sujet tres interessant que tu nous proposes. J’ai dejà entendu parler de ce trouble. SI ON MANGE SAINEMENT, sans angoisse, je pense qu’il n’y a pas de problème. APRES, si on regarde chaque ingredient pour voir s’il EST VRAIMENT SAIN, cela peut se rapprocher d’une obsession.

    Bonne journée 🙂

    veronika

    Répondre
    Veronika - 19 avril 2017
    1. Désolée pour les manuscules intempestives qui sont venues se glisser dans mon maiL 🙂

      Répondre
      Veronika - 19 avril 2017
    2. Salut Véronika,
      Oui, et puis même passer du temps à décortiquer les étiquettes n’est pas être orthorexique, c’est un passage obligé pour se prémunir des produits dangereux. Ce que j’essaie de dire à tous c’est que manger sainement est finalement très simple si l’on respecte quelques règles de bases (qui nous évitent d’avoir à psychoter justement). J’en parlais dans Métro, boulot… bonheur ! :

      ” Puisque chaque corps réagit différemment, la bonne santé et l’alimentation ne peuvent passer par des règles universelles. L’alimentation santé consiste plutôt en une philosophie globale qui permet à chacun de trouver sa voie. Les quatre principes de cette philosophie sont simples (et ils ne sont pas nouveaux) :
       mangez le plus naturel et biologique possible
       évitez le transformé, l’industriel, tout additif que vous ne trouveriez pas dans la nature
       écoutez vos envies (de gras, de sucre, de viande), mais ne faites pas d’excès en permanence
       apprenez à vous connaître (par exemple, si vous ressentez une envie de sucré ce n’est pas forcément parce que votre corps en a besoin, mais parce que vous avez une relation affective avec l’aliment et cela, il n’y a que vous qui puissiez faire la différence)
      Point. Le reste, c’est à chacun de le voir au cas par cas.”

      Répondre
      Sabrina Debusquat - 19 avril 2017
      1. Hello sabrina,
        MERCI POUR TON RETOUR ET L’extrait de ton livre. EN EFFET, ce sont des mesures de bon sens. Bonne soirée 🙂

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        Veronika - 20 avril 2017
        1. Et qui permettent surtout de ne pas passer sa vie à calculer son alimentation ^^

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          Sabrina Debusquat - 21 avril 2017
  2. Bonjour Sabrina,

    J’ai écouté l’émission d’hier et je me posais une question…
    Quand tu as arrêté de chercher à manger ABSOLUMENT sain tout le temps, que s’est-il passé ? Comment t’es-tu sentie physiquement et moralement ? As-tu senti une réelle différence en qui concernt ta santé ?

    Je te demande cela car, pour des raisons de santé, je suis actuellement un régime alimentaire qui exclut beaucoup d’aliments. Dès que je fais un écart, je le paye physiquement et je suis en train de me dire qu’il doit toutefois y avoir une part de somatisation dans l’affaire…;-)

    Anne

    Répondre
    Anne - 19 avril 2017
    1. Coucou Anne,

      Comme j’étais afaiblie par mes nombreuses carences je ne suis évidemment revenue “au top” qu’après de longs mois à me supplémenter et àfaire attention à tous mes apports. Comme j’ai tendance à être très motivée quand je prend une décision, le jour où j’ai réalisé que mon orthorexie existait, j’ai immédiatement pris le taureau par les cornes et sans remord. Il y a aussi le phénomène physique simple selon lequel un aliment auquel l’on n’est plus du tout habitué peut nous irriter au début. C’est le cas chez certains pour les fruits et légumes (et pourtant les fruits et légumes ne sont pas mauvais pour eux).

      Autre élément dont je n’ai eu connaissance que récemment, nos hormones jouent beaucoup sur notre système immunitaire et donc nos allergies. Par conséquent dans nos vies modernes entourées de traitements hormonaux (pilule, et traitements de la ménopause) et de perturbateurs endocriniens, nous développons beaucoup plus facilement d’allergies. Ainsi, vous êtes peut-être réellement intolérante/alergique à certains aliments que vous réintroduisez dans votre alimentation. Il faut donc faire au cas par cas pour chaque aliment.

      Tout cela est loin d’être simple et pourtant je reste persuadée que manger sainement n’a pas à passer par des dogmes fastidieux 🙂 Désormais mes seuls principes alimentaires sont les suivants :

      * manger le plus naturel et biologique possible
      * éviter le transformé, l’industriel, tout additif que je ne trouverai pas dans la nature
      * écouter mes envies (de gras, de sucre, de viande) car cela signifie souvent que mon corps a besoin des nutriments qui se trouvent dans l’aliment en question, mon corps me guide
      * ne pas faire d’excès en permanence

      Finalement rien de sorcier ! Ce sont les règles millénaires de l’alimentation-santé qui permettent d’allier plaisir et équilibre 🙂

      Ps : je vous glisse en bas de l’article les liens vers mes autres articles qui tournent autour du sujet, comme ça vous saurez tout !

      Répondre
      Sabrina Debusquat - 19 avril 2017
      1. Merci pour votre réponse !

        Arf, je les suis pourtant déjà, tous ces principes alimentaires… hum… je pense qu’un test d’intolérance s’impose 😉

        Comme je suis obligée de limiter pas mal d’aliments pour des raisons de santé (problèmes de digestion), j’ai de plus en plus l’impression d’être dans un cercle vicieux : j’ai des brûlures quand je mange de telle manière, donc j’évite de manger ainsi, donc je me contraints, donc je suis mal car frustrée, donc j’ai des brûlures, donc je limite les aliments, etc…. arg !

        Aussi, je me demandais également si, quand vous avez recommencé à remanger “normalement”, vous avez vu revenir vos vieux symptômes (digestion lente, peau plus terne,…) ou si, au final, vous vous sentiez tout aussi bien voire mieux que lorsque vous étiez orthorexique ? En somme, quelle part des symptômes était réellement liée au physique et quelle autre part était, elle, simplement ancrée dans la tête (si c’était le cas)… ?

        Répondre
        Anne - 18 mai 2017
        1. Avec plaisir Anne, le problème étant que, dans mon cas, il n’y avait aucune raison de santé à arrêter tel ou tel aliment donc tout ce que j’ai ressenti ne s’appliquera pas forcément à vous qui en avez… Il n’y a parfois pas de solution simple mais regarder attentivement tout ce qui dans votre vie pourrait améliorer votre santé est évidemment une piste (et cela passe parfois par regarder les traitements que l’on prend, que l’on a pris, etc.) et des réponses évidentes ne s’imposent pas tout le temps. Cela peut-être un ulcère qui vous cause ce dont vous parlez, ou un problème de la pompe à proton. Bref, il faut creuser au cas par cas, mon témoignage ne peut a priori pas vous apporter des informations dans votre cas précis.

          Le stress peut vous causer des reflux gastriques mais, selon moi, la thèse visant à dire que tout est purement psychologique ne s’applique pas toujours 🙂 (cf. La maladie a-t-elle toujours un sens ?)

          1. Merci Sabrina pour votre réponse? effectivement, j’évite de comparer votre cas au mien, mais tout témoignage est toujours intéressant. je suis assez d’accord avec votre article en lien : la maladie n’est pas toujours uniquement psychologique. Je vais donc continuer de creuser, creuser…jusqu’à trouver !

            anne - 19 mai 2017
  3. « Ce serait dommage d’être en bonne santé et de passer à côté du bonheur ! ».
    Bravo, belle conclusion Sabrina pour cette émission très sympa et plutôt bien inspirée.
    Je crois qu’il est possible d’adopter tout comportement alimentaire, même le plus draconien, mais seulement à l’issue d’un parcours de connaissance de soi et non pour suivre par peur ou snobisme une mode pour laquelle nous ne sommes prêts ni physiquement, ni psychologiquement, ni spirituellement.
    Les effets sont désastreux chez certaines personnes dès lors que cette orthorexie n’est qu’une façon de plus d’extérioriser autre chose, une lutte, une angoisse, une compensation, un appel, … Par contre, je pense qu’il y a une orthorexie en conscience qui participe avec cohérence d’un certain cheminement et ne doit pas être rangée dans la même catégorie ni dénigrer. Le monde est infinie diversité de situations.
    J’apprécie ce consensus sur le danger avéré d’une catégorie de nourriture, cela va dans le bon sens même si le mal déjà fait va se payer très cher dans les années à venir, dommage que le débat ne soit pas aussi libre avec les médicaments, les vaccins, l’eau, les ondes, les programmes TV et les pensées haineuses et individualistes.
    J’apprécie la simplicité et la concision de tes conseils avisés, mon témoignage perso est si possible l’écoute de son corps qui sait pertinemment quoi manger, dans quelle situation, en quelle quantité et à quelle fréquence, qui sait aussi quand s’arrêter car la détoxination ponctuelle est une nécessité vitale que les animaux et les peuples originels ne pratiquent pas par hasard ou lubie.
    Merci de permettre les échanges sur ce sujet où comme vous l’avez tous les trois bien noté, les informations sont nombreuses et souvent contradictoires ou intéressées. Qu’il est difficile pour beaucoup d’y voir clair parmi tous les autres soucis et surtout d’oser sortir de siècles de conditionnement.

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    Fabien - 22 avril 2017
    1. Et merci à toi, comme toujours, pour ton ouverture et ta compréhension de l’autre, c’est très agréable.

      Merci pour ton témoignage 🙂

      Répondre
      Sabrina Debusquat - 22 avril 2017
  4. […] vous en avoir parlé sur France Inter, j’y reviens plus en détails sur le plateau télé du Monde en Face sur France 5. En […]