Marre de souffrir pour notre contraception !

Ces soixante dernières années, les hormones et dispositifs médicaux comme le stérilet sont devenus la norme en matière de contraception. Or une nouvelle génération de femmes exprime son ras-le-bol de devoir passer par la case “dispositifs médicaux” et effets secondaires pour avoir une sexualité sereine…

Marre de souffrir pour ma contraception - Sabrina Debusquat

Bon, mon dernier livre est sorti début avril et je n’ai pas encore trouvé le temps d’en parler sur mon propre site… #EmploiDuTempsDeMinistre #LaFillePasDouéePourFaireSaPromo

Mais justement, il s’en est passé des choses ces derniers temps et j’ai pleins d’histoires trépidantes à vous raconter !

Naissance du combat pour des contraceptions sans effets secondaires :

En 2017 j’ai publié une année d’enquête sur la pilule contraceptive (J’arrête la pilule, éditions Les Liens qui Libèrent) qui avait lancé un vrai débat public autour de la charge contraceptive assumée à 90 % par les femmes et de l’impact des hormones contraceptives sur le corps et l’environnement.

Malgré le débat suscité par mon livre, rien n’a changé. Les femmes se retrouvent bien souvent très seules quand elles souhaitent trouver une contraception efficace et sans effets secondaires sur leur corps… La plupart du temps on ne les écoute d’ailleurs même pas, on minimise voire on nie leurs souffrances dues aux contraceptions.

En avril dernier, j’ai donc publié une sorte de suite de J’arrête la piluleMarre de souffrir pour ma contraception. Manifeste féministe pour une contraception pleinement épanouissante (éditions Les Liens qui Libèrent).

Ce livre a été rédigé avec ma casquette de féministe. J’y dresse le constat que de nombreuses femmes souffrent des effets secondaires de leurs contraceptions et qu’il est plus que temps que cela change.

Mais nombreux me disent encore : “Mais vous avez la pilule, c’est génial, pourquoi vous plaindre ?

Eléments de réponse avec quelques extraits de mon manifeste.

Quel est la problème aujourd’hui avec la contraception ?

Couverture Marre de souffrir pour ma contraception - Sabrina Debusquat - Les Liens qui Libèrent - Avril 2019

« Aujourd’hui, la contraception c’est « Oui, mais ». Oui, mais, à condition que les femmes ne viennent pas trop se plaindre des effets indésirables puisqu’il n’y a rien d’autre à leur proposer. Oui, mais, sans trop compter sur monsieur qui considère ordinairement que c’est à elles d’endosser cette charge. Oui, mais, à condition de payer si vous voulez telle ou telle contraception plus facile à supporter. Oui, mais, à condition d’accepter chaque année des examens parfois intrusifs et qui n’ont pas lieu d’être (comme le toucher vaginal quasi systématiquement imposé pour une prescription ou un renouvellement de pilule). Oui, mais, à condition de se résigner à ce que chaque année certaines meurent ou subissent un grave problème de santé… »

 

 

« Aujourd’hui, la contraception c’est « Oui, mais ». Oui, mais, à condition que les femmes ne viennent pas trop se plaindre des effets indésirables puisqu’il n’y a rien d’autre à leur proposer. Oui, mais, sans trop compter sur monsieur […] Oui, mais, à condition de se résigner à ce que chaque année certaines meurent ou subissent un grave problème de santé… »

Plus de 3 000 Françaises à l’hôpital chaque année et 83 décès dues aux contraceptions hormonales :

« Chaque année en France 3 162 femmes subiraient un grave problème de santé à cause de leur contraception hormonale, dont 83 décéderaient, en hypothèse « très optimiste ». Ainsi, chaque jour dans l’Hexagone, près de 9 femmes subiraient un grave problème de santé à cause de leur contraception hormonale, et 7 en décéderaient chaque mois. Pour comparaison, la maladie de la vache folle aurait fait 200 victimes entre 1992 et 2014 et l’on n’hésite pas à qualifier cela de « scandale ».» (Source et détails calculs sur ce lien)

Tout ça pour…

« En moyenne les Français font l’amour cinq fois par mois (neuf pour les couples ensemble depuis plus de deux ans), ce qui peut raisonnablement nous questionner sur l’intérêt de prendre en continu des contraceptifs médicalisés qui exposent à des risques pour la santé. »

« Chaque année en France 3 162 femmes subiraient un grave problème de santé à cause de leur contraception hormonale, dont 83 décéderaient. Pour comparaison, la maladie de la vache folle aurait fait 200 victimes entre 1992 et 2014 et l’on n’hésite pas à qualifier cela de « scandale»»

femmes contraceptions cancers embolies hormones pilule

Les baisses de libido : premier effet secondaire des contraceptions hormonales ?

Sans parler d’un des plus gros tabou qui entoure les pilules et autres contraceptions hormonales et dont personne ne parle…

« Beaucoup plus de femmes que l’on ne croit souffrent d’une baisse de désir sexuel sous pilule. Les données scientifiques estiment que 20 à 40 % des femmes souffriraient de troubles du désir sous contraception hormonale. Un décalage important existe à ce sujet entre ce qui est vécu et ce qu’indiquent les notices. Les baisses de libido sous contraceptions hormonales sont un immense tabou. » 

Paternalisme et manque d’écoute du corps médical :

« Certains professionnels de santé n’écoutent pas ou peu leurs patientes à ce sujet, voire nient leurs souffrances, leur disent que c’est « normal », « le prix à payer ». Beaucoup ne leur proposent nulle autre solution. Pire encore semble être le sort réservé aux « rebelles contraceptives » : ces femmes qui « osent » arrêter la pilule, réclament une contraception sans hormones ou refusent le stérilet parce qu’elles ne voient pas pourquoi elles se « mettraient un bout de cuivre dans l’utérus ». Elles sont souvent perçues comme des ingrates, des enfants gâtées, des femmes qui en demandent trop : « Nous, les femmes de mon âge, nous nous sommes battues pour la pilule, et vous, vous la refusez comme une insolente ! », « Vous ne rendez pas justice au combat des féministes symbolisé par la pilule. Vous comprendrez quand vous serez obligée d’avorter que prendre la pilule c’est important. »

« Certains professionnels de santé n’écoutent pas ou peu leurs patientes à ce sujet, voire nient leurs souffrances, leur disent que c’est « normal », « le prix à payer ». Ces femmes [qui refusent des contraceptions avec risques d’effets secondaires] sont souvent perçues comme des ingrates, des enfants gâtées, des femmes qui en demandent trop : « Nous, les femmes de mon âge, nous nous sommes battues pour la pilule, et vous, vous la refusez comme une insolente ! »

violences medicales contraception

Sans hormones, pas de liberté ? (euh, c’est une blague ?)

Argument massu que l’on entend très souvent revenir dans la bouche de la plupart des gynécologues ou proches qui sermonnent les jeunes femmes : “Sans hormones ou pilule, pas de liberté !” Comme si hormones = contraception. Comme s’il n’y avait pas d’autres voies… C’est ce que je dénonce dans mon manifeste :

« Vu comme intrinsèquement défaillant, fragile, instable, le corps de la femme serait une sorte de cheval sauvage et dangereux que la technique doit dompter et cadrer. Pour certains gynécologues : sans contraception médicalisée, pas de libération de la femme ! « Sans pilule pas de libération de la femme et pas de vie sexuelle. » Engoncés dans le modèle étriqué de la contraception médicalisée et grisés par tout ce qu’elle a effectivement apporté aux femmes, ces professionnels n’envisagent pas d’autres voies possibles… [Salomé résume le phénomène ainsi : « Prendre la pilule n’est plus considéré comme un droit mais comme un devoir. »]»

“Notre principal obstacle en la matière c’est nous-mêmes, nos peurs. Nous n’arrivons pas à aller au-delà de la pilule et des contraceptions médicalisées car nous sommes incapables de rêver mieux, nous nous cramponnons à nos acquis. Or toute invention a d’abord été une idée, une pensée, qui a ensuite été portée par la volonté. J’essaie d’impulser ce rêve afin qu’il devienne une réalité pour nos enfants et petits-enfants….”

Or, si nous comprenons qu’il y a de nombreuses autres voies à explorer c’est là que nous allons pouvoir inventer, explorer et enfin parvenir à cet objectif simple et humaniste : que plus personne ne souffre ni ne meure de sa contraception. Mon idée est de montrer que notre principal obstacle en la matière c’est nous-mêmes. Nous ne pensons le sujet qu’en termes de peurs et de réactions pavloviennes. Nous n’arrivons pas à aller au-delà de la pilule et des contraceptions médicalisées car nous sommes incapables d’oser rêver mieux, nous nous cramponnons à nos acquis. Or toute invention a d’abord été une idée, une pensée, qui a ensuite été portée par la volonté. J’essaie d’impulser ce rêve et de la rendre collectif afin qu’il devienne une réalité pour nos enfants et petits-enfants.

A partir du moment où les femmes décideront de refuser de prendre sur elles, de se faire passer en second, de rogner sur leur bien-être à cause des effets secondaires des contraceptions, le monde sera bien obligé de trouver et développer d’autres solutions. Et il le fera ! Tout simplement. Voilà pourquoi les solutions sont en nous. Or la peur nous retient d’agir ainsi et nous bloque dans notre caverne de Platon contraceptive…

« Vu comme intrinsèquement défaillant, fragile, instable, le corps de la femme serait une sorte de cheval sauvage et dangereux que la technique doit dompter et cadrer. »

corps femme cheval sauvage dompter

La médicalisation de la contraception au coeur du problème :

« Portés par les progrès médicaux des années 1960, nous avons démocratisé pilules et stérilets, réalisant peut être mal le pas important que nous franchissions : c’était la première fois que nous donnions des médicaments ou que nous implantions des dispositifs médicaux dans le corps de millions d’êtres humains qui ne sont pas malades. […] Or c’est bien là que le bât blesse. Au fond, que reproche la génération « no pilule » aux contraceptions actuelles ? Elle leur reproche d’obliger de s’exposer à d’éventuels effets indésirables mais aussi à dépendre du corps médical, donc d’être médicalisées. »

Médecins formés à 98 % par l’industrie et qui informent ensuite mal leurs patientes, parcours solitaires des femmes qui cherchent des contraceptions sans effets secondaires, conjoints absolument pas impliqués qui traînent des quatre fers quand c’est leur confort à eux qui doit être amoindri par la contraception… Les problèmes sont nombreux en la matière ! Je les développe amplement dans le livre, que je vous invite tous à lire.

Au-delà du constat que dresse ce livre, je vous propose surtout que nous agissions, dès maintenant et tous ensemble avec une pétition et un hashtag que j’ai lancés (voir mon article : “#PayeTaContraception : ras-le-bol des effets secondaires des contraceptions“).

 

Des déclics manifestes :

Bref, si le sujet vous intéresse, lisez mon manifeste pour vous documenter. Il est rapide à lire, accessible, pleins de sources et comporte deux BD de l’illustratrice Joy sur la charge mentale et la “vérité sur le choix contraceptif”. J’ai rogné sur mes droits d’auteur afin qu’il soit le moins cher possible pour vous alors ne vous privez pas ! Il a déjà déclenché de nombreux déclics chez mes lectrices qui me remercient car cela les pousse vraiment à prendre conscience que, nous femmes, prenons beaucoup trop sur nous en nous faisant passer au second plan alors qu’il y aurait d’autres solutions.

Les solutions sont en nous, alors, au boulot ! (en attendant, signez ma pétition et aidez à libérer la parole avec le hahstag #PayetaContraception 🙂 )

Marre souffrir contraception debusquat

 

Journaliste indépendante et animatrice à Radio France, je vous informe sans concession !

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Comments (5)

  1. Et ça recommence !

    Un article et un livre de Sabrina Debusquat, et voilà une fois de plus je trouve ça Génial.

    Franchement j’en ai marre. Il y six mois, je citais Sabrina dans l’édito de mon magazine Santé Science & Conscience, à propos des régimes. Il y a deux mois je citais largement un article de Sabrina dans le magazine Sapiens (encore en kiosques) à propos des médecines alternatives. Dans le Santé Science et Conscience à paraître en juillet, je publie un article (dans un gros dossier “foie en danger”) avec une présentation du livre sur le sucre de… devinez qui…

    Et voilà, je n’ai plus qu’à préparer pour le Santé Science & Conscience de septembre un beau papier ‘marre de souffrir pour ma contraception”. Pas le choix, faut le faire…

    Soit dit entre nous, Sabrina, si on peut se tutoyer : quand vas-tu ENFIN écrire une grosse connerie que je pourrai donc passer sous silence ou à la moulinette ?

    PS : un point positif, tout de même, j’adore particulièrement ce site “ça se saurait” et ça m’a donné l’idée de me créer mon propre WordPress en m’inspirant de loin du modèle… Sabrina !

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    Jean-Michel Vaysse - 22 juin 2019
    1. Oh merci Jean, ha ha ! Officiellement mon fan number one alors 🙂

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      Sabrina Debusquat - 22 juin 2019
      1. Fan number one OFFICIEL ! Ouah, merci du fond du cœur !

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        Jean-Michel Vaysse - 22 juin 2019
  2. Merci, Sabrina. Et ce merci vient du fond du coeur

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    Lise - 22 juin 2019
    1. Merci Lise (du fond du coeur aussi <3)

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      Sabrina Debusquat - 22 juin 2019