Une fille qui se tient voûtée c’est pas joli


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“- Une fille c’est plus joli si ça se tient droit.”
“- Rhooo mais bombes ton buste un peu, arrêtes de marcher voûtée comme ça!”

Femme comme homme

Et si on se tenait juste comme on voulait ?

Le constat de la place que les femmes prennent dans la rue :

Dans le bus, la voiture, en marchant … les hommes se tiennent comme ils en ont envie et de manière confortable. Bras et jambes écartés dans les transports en commun, décontractés au volant, prenant une bonne part du trottoir dans la rue.
Bref, ils existent et se meuvent sans y réfléchir plus que ça.

Les femmes en revanche ont tendance à avoir les genoux rapprochés, les jambes croisées et les bras plus près du corps et elles prennent moins de place sur le trottoir.

Leur posture semble souvent plus réfléchie, moins spontanée.

Alors certes, personne ne nous oblige à nous tenir de telle ou telle manière mais la pression est quand même là et va souvent s’exprimer par des remarques.
Vous avez toutes au moins une fois entendu :

” – Souriez mademoiselle, vous êtes bien plus jolie comme ça”
ou
” – Tiens-toi droite enfin c’est moche pour une fille d’être voûtée !”
ou encore
” – Rhooo mais t’as pas fini de t’asseoir comme un cow-boy, c’est vraiment pas féminin !”

Le problème c’est pas tant les considérations de santé (pour le “se tenir droite”) mais plutôt le fait que la phrase soit accolée au “pour une femme”, “féminin” ou “jolie”.
Il est là le cœur du problème. C’est qu’encore une fois on ramène la femme au besoin permanent d’être jolie. On en fait une obligation et l’on ne comprend pas celles qui n’en ont rien à faire. Comme si elles ne comprenaient pas la gravité de leur acte. Comme si le fait de n’en avoir rien à faire d’être “jolie” était anormal, dramatique.

Pire, en plus de ne pas pouvoir bouger comme elles veulent, les femmes s’imposent parfois d’autres façons de se tenir, pour être sexy. Encore une fois, on modèle son corps : reins exagérément cambrés, seins poussées en avant plus que de raison, moue boudeuse sur les lèvres ou encore démarche digne d’un défilé.

Hé bien personnellement j’ai envie de me tenir comme JE veux et non pas comme il se devrait.
Quand j’étais plus jeune, ma petite taille et la musculature importante de mes cuisses m’empêchaient physiquement de croiser les jambes, hé bien pour paraître plus féminine, j’ai forcé mes jambes à se plier l’une sur l’autre pour pouvoir les croiser. Résultat : des genoux légèrement déformés et rentrés vers l’intérieur …
Alors désormais  je ne croise jamais les jambes, si je suis fatiguée je ne cherche pas à “faire bonne figure”, bref, je me tiens comme j’en ai envie.

Mais pourquoi est-ce qu’une femme devrait se tenir droite à tout prix ?!? :

Mais quand même je me suis demandé pourquoi les femmes avaient si viscéralement en elles imprimée cette injonction à se tenir bien en société.

J’ai trouvé plusieurs articles et documents qui donnent quelques pistes …

Le site Anti Sexisme propose un article intéressant sur “Les attributs du pouvoir et leur confiscation aux femmes. Le genre et l’espace” :

” En corrélation avec un plus grand espace personnel, les dominants ont tendance à occuper plus d’espace avec leur corps. Cela se voit d’abord dans les postures qu’ils arborent. Quand des personnes ont tendance à « s’étaler » et à prendre beaucoup d’espace (écarter les jambes, mettre les mains sur les hanches en tournant les coudes vers l’extérieur …), ils sont perçus comme dominants ; à l’inverse ceux qui prennent peu de place et adoptent des positions resserrées (jambes et bras croisés par exemple) sont perçus comme dominés. “

Tenues femmes

Donc pour commencer (mais c’est pas vraiment une nouvelle), les femmes seraient considérés comme inférieures à l’homme et se comporteraient donc physiquement comme telles.

Le site Erudit propose lui un document complet sur « Hommes et femmes dans l’espace public français depuis un siècle » qui montre que la façon de se tenir en société, depuis plusieurs siècles déjà s’adresse quasi-exclusivement aux femmes et non pas aux hommes :

“les manuels de savoir-vivre décrivent un comportement idéal […] de la femme distinguée […] mais peu de conseils sont prodigués aux hommes sauf pour leur rappeler leur rôle de protecteur et/ou leurs devoirs de galanterie. Comme si ceux-ci n’avaient pas de directives à recevoir en matière de  bonne éducation. Les femmes en on-t-elles plus besoin qu’eux ? En vertu de leur rôle d’éducatrice au sein de la famille, sont-elles les principales garantes de la bonne éducation ? Ont-elles pour mission de personnaliser, au-delà du savoir-vivre, la morale du couple au-delà des autres, le mari en étant déchargé.”

L’article continue en expliquant que la façon de se tenir marque également notre rang dans la société. Mais encore une fois, comme le rappelle l’article :

“Le principe fondamental à partir duquel l’ensemble des conseils s’ordonnent reste la dissymétrie des rôles sexuels. Bien qu’il se nuance et s’assouplisse au fil des années jusqu’à être nié en certains lieux et circonstances, ce principe est tellement évident pour les auteurs, et donc pour les lecteurs, qu’il n’est jamais énoncé. Donnée allant de soi, code des relations avec les autres.”

En gros, de manière systématique, la bonne tenue est considérée comme réservée aux femmes. C’est une évidence qu’on ne remet même pas en cause.

Mais plus grave, la façon dont se tiennent les femmes serait la preuve extérieure de leur vertu.

“De la femme distinguée à la femme de mauvaises mœurs
Dans ces endroits qui constituent l’espace public des femmes à la fin du 19 ème siècle […] les règles à respecter sont claires : 
1) Une femme doit être protégée. Elle doit être accompagnée par le mari de préférence bien sûr, à défaut par un parent plus âgé, à la rigueur par une femme plus âgée.
2) Tout lieu public étant dangereux, la meilleure façon de s’y comporter est d’ignorer ce qui se passe autour de soi et de rester extérieure à la vie sociale que l’on côtoie. Dans la rue, marcher posément, ne pas s’arrêter, être habillée sobrement « avec élégance mais sans éclat », aller « droit à son but sans se mêler au populaire » est la seule attitude envisagée pour ne pas se faire remarquer et ainsi rendre sûr un endroit qui ne l’est pas pour une « dame ».
3) Puisque le savoir-vivre et la politesse sont des applications usuelles de l’éducation et traduisent (trahissent) les vertus des personnes, une tenue discrète fait présager du sérieux de l’esprit et de la conduite. Ne pas attirer l’attention est le leitmotiv de tous les manuels en toutes circonstances. «Une femme bien élevée arrive au théâtre discrètement, elle quitte sa loge sans bruit, elle parle à demi-voix, contient son rire et son geste, elle ne lorgne pas dans la salle, ne salue pas… Elle n’a vraiment de charme que si par sa toilette et ses
manières elle cherche à passer inaperçue» (Staffe, 1898).
4) Une femme de bonne moralité étant avant tout une maîtresse de maison, les lieux publics les plus valorisés sont ceux où il est possible de s’y délimiter un périmètre assimilable au chez-soi. Les dangers de la promiscuité se trouvent ainsi réduits en même temps que sont révélées les qualités morales. “

Finalement, tout ça ne date pas d’il y a bien longtemps, c’était le temps de nos arrière-grand-mères.
On comprend mieux pourquoi, encore aujourd’hui, les femmes se font discrètes tant psychologiquement que physiquement dans l’espace public :

“Les femmes sont admises dans l’espace public à condition qu’elles y soient aussi peu présentes que possible et ne le marquent pas.”

Voilà le discours tenu ouvertement il y a à peine un siècle. Et toutes ces contraintes imposées au nom de quoi ?

” Au nom de la «vie de société» suggèrent les manuels qui, pour quelques-uns, classent
sous ce titre les activités et lieux étudiés ici.”

Voilà, pour que notre bonne société reste bien en place. C’est peut-être pour ça qu’une femme qui se tient mal dérange autant, comme si cela allait bouleverser l’ordre social, comme si le fait qu’une femme prenne toute la place dont elle a envie allait bousculer les hommes. Faudra qu’on m’explique …
Enfin, l’article explique que depuis les années 80, la vertu d’une femme n’est plus vraiment jugée selon son apparence extérieure mais que la bienséance en société est vue comme un respect de l’autre.
MOUAIS, enfin c’est marrant parce que moi j’ai souvent entendu des hommes/femmes, dire d’une femme habillée légèrement qu’elle avait la moralité d’une “fille légère”.

Façon de se tenir femme

Enfin bon, sachant que notre société est marquée par l’esprit de grands penseurs comme Jean-Jacques Rousseau qui disent :

” Ce principe établi, il s’ensuit que la femme est faite spécialement pour plaire à l’homme ; si l’homme doit lui plaire à son tour, c’est d’une nécessité moins directe, son mérite est dans sa puissance, il plaît par cela seul qu’il est fort. Ce n’est pas ici la loi de l’amour, j’en conviens ; mais c’est celle de la nature, antérieure à l’amour-même… ”

“Et Dieu créa la femme…” La condition féminine chez Jean-Jacques Rousseau

Pas étonnant qu’on en soit encore  là …

Une tradition de la “posture féminine” qui se perpétue :

Enfin si, puisque certains ont l’air de vouloir faire perdurer la tradition… Extraits choisis du “Petit cours de maintien” du site Feminin.ch :

” Quoi de plus vilain qu’une jolie fille à la démarche militaire en fin de manœuvre ! La façon de se tenir, de marcher, d’évoluer est aussi importante que les soins que vous prodiguez à votre corps.”

Ça continue, en beauté :

“Pas de mains dans les poches: c’est réservé aux messieurs.

Enfin, ne montrez jamais, jamais que vous avez mal au pieds. Même si vous souffrez l’enfer, marchez comme si de rien était. Une seule plainte et on vous prendra pour une dinde: “Elle n’avait qu’à mettre des chaussures moins hautes”. D’ailleurs, en société, vous n’avez mal nulle part. C’est comme ça !”

Eh ben dites-donc ! C’est qu’on nous donnerait presque des ordres !? Les mains dans les poches réservées aux messieurs, ne pas montrer que l’on a mal (ou plutôt éviter de porter des talons importables peut aussi être une solution 🙂 ) et je vous en passe ! On apprend comment s’asseoir élégamment, comment ne pas bouger trop les jambes quand on est impatiente dans une queue, comment glisser son manteau sur ses épaules, fumer en société et autres conn******.

Alors certes, comme me le disait un collègue quadra récemment, les filles font de moins en moins attention à comment elles se tiennent et se comportent de plus en plus comme elles en ont envie et non pas comme elles devraient. Ce qui tendrait à montrer que la pression de la société sur les femmes (et la façon dont elles devraient se tenir)  diminue. Pourtant, j’ai quand même l’impression que c’est bien ancré dans nos mémoires féminines.

Je m’interroge aussi et me trouve dans une contradiction personnelle sur ce sujet : pourquoi je trouve plus beau qu’une femme se tienne de telle ou telle manière alors que moi-même lutte profondément contre ce contrôle permanent du corps “fait pour la séduction” ?

Et vous, comment vous tenez vous au quotidien et que pensez-vous de tout ça ?

Ps : pour aller plus loin, dans la veine de cet article :

– Le Monde fait le même constat “Dans le métro les hommes occupent plus d’espaces que les femmes” en partant de l’idée d’un Tumblr qui prouve le tout en photo.

Certaines photo présentant des hommes à côté de femmes sont vraiment frappantes, d’ailleurs, qui parmi vous n’a jamais pesté contre un homme qui s’étale à côté vous prenant limite votre espace à vous ?

homme metro 3

homme metro 2

homme metro 1

GRRRRR!!!! MESDAMES SORTEZ LES GRIFFES SI CA VOUS ARRIVE !

Certains ont même donné un nom à cette façon un peu exagérée qu’ont certains hommes d’écarter leurs jambes dans les transports en commun

Une anglaise a testé de se mettre les jambes aussi écartées qu’un homme dans les transports en commun pendant une semaine ..

– et cette vidéo d’Amy Cuddy vous expliquera très bien comment la façon dont vous vous tenez décrit qui vous êtes (alors ne soyez plus effacées mesdames !)

https://www.youtube.com/watch?v=Ks-_Mh1QhMc

Journaliste indépendante et animatrice à Radio France, je vous informe sans concession !

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Comments (19)

  1. A reblogué ceci sur Collectif Sacamain.

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    collectifsacamain - 15 juin 2014
  2. Je viens de découvrir ton blog via Madmoizelle (qqun a du le citer dans les commentaires? je ne sais plus) et ca fait longtemps que je n’ai pas autant accroche a un univers…passionnee de bio (alimentaire et cosmetique), j’ai direct ete attiree, forcement…et puis la je tombe sur cet article et…c’est officiel j’aime ton blog d’amour!!!
    J’ai suivi un cours d’etudes de genre en Australie (en France ce champ d’etudes n’est pas propose, ca en dit long…) et on avait aborde ce theme que tu as tres bien resume!
    Je rajouterai que la posture des femmes (jambes croisées) relève aussi bcp du fait que la sexualité féminine est perçue comme 1) inexistante: bah oui les femmes ça n’a pas de libido (…) 2) privée: ça relève de la sphère intime et on ne doit pas en parler ouvertement sinon c’est mauvais genre 3) négative: une sexualité assumée chez une femme c’est forcement mal connoté (pute, salope, fille de petite vertu, etc. Vient s’ajouter a cela que souvent le vagin est perçu comme 1) mystérieux (forcement d’un point de vue masculin, donc extérieur), 2) sale: il suffit de voir toutes les pubs de “nettoyant intime” pour comprendre que le vagin ca se lave (LOL) parce que ca sent (d’ailleurs vaut mieux enlever tout poil aussi tant qu’on y est pr faire “plus propre” et que le male daigne s’y aventurer…)
    Bref je m’arrête mais c’est un sujet passionnant qui en dit long sur la vision des femmes dans notre société, les rôles qu’on lui attribuent, et la perception qu’on a de sa sexualité/de son corps…donc merci d’avoir aborde ce point avec autant d’intelligence 🙂
    Cecilia

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    Cecilia - 21 mars 2014
    1. Salut Cecilia,
      Merci pour ce gentil commentaire 🙂
      Oui, c’est assez effarant la distinction de sexe actuelle, je bous au quotidien des réflexions sexistes. Tiens justement dans mes commentaires aujourd’hui un monsieur (très gentil au demeurant) :
      (sur mon article “J’ai testé pour vous me sevrer du sucre“) :

      “Bonjour Sabrina,

      J’ai eu le coup de foudre quand je suis tombé sur votre site.
      Si étant jeune j’avais rencontré la belle plante qui ressemble à ça devant ses crudités, je lui aurais demandé de venir faire la popotte avec moi.[…] ”

      Pfff….c’est relou quoi…d’où est le besoin là en me parlant de “contenu” et de blog de parler de mon physique…voilà typique du truc qui m’insupporte donc je vais prendre gentiment a plume et tenter de lui faire comprendre intelligemment que s’il a une réflexion sur l’alimentation il serait peut être temps d’en avoir une aussi sur les propos qu’il peut tenir aux femmes …

      Répondre
      Sabrina Chauchard - 22 mars 2014
      1. Salut Sabrina! Je compatis pour les réflexions sexistes au quotidien qui te donne envie de te taper la tête contre un mur…ce que tu décris est en fait tout à fait typique du “benevolent sexism”, ou sexisme bienveillant/ambivalent en français, phénomène expliqué de manière très concise ici:
        http://antisexisme.net/2011/03/09/sexisme-ambivalent-ambivalent-sexism-2/
        et développé par un exemple ici: http://jezebel.com/you-cant-tell-the-attorney-general-she-has-an-epic-but-471311007?fb_action_ids=10151436008763710&fb_action_types=og.likes&fb_source=other_multiline&action_object_map={%2210151436008763710%22%3A127716897417475}&action_type_map={%2210151436008763710%22%3A%22og.likes%22}&action_ref_map=[]
        Perso le jour où j’ai découvert les études de genre et les études féministes a été libérateur car des fois on se demande franchement si on est folle ou si on exagère (étant donné qu’on évolue dans une société patriarcale qui donc ridiculise ou minimise ces phénomènes). Et quand tu vois que non seulement tu n’es pas seule à enrager pour certaines situations, et qu’en fait ce vague sentiment de malaise que tu éprouves a un nom et est analysé par des pro (chercheurs, psys, etc) là tu te dis MERCI!!

        Répondre
        Cecilia - 26 mars 2014
        1. Salut Cecilia, oui t’inquiètes même si je n’inonde pas le blog de mon féminisme, je suis très au courant et je lis beaucoup sur la toile en ce qui concerne tous ces sujets, je suis beaucoup sur Madmoizelle, et d’autres sites comme Sisyphe, etc.
          Non, bien sûr que je sais que ce que je vois et vis est réel, après, je lis de ça et là des infos sur le Net mais perso je n’irais pas jusqu’à “faire des études” sur le sujet parce que qui dit “études” dit souvent limitation de la pensée (un minimum), dogmes, etc.,peu importe le domaine, il y en a toujours pour vous dire que c’est comme ça parce qu’ils l’ont étudiés or le monde est tellement plus nuancé.

          Donc oui, oui je connais tout cela depuis de nombreuses années et j’ai déjà lu les articles dont tu me mets les liens 🙂
          Mais y’a vraiment un mouvement du féminisme en ce moment ça fait plaisir 😉

          Répondre
          Sabrina Chauchard - 26 mars 2014
  3. Merci pour ce post, Je l’aime beaucoup, car je le vis encore un peu tous les jours..

    D’abord il faut que je vous dise que très jeune fait pris l’habitude de mal me tenir. C’est probablement du à mon mètre quatre vingt, mais suremment aussi qq chose de génétique car ma mère est aussi très voutée.
    Plus jeune j’ai eu droit à toutes les remarques, toutes les tentatives pour me rederesser..il serait trop long d’en parler maintenant!

    Au collège puis au lycée, j’ai eu droit encore à des remarques, cela a fait le tri de mes copines. Il y a celles qui voyaient, et celles qui ne voyaient pas. Pour ne pas être embêtée, je laissais mes cheveux longs détachés pour qu’ils cachent ce qu’elles appelaient ‘ma bosse’.
    Les garçons ont parfois été gènés aussi. Alors, dans les fêtes ou en boite, je dansais toujours face à eux en espérant qu’ils ne remarquent pas. Etant grande et fine je me faisait plutôt draguée souvent On ne m’a jamais trop vexée car on me trouvait jolie, genre mannequin, juste que c’était dommage de se tenir si voutée.
    Je l’ai assumée, car je ne me sentais pas différente pour autant. J’ai eu des copains comme toutes mes amies.
    J’irai même plus loin…C’est peut être grâce à mon dos vouté que j’ai rencontré celui qui vit tjs avec moi.
    ( En fac, je m’habillais dans un style plutôt sophistiqué, un peu rock glam 70’s, avec des vestons, des chemises vintage d’homme et des pantalons tirés par des bretelles. Il m’ a abordée en rigolant qu’on voyait trop bien mes bretelles à travers mon gilet tellement mon dos était arrondi! ) Ca l’a touché. C’est ce qu’il m’a toujours dit.

    Aujourd’hui, travaillant comme vendeuse dans la cosmétique l’apparence compte plus. Mes responsables m’ont fait des remarques, mes collègues essaient tjs de me redresser(!) en repoussant les épaules, mais c’est trop tard, c’est automatique, dès qu’elles relachent, je m’avachie et m’arrondie de nouveau.

    Aujourd’hui à 35 ans, quand je me regarde de profil je vois mes épaules tombantes, mon cou qui est en avant, le haut de mon dos tout rond le bas cambré qui fait ressortir mon bedon. Ma cage thoracique semble renfermée, et mes seins trop ressérés.
    Est ce vraiment disgracieux? Suis je laide si je suis un peu bossue?
    Mon mec me compare à une grande plante, toute penchée en avant..
    Je crois qu’il faut prendre les gens tels qu’ils sont, se trouver soi même, c’est à dire faire sa différence. Aujourd’hui tous ces codes de bien tenue semblent hors d’age.
    Je me tiens mal, mais on me dit paradoxalement que cela peut être beau, donner un mystère..

    Je ne choque personne, mais je vais restée voutée, car c’est moi!

    Bises à toutes.

    Elodie

    Répondre
    Elodie - 8 janvier 2014
    1. Salut Elodie !
      Belle et unique histoire que tu nous racontes-là 🙂
      Je suis d’accord avec toi sur tout sauf l’aspect santé, se tenir droit (un minimum) ça peut t’éviter de générer des tensions musculaires et des blocages qui vont s’aggraver avec l’âge (mais en même temps cela ne regardes que toi) et j’ai personnellement toujours été assez voûtée (cause petite poitrine étant jeune) et j’ai du mal à perdre cette habitude et c’est vrai que quand je me force à être plus droite je me sens plus sûre de moi dans ma tête, c’est bête mais je pense que corps et esprit sont liés dans un sens comme dans l’autre. C’est le Dalaï Lama qui disait d’ailleurs que faire en sorte que ce que l’on reflète extérieurement soit le reflet de notre intérieur est important et que modifier son aspect extérieur aide au mental.
      Mais après je suis d’accord avec toi il y a une limite entre se tenir droit comme un i figé et les reins cambrés et juste se tenir droit de manière confortable ^^

      Voilà mon avis même si j’aime beaucoup ton histoire et que je suis pour les disparités mais ce que je perçois à travers tes écrits c’est aussi un léger malaise, tu as décidé de faire fi de l’avis des autres mais tu n’aimes pas voir ton corps et finalement ce n’est pas de la confiance en toi donc tu fais preuve mais de la résignation, tu te résignes à avoir des réflexions et tu as décidé de t’en foutre ce qui est plutôt positif mais le principal serait plutôt que toi tu te sentes bien.

      J’espères que ma franchise habituelle ne te blessera pas. Grosses bises :-*

      Répondre
      Sabrina Chauchard - 8 janvier 2014
      1. Merci Sabrina pour ton retour si rapide.
        Je n’ai pas trop de problème je crois avec ma mauvaise tenue. Je l’aie acceptée car j’ai grandie très vite sans être assez musclée du dos. Ma mère ne m’a pas corrigée non plus, toute voutée aussi, j’ai copié sa posture, je pensais qu’il n’y avait rien à faire.

        J’aime bien ce que tu as résumée. Y a t il un rapport entre mon physique et mon mental?
        Je pense en effet ne pas être quelqu’un de très très sure de soi. Plutôt hésitante et peureuse. Me vouter a surement du signifier aussi me recroqueviller. Je me sentais bien comme ça, et c’est resté je crois.

        Voilà voilà..

        Des bises

        E.

        Répondre
        Elodie - 8 janvier 2014
        1. Oui, voilà c’est exactement ce que je voulais dire, c’est devenue une habitude acceptée (et peut être que cela vaut mieux !), en tout cas, c’était un nouvek angle de réflexion sur le sujet plutôt intéressant 🙂

          Répondre
          Sabrina Chauchard - 9 janvier 2014
  4. Totalement d’accord avec toi de long en large, en particulier par rapport aux mecs qui se tiennent les jambes écartées (j’ai jamais compris pourquoi d’ailleurs, je me disais que c’était par rapport à leur ….). Je trouve ça bien que tu mettes l’accent sur des faits banals du quotidien, qu’on a tellement ancré en nous qu’on finit par trouver ça normal, sauf que non ça ne l’est pas du tout: les photos dans le métro sont carrément choquantes. Ca m’est arrivé quelques fois de me faire envahir mon espace par ce genre de personne, dans ce cas là je lance un regard (que j’espère) évocateur, mais ça marche pas lol, maintenant j’hésiterai plus à protester!

    Répondre
    Sophie - 17 octobre 2013
    1. Merci pour tout et super contente qu’un article puisse donner envie d’agir 🙂

      Répondre
      Sabrina Chauchard - 17 octobre 2013
  5. J’abonde dans votre sens à toutes. Les femmes comme les hommes ont les mêmes droits (enfin devraient avoir les mêmes droits… Les postures dites moches pour les femmes le sont également pour les hommes.
    Après, avoir les mêmes comportements grossiers de certains mecs, non merci je ne le revendique pas. Car les actes, postures ou vocabulaire des hommes – pour affirmer leur virilité, enfin c’est ce qu’ils pensent peut-être – ne me font pas envie.
    Par contre je ne suis pas d’accord sur l’évolution de la place faite et/ou la reconnaissance des femmes. Nos droits ne sont jamais acquis. Nos luttes sont permanentes. Je donnerai pour exemple le droit à l’avortement (bien loin des postures bien séantes ou non). Le droit existe mais les lieux pour l’exercer de moins en moins. Ainsi la main mise sur le choix des femmes se fait sans avoir besoin d’abroger la loi.
    Comme si – je le pense fréquemment -, si nous étions vraiment leurs égales, notre “pouvoir” serait trop grand.

    Répondre
    Brigitte Pubrulczak - 12 octobre 2013
    1. Ah ben ça, déjà qu’on a encore des droits à conquérir, c’est sûr qu’ils ne sont pas acquis!
      De la même manière que vous Brigitte, je ne suis pas féministe à vouloir “copier ” les hommes, on est différentes et c’est très bien mais que l’on nous impose pernicieusement une pression permanente :non.
      J’ai moi aussi du mal à comprendre pourquoi cette “masse de pensée regroupées” qu’est la société a finalement (c’est ce que prouve ses comportements) si peur des femmes. Nous ne sommes rien de plus que ce que nous sommes et ce n’est pas un danger, en revanche, la “rage du faible”, l’envie de revanche de celui qui a été opprimé, ça j’imagine que ça puisse faire peur et de ce côté là les femmes en auraient de la rage accumulée …

      Bises Brigitte, au plaisir de débattre avec vous 😉

      Répondre
      Sabrina Chauchard - 12 octobre 2013
  6. Hello !

    J’ai découverts ton article par la biais de Hellocoton et comme tu nous invite à te donner nos pensés sur le sujet, je me permets de partager la mienne.
    A part le petits rappel de bienséance sociale que tu retraces ici, je pense que si aujourd’hui les femmes se mettent la pression pour se tenir droites c’est pour plusieurs raisons. En tout cas, voici les miennes : d’une, je trouve que c’est plus esthétique, comme pour un homme. Si je croisais un homme voûté dans la rue, je trouverais qu’il manque de punch et ce ne serait pas très attirant, mais pas seulement. Pour moi, sur ce point, homme et femme sont dans le même panier. Quelqu’un qui se tient voûté parait amenuisé et triste, comme recroquevillé sur lui même. Tu peux voir demain la plus belle fille qui passe, si elle se tien mal, elle perd tout son charisme et c’est pareil pour un homme. Pour moi quelqu’un qui se tien droit c’est avant tout quelqu’un qui s’assume et qui s’affirme.
    Et ensuite, si personnellement je me mets la pression pour me tenir droite (et mon dieu que je me tiens mal !), c’est parce que de plus en plus, je croise dans la rue des petites mamies avec une énorme bosse dans le dos, ayant du mal à marcher. Et je ne veux absolument pas finir comme ça un jour, c’est trop triste. Parce que oui les filles, passé un certain stade, on devient bossu et c’est irrémédiable !
    Alors oui, tu as parfaitement raison, on ne devrait pas toujours devoir rentrer les abdos et bomber le torse dés qu’on est en public pour paraître plus féminine, on a le droit d’être fatiguée, mais il faut quand même faire attention à soi. D’autant plus qu’au moins on se tien droite, au plus ça devient difficile de le rester et ça produits de douloureux maux de dos par la suite.
    Pour la petite astuce (pour celle qui ont du mal à se tenir droite naturellement), allez consulter un Kiné pour qu’il vous donne des exercices à faire afin de re-muscler son dos et ses abdos et retravailler sa cambrure est une bonne solution.

    A bientôt !

    1. Non, t’inquiètes j’adore vos réactions, je trouve ça super intéressant 🙂
      Je suis complètement d’accord avec toi, je trouve aussi cela plus beau (mais est-ce parce que la société m’a inculquée à trouver cela beau chez une femme ? (je pense que oui) et c’est plus sur cette pression sociétale que j’ai cette réflexion.
      En fait, se tenir droit pour ne pas se péter le dos , c’est normal, mais serrer les genoux parce que c’est plus joli ou encore placer ses mains de telles ou telles manière parce que c’est plus féminin, oui c’est “joli” mais franchement j’aimerais que les filles puissent avoir le choix de se tenir comme elles le veulent (c’est à dire comme les hommes) sans qu’on leur en fasse la remarque, j’aimerais que le libre choix des femmes dans leur façon de se tenir soit respecté sans qu’elles soient ramenés sans arrête au fait de devoir être ou ne pas être “jolies”.
      Bises et merci pour ce long commentaire comme je les aime ^^

      Ps : super blog <3

      Répondre
      Sabrina Chauchard - 10 octobre 2013
      1. Oh oui je vois bien ce que tu veux dire ! Heureusement les mentalités évoluent (plus ou moins vite), même s’il reste encore quelques idées reçues qui persistes. La prochaine fois que tu entends une critique du genre, tu n’auras qu’à dire au malotru en question que si Barbie était humaine, elle se tiendrait à 4 pattes ! 😉

        Bonne soirée !!

        ps : merci !

        1. Oui, après c’est pas toujours des personnes à qui l’on peut répondre ais sinon, me^me, je voudrais juste que ça n’existe pas (enfin bon si on se met à penser comme ça on pourrait aussi vouloir que les guerres s’arrêtent mdr) mais bon, voilà quoi, perso, je lutte pour fare accepter notre droit à nous tenir comme on veut !
          Et pour Barbie, oui j’avais vu les comparaisons avec une vraie femme ^^
          A + alors !

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          Sabrina Chauchard - 10 octobre 2013
  7. Salut SaSooc,

    Je suis moi-même en plein dedans, je me tiens comme un babouin toujours le cul en arrière, je suis malheureusement né comme ça ! Du coup j’ai petit soucis de dos, car je suis vraiment cambré, et ça c’est pas la communauté qui s’en plaint en pensant que je leur envoie un message subliminal !

    Donc oui je te comprends c’est pénible de se faire rabacher à longueur de temps les mêmes choses, mais parfois je pense que c’est tenté de gommer une mauvaise habitude qui peut nous causer du tort au niveau de la santé comme mes problèmes de dos en ce moment ou toi avec tes genoux, je pense qu’il ne reste plus qu’à porter plainte contre nos parents 😉

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    Jordane - 10 octobre 2013
    1. Mdr comme un babouin (enfin, non, désolé c’est pas drôle 😉 ) , oui, il y a aussi le côté santé (d’ailleurs se tenir droit est important!) donc l’aspect santé de la posture oui, l’aspect purement esthétique: quand c’est imposé j’aime moins …

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      Sabrina Chauchard - 10 octobre 2013