Crise, milliardaires et pauvreté : comment en sommes-nous arrivés là ?

Je viens de tomber sur une pépite. Un article qui évoque très clairement et faits à l’appui les raisons évidentes qui font que nous vivons aujourd’hui dans une société de “riches toujours plus riches et de pauvres toujours plus pauvres”. Une société que nous sommes 99 % à détester mais que nous endurons encore, on ne sait trop pourquoi…

Crise pauvreté

Prenez le temps de vous y arrêter et un immense merci à Tarik Bouafia l’auteur de ce merveilleux texte d’une limpidité et d’une lucidité rare.

Un monde de plus en plus inégalitaire de Tarik Bouafia a été originellement publié sur le site Investig’Action le 22 janvier 2016 et est aimablement autorisé à être reproduit ici (NB : j’ai ajouté quelques portraits de SDF en illustration qui n’étaient pas dans l’article d’origine ainsi que les mises en exergue destinés aux lecteurs pressés et pour une mise en page plus agréable).

Un monde de plus en plus inégalitaire

par Tarik Bouafi

Victor Hugo a un jour écrit : « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches ». Ce glaçant constat dressé il y a plus d’un siècle par l’auteur des Misérables est plus que jamais d’actualité. Pendant que de plus en plus de gens font face à la précarité, au chômage, à la pauvreté, à l’exclusion, l’élite mondiale des ultra-riches, elle, ne connaît pas la crise, mieux, elle en profite pour s’enrichir.

“Pendant que de plus en plus de gens font face à la précarité, au chômage, à la pauvreté, à l’exclusion, l’élite mondiale des ultra-riches, elle, ne connaît pas la crise, mieux, elle en profite pour s’enrichir.”

 

Un constat alarmant

L’organisation non gouvernementale (ONG) Oxfam a publié cette semaine un rapport sur l’état des inégalités dans le monde. Autant dire tout de suite que les riches ne se sont jamais aussi bien portés qu’aujourd’hui. Les chiffres ont de quoi donner le tournis. En effet, l’ONG prévoit qu’en 2016, les fameux 1% les plus riches posséderont plus de la moitié de la richesse mondiale. Les 99% restants devront se partager le reste du gâteau. Les 80 plus grosses fortunes de la planète détiennent ainsi autant de richesses que les 3,5 milliards des plus pauvres. Chaque adulte de cette élite possède personnellement plus de 2,7 millions de dollars. Des inégalités qui au fil des années ne cessent de se creuser. En 2010, les 1% détenaient 44% de la richesse mondiale contre 56% pour le reste. En 2020, on estime que la part de leur richesse atteindra 52,5%.

Par ailleurs, selon une étude réalisée par la banque suisse UBS en partenariat avec le cabinet de recherche singapourien Wealth X, le nombre de milliardaires dans le monde s’élève en 2014 à 2.235, soit une augmentation de 7% par rapport à 2013. La crise économique de 2008 n’a en rien affecté l’élite mondiale, bien au contraire. Alors que des millions de personnes se retrouvaient sur le carreau du jour au lendemain, renvoyés de leur travail après de bons et loyaux services, pendant que des millions d’Européens, d’Etats-uniens sombraient brusquement dans la pauvreté et la précarité et que des pays du Sud subissaient des famines toujours plus dévastatrices, l’élite capitaliste mondiale faisait exploser ses comptes en banques. Cette énième crise du capitalisme a mis une nouvelle fois à nu ce système injuste et cruel. Et aucun pays de l’OCDE n’est épargné par cette dérive inégalitaire.*

“La crise économique de 2008 n’a en rien affecté l’élite mondiale, bien au contraire.”

En France par exemple, tandis que les grands patrons et les actionnaires se goinfraient de dividendes, de stock options et de retraites chapeau, la masse de la population recevait et continue de recevoir les foudres de ce système basé sur l’hyper profit de quelques-uns et l’exploitation du plus grand nombre. Les statistiques sont là pour en témoigner. Alors que, dans toute son histoire, la France n’a jamais été aussi riche, on compte plus de 140.000 sans domicile fixe. Selon l’Insee, le taux de pauvreté était de 12,6% en 2004, il a grimpé à plus de 14% en 2012. De plus, ce sont plus de 3,5 millions d’individus qui bénéficient de l’aide alimentaire et 3,8 millions de personnes qui perçoivent les minimas sociaux. Et les riches dans tout ça ? Ne nous inquiétions surtout pas pour eux, ils vont très bien ! L’Europe est en récession mais par contre la croissance des milliardaires, elle, est affolante. En effet, selon le magazine Challenges ils étaient 55 en 2013. En 2014, ils étaient 12 de plus. Leur patrimoine lui aussi se porte bien. Ce dernier a augmenté de 15% en un an, atteignant ainsi les 390 milliards d’euros. Après, on vient nous raconter que l’État est ruiné et qu’il n’a plus d’argent pour assurer les services publics.

Aux États-Unis, pays de l’argent-roi, le constat est encore plus inquiétant. 22%, c’est la part de la richesse nationale détenue par…0,1% de la population alors qu’en 1970, cette oligarchie en possédait « seulement » 7%.

“…tous les médias dominants encensent l’économie états-unienne [mais] croissance économique ne rime pas avec réduction des inégalités. […] les classes laborieuses ne profitent pas des fruits de cette croissance. Le salaire moyen stagne, voire régresse, et atteint un niveau à peine plus élevé qu’en… 1964.”

Les 75.000 individus les plus riches détiennent, tenez vous bien, 10.265 milliards de dollars soit plus de deux tiers du PIB du pays. Depuis quelques mois, tous les médias dominants encensent l’économie états-unienne qui affiche un taux de croissance de l’ordre de 3 à 4%. Mais croissance économique ne rime pas avec réduction des inégalités. Cette croissance est en effet accaparée par les plus riches. Par ailleurs, les classes laborieuses ne profitent pas des fruits de cette croissance. Le salaire moyen stagne, voire régresse, et atteint un niveau à peine plus élevé qu’en… 1964. Le salaire minimum, lui, reste bloqué à un maigre 7,25 dollars de l’heure malgré les nombreuses protestations des salariés, notamment de chaînes de fast-food qui réclament des hausses de salaires.

Un problème éminemment structurel- L’Etat au service des riches

Après la seconde guerre mondiale, les États ont joué un rôle prépondérant dans la conduite de l’économie permettant aux puissances occidentales d’afficher des taux de croissance annuels avoisinant les 10%. L’État se posait alors en arbitre des conflits de classes entre le capital et le travail et veillait à que les inégalités n’explosent pas. Ces taux de croissance ont permis de développer des services publics performants dans le domaine de la santé, de l’éducation, des transports, de l’énergie. Néanmoins, malgré les avancées sociales dues notamment à l’important rapport de force qu’entretenaient les syndicats et les partis communistes avec les bourgeoisies nationales, les structures économiques, sociales, politiques et culturelles ne furent pas modifiées. La domination capitaliste s’étatisa. Voilà pourquoi on parle de « capitalisme d’État » pour définir cette période des « trente glorieuses ». Cependant, il ne faut pas oublier que la prospérité qu’ont connue les pays capitalistes occidentaux au lendemain de la seconde guerre mondiale s’est faite sur le dos des peuples du Sud. Colonialisme, impérialisme, pillage des ressources naturelles, imposition par le « Nord » de dettes « odieuses »…

La richesse des uns a provoqué la misère des autres, tout comme aujourd’hui. Puis tout a commencé à basculer avec le virage néolibéral initié aux États-Unis par Ronald Reagan et en Angleterre par Margaret Tchatcher, avant de se propager dans le reste du monde occidental et finalement dans toute la planète. Le néolibéralisme se caractérise par l’ouverture de nouveaux domaines à la loi du marché, par une financiarisation croissante de l’économie et surtout par un désengagement important de l’État dans sa participation à la gestion de l’économie. Ce désengagement est l’une des causes majeures de cette recrudescence des inégalités. Prenons quelques exemples très concrets : depuis maintenant près de 30 ans, une petite musique lancinante s’impose aux oreilles des citoyens européens. C’est la fameuse musique de la « dette ». « La dette explose ! », « L’État n’a plus les moyens » « Il faut dégraisser le mammouth », l’ « État est obèse ». Principaux dirigeants politiques, économistes, « experts », chroniqueurs, éditorialistes… Ils ont appris la chanson par cœur et la chantent à merveille. Alors, on nous répète à longueur de journée que l’ « État a trop dépensé » (pour les services publics), que l’ « État vit au-dessus de ses moyens » et qu’il faut donc baisser les dépenses sociales dans la santé, l’éducation, les allocations… Puis, on nous répète qu’il faut privatiser les entreprises appartenant à l’État et donner plus de marges aux entreprises, baisser l’impôt des plus riches…Bref, il faut libéraliser radicalement notre économie. Notons au passage que le mot « radical » n’est pas connoté de la même manière quand il s’agit de prôner un radicalisme de « gauche » ou un radicalisme de « droite ».

“Le néolibéralisme se caractérise par l’ouverture de nouveaux domaines à la loi du marché, par une financiarisation croissante de l’économie et surtout par un désengagement important de l’État dans sa participation à la gestion de l’économie. Ce désengagement est l’une des causes majeures de cette recrudescence des inégalités.”

Dans le vocabulaire de la noble pensée, le premier est connoté péjorativement tandis que le second est qualifié positivement. Ainsi, il faut « se serrer la ceinture ». Mais lorsqu’on regarde les chiffres de plus près, surprise, la réalité s’avère bien différente. En effet, selon un rapport du Collectif citoyen de la dette (CAC), 59% de la dette française est purement et simplement illégitime. Pourquoi ? Parce que cette dette n’est pas le fruit d’un emprunt contracté par l’État français pour financer l’économie et ainsi œuvrer à servir à l’intérêt général. Non ! Cette dette est due à une politique extrêmement avantageuse menée en faveur des plus riches. Autrement dit, l’État s’est volontairement privé de rentrées fiscales pour satisfaire la classe des plus riches. Niches fiscales, « boucliers fiscaux » (600 millions d’euros donnés aux plus riches), exonérations d’impôt, baisse de la fiscalité pour les ménages les plus aisés et les grandes entreprises comme Total (qui ne paye pas un centime d’impôt en France) … Autant de cadeaux fiscaux qui ont vidé les caisses de l’État.

Ainsi, la part du PIB lié à ces recettes fiscales a fondu de 5 points, de 22% dans les années 1980, elle est passée à 17% au cours des trois dernières années. Et les dépenses publiques, ont-elles vraiment explosé comme aiment à nous le répéter les prédicateurs néolibéraux ? Eh bien encore une fois, le système médiatique a menti. Les dépenses publiques ont diminué en part du produit intérieur brut (PIB) passant en moyenne de 22,7% en 1980 à 20,7%. Nous avons ici l’exemple type du genre de politiques économiques qui ont favorisé l’aggravation des inégalités. L’État a donc artificiellement créé les conditions pour qu’émerge une forte inégalité entre les très riches et le reste de la société. Les messagers de la sacro-sainte parole libérale nous avait pourtant assuré que cette politique en faveur des riches profiterait à la population. Résultat ? La France connaît un chômage de masse qui touche plus de 5 millions de personnes et le nombre de travailleurs pauvres ne cesse d’augmenter. Malgré ce cuisant échec, les serviteurs politiques au service de la classe possédante persistent et signent.

Crise pauvreté

“les dépenses publiques, ont-elles vraiment explosé comme aiment à nous le répéter les prédicateurs néolibéraux ? [Elles ont diminuées en part de PIB de] 22,7% en 1980 à 20,7%. […] L’État a donc artificiellement créé les conditions pour qu’émerge une forte inégalité entre les très riches et le reste de la société. Les messagers de la sacro-sainte parole libérale nous avait pourtant assuré que cette politique en faveur des riches profiterait à la population. Résultat ? La France connaît un chômage de masse qui touche plus de 5 millions de personnes et le nombre de travailleurs pauvres ne cesse d’augmenter. “

Un autre exemple très concret montre comment l’État participe à l’accroissement des inégalités. C’est le cas de l’Angleterre. Les grands patrons, qu’ils soient français, allemands, espagnols appuyés par les médias et les dirigeants politiques ne manquent jamais l’occasion de dénoncer « l’assistanat », les « assistés » autrement dits les chômeurs, les bénéficiaires d’allocations et parfois même les étudiants ou les retraités. Ces gens qui, nous dit-on, « profitent du système », ces personnes qui vivent aux « crochets de la société »… Vraiment, ces individus sont-ils vraiment les assistés du système ? Ne sont-ils pas au contraire les premières victimes de cette société injuste et inégalitaire ? Allons, remettons les choses à l’endroit et un peu d’ordre dans toute cette confusion entretenue par l’oligarchie au pouvoir. Les « assistés », les vrais, ce sont les plus riches, les grandes entreprises, les grandes fortunes, ceux qui vivent grâce à l’État, cet État « prédateur » qu’ils dénoncent quand il intervient dans l’économie et qu’ils vénèrent lorsqu’il sauve les banques de la faillite. En Angleterre donc, l’État investit dans des infrastructures qui profiteront non pas à la population mais au secteur privé. Dans le secteur ferroviaire, la situation est inédite. Depuis que le réseau a été privatisé en 1993, les dépenses publiques ont été multipliées par six ! Le réseau est privatisé mais c’est l’État qui continue à payer les frais d’entretien car les compagnies privées n’investissent pas assez. Entre 2007 et 2011, les cinq principales compagnies ferroviaires ont reçu 3 milliards de livres de l’État. C’est ce qu’on appelle communément se faire « plumer ».

Enfin, dernier exemple : l’État exonère annuellement de 88 millions de livres sterling les familles qui envoient leurs enfants dans les écoles privées. Ces écoles étant réservées aux plus riches, les familles aisées bénéficient de la grande générosité de l’État anglais. Pendant ce temps-là, le gouvernement ultra-libéral de David Cameron a décidé de réduire les prestations attribuées aux chômeurs et aux travailleurs. C’est plus de trois millions quatre cents mille personnes qui vivent avec le salaire de subsistance soit 7,20 de l’heure. Les budgets alloués au logement, à la santé ont diminué considérablement. Cette situation où l’État veille au bien-être des riches et néglige le reste de la société a été formulée de la manière suivante par l’écrivain Owen Jones : « socialisme pour les riches, capitalisme pour les autres ».

Que dire également de ce grave phénomène qu’est l’évasion fiscale ? Là aussi, les États font mine de ne rien voir. Pourtant, ils sont en capacité d’agir et de punir ceux qui décident de déposer leur argent dans des paradis fiscaux. On estime qu’en France l’évasion fiscale représente un coût d’environ 60 milliards de dollars par an. Ce serait entre 80 et 100 milliards d’euros en Espagne, sans compter les 40 milliards détournés par la corruption. Au total, ce sont plus de 1000 milliards d’euros qui échappent aux pays de l’Union Européenne. Enfin, les gouvernements occidentaux ont trouvé la solution pour venir en aide aux pauvres : le développement de la philanthropie et de la charité. A défaut de servir l’intérêt général, l’État délègue ces fonctions à des milliardaires comme Bill Gates par exemple. Santé, école, alimentation, ces bienfaiteurs de l’humanité s’occupent des plus démunis. L’État se dirige vers des fonctions régaliennes (sécurité, justice) et laisse la « main invisible » du marché réguler l’économie.

“Que dire également de ce grave phénomène qu’est l’évasion fiscale ? Là aussi, les États font mine de ne rien voir. Pourtant, ils sont en capacité d’agir et de punir ceux qui décident de déposer leur argent dans des paradis fiscaux. […] Enfin, les gouvernements occidentaux ont trouvé la solution pour venir en aide aux pauvres : le développement de la philanthropie et de la charité. A défaut de servir l’intérêt général, l’État délègue ces fonctions à des milliardaires comme Bill Gates par exemple.”

On demande à l’État d’intervenir de moins en moins dans la sphère économique tout en comptant sur lui au cas où il faudrait sauver des banques en faillite ou envoyer son arsenal répressif pour tuer de jeunes manifestants pacifiques… L’essor de la charité a également pour but de légitimer la richesse des riches en les rendant indispensable. Voilà comment la société dans laquelle nous vivons s’éloigne de ses responsabilités sociales, économiques pour faire émerger la figure du riche-sauveur et ainsi le légitimer alors que c’est lui le véritable responsable des maux dont souffrent nos économies.

Mondialisation et accroissement des inégalités

Alors bien sûr, on ne peut évoquer le thème des inégalités sans pointer du doigt la mondialisation. Cette mondialisation sauvage qui crée un fossé toujours plus abyssal entre les pays très développés et les pays les plus pauvres. Prenons deux exemples qui mettent en exergue la fabrication économique, sociale et géographique des inégalités. Premièrement, les délocalisations. Ces dernières ont pour but de transférer les activités d’une entreprise dans un pays où le prix du travail est inférieur et où les matières premières sont moins chères… Ces délocalisations ont certes apporté du travail aux pays concernés mais pour quel salaire ? De véritables salaires de misère, voilà la réalité. Pendant ce temps, l’entreprise ou la multinationale multiplie son coût de revient par 5, 10, 15… L’exemple le plus connu est celui des maquiladoras au Mexique.

Ces usines proches de la frontière états-unienne qui produisent jours et nuits des jeans pour la marque Levis, GAP… Un jean coûte peut être à la fabrication 10 dollars, 4 seront donnés au travailleur et le reste pour payer les matières premières. A peine sorti d’usine, il sera exporté vers les États-Unis pour être vendu dans les magasins de New York ou Miami à 70, 80, 90 dollars. L’exploitation du travailleur permet au patron de tirer une marge conséquente et ainsi de faire croître rapidement sa richesse pendant que l’ouvrier lui, n’aura pas assez d’argent pour subvenir à ses besoins les plus élémentaires. Voilà comment se crée l’inégalité entre l’employeur et l’employé. L’appauvrissement du second conditionne l’enrichissement du premier. Et puis, il ne faut pas oublier les salariés qui ont été licenciés dans le pays d’origine afin que l’usine puisse être délocalisée. Ils se retrouvent au chômage pendant que leur ancien patron s’enrichit. Ce dernier rejoignant doucement les 1% et eux glissant sûrement vers les 99%.

Deuxième exemple, les politiques agricoles notamment mises en place aux États-Unis et en Europe, comme la politique agricole commune en vigueur en Europe. Cette dernière subventionne la production agricole mais pas seulement. Elle subventionne aussi les exportations. Une politique qui ne manque pas de créer des désastres économiques et humains. En effet, prenons un agriculteur espagnol qui reçoit des subventions pour exporter ses poulets au Sénégal. Étant donné qu’il a reçu des subventions de la part de l’Union Européenne, il peut se permettre de baisser le prix de son poulet pour ainsi être plus compétitif sur le marché local. Cependant, l’agriculteur sénégalais, lui, n’a pas reçu de subventions, il ne peut donc pas se permettre de baisser le prix de son produit. Mais, pour les consommateurs à faible revenu, il est plus économique d’acheter le poulet européen, moins cher. Conséquence : l’agriculteur africain ne vend plus, il fuit vers la ville pour trouver un emploi et, comme dans la majorité des cas il n’en trouve pas, il décide de prendre le chemin de l’émigration pour venir parfois mourir en méditerranée. C’est encore un exemple qui démontre comment le Nord tente de maintenir certains pays du Sud dans la soumission et la domination. Des politiques injustes et inéquitables qui provoquent de graves conséquences et qui participent au creusement des inégalités entre le Nord et le Sud.

Crise pauvreté

“…un agriculteur espagnol […] reçoit des subventions pour exporter ses poulets au Sénégal [il peut donc] se permettre de baisser le prix de son poulet pour ainsi être plus compétitif sur le marché local […] l’agriculteur sénégalais, lui, n’a pas reçu de subventions [et] ne peut donc pas se permettre de baisser le prix de son produit. […] Conséquence : l’agriculteur africain ne vend plus, il fuit vers la ville pour trouver un emploi et, comme dans la majorité des cas il n’en trouve pas, il décide de prendre le chemin de l’émigration pour venir parfois mourir en méditerranée.”

 

Malheur aux pays du Sud qui osent se développer en toute indépendance…

Dans son célèbre ouvrage, L’ Impérialisme, stade suprême du capitalisme, Lénine montre comment le capitalisme, avide de nouveaux territoires, de nouveaux espaces, de nouvelles ressources pour se développer et écouler ses marchandises tente à travers l’exportation de capitaux de conquérir de nouvelles terres et de nouveaux marchés. L’histoire du capitalisme est intimement liée au colonialisme et à l’impérialisme. En effet, ce sont les ressources naturelles d’Amérique, d’Afrique et d’Asie qui ont permis au capitalisme de voir le jour, ce que Marx a appelé l’ « accumulation originaire ». Les siècles ont passé, les colonies ont acquis leur indépendance mais l’impérialisme, lui, est loin d’avoir disparu. Et les disparités, les inégalités de richesses entre le Nord et le Sud sont la conséquence de ces siècles d’exploitation et de pillage.

Les inégalités restent toujours importantes à cause de cet héritage du passé mais également parce que certains pays sont aujourd’hui devenus des néo-colonies. Certes, ils ne sont plus occupés militairement mais l’économie, elle, profite à la bourgeoisie du pays en question et à la bourgeoisie des pays du Nord. Ces inégalités sont la conséquence du pillage des ressources naturelles et des accords de libre-échange extrêmement défavorables aux pays du Sud tels que l’ALENA entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. Cette quête des ressources naturelles et énergétiques sont essentielles pour assurer la survie des grandes puissances. C’est pourquoi les gouvernements capitalistes occidentaux sont prêts à tout pour empêcher un pays du Sud de se développer de manière indépendante et autonome. Les puissances occidentales ont tellement été habituées à piller les ressources des pays du Tiers Monde en toute quiétude que lorsque des présidents progressistes, voire révolutionnaires, arrivent au pouvoir pour améliorer la vie de leur peuple, ils sont prêts à tout pour les renverser. L’indépendance économique est perçue comme un crime par les 1%. C’est pourquoi on a tenté de faire tomber Hugo Chavez, Fidel Castro, Evo Morales, Thomas Sankara, Patrice Lumumba, Gamal Abdel Nasser avec plus ou moins de succès. L’enjeu est clair : soit les pays du Sud se développent de manière souveraine et indépendante et ainsi les inégalités Nord-Sud diminueront, soit les puissances impérialistes continuent à mettre la main sur les ressources naturelles des pays en développement et, là, le fossé risque de grandir à une vitesse phénoménale.

Circulez y’a rien à voir

Il serait intéressant d’analyser le traitement ou plutôt le non traitement médiatique suite au rapport sur les inégalités. En effet, ce rapport a été traité de manière très timide, voire silencieuse, de la part des médias dominants. Quelques annonces et articles dans les JT, à la radio et dans les journaux, et puis plus rien. Pourtant, le sujet est particulièrement grave et mérite qu’on s’y arrête bien plus longuement. Mais rien à faire, l’élite journalistique, corollaire et complice de l’élite économique et financière n’a pas l’air très intéressée par ce sujet, pourtant d’une importance capitale pour l’avenir de l’humanité. On avait connu plus grande indignation de la part des médias… Un constat alarmant sur les inégalités évoqué vite fait bien fait et puis on en parle plus. Pas de véritable débat au sens démocratique du terme, c’est à dire des débats où s’affrontent des pensées, des idéologies et des projets (vraiment) contradictoires. Car en effet, nos médias nous ont plutôt habitués à des simulacres de « débats » où chaque intervenant prend la parole pour dire à la virgule près ce que son « opposant » a affirmé quelques minutes plus tôt. Pas d’édition spéciale non plus. Aucune recherche approfondie pour trouver les véritables raisons de ce fossé qui se creuse entre les hyper-riches et le reste de la société.

“Au fond, le message des médias est plutôt clair : pourquoi s’attarder sur des sujets auxquels on ne plus pas changer grand-chose ? [..] les problèmes comme les « inégalités » sont quasiment perçus comme des sujets d’ordre « naturel » contre lesquels on ne peut rien. Par conséquent, il est inutile de polémiquer sur ces derniers puisque le cours des choses ne changera pas.”

Au fond, le message des médias est plutôt clair : pourquoi s’attarder sur des sujets auxquels on ne plus pas changer grand-chose ? En effet, les libéraux considèrent presque l’économie comme une science exacte et les problèmes comme les « inégalités » sont quasiment perçus comme des sujets d’ordre « naturel » contre lesquels on ne peut rien. Par conséquent, il est inutile de polémiquer sur ces derniers puisque le cours des choses ne changera pas. Voilà en substance la vision des médias, ces dignes porte-paroles de la classe dominante. Et puis, on peut trouver la raison de ce silence coupable des médias en cherchant à qui appartiennent ces fameux organes de propagande. Et là, on y trouve peut-être une explication.

La plupart des organes de presse appartiennent à de puissants industriels, banquiers et hommes d’affaires. Et, comme par hasard, certains de ces patrons de presse comme M. Dassault, M. Pinault, M.Lagardère ou M.Arnault sont multi milliardaires. Pas étonnant alors que les médias, aux ordres de leurs patrons évoquent subrepticement ces chiffres sur les inégalités. Il ne faut surtout pas donner une mauvaise image des milliardaires. Ne surtout pas montrer comment ces nantis se sont enrichis, en exploitant des travailleurs, en les licenciant pour augmenter leurs profits et parfois en influant sur des gouvernements pour lancer la guerre à un pays et ainsi lui piller ses ressources naturelles.

Et puis enfin, ne surtout pas montrer que ces inégalités ne sont pas les fruits du hasard mais que ces dernières sont structurelles et inhérentes au système capitaliste. Dire cela pousserait sans doute plus de citoyens à se poser des questions sur le sujet et ainsi les pousserait éventuellement à la révolte. « Il y a toujours eu des riches, toujours eu des pauvres, la guerre a toujours existé, la faim a toujours existé, c’est comme ça, c’est la vie on n’y peut rien ». Pour résumer, « subissez et fermez-là ». Voilà le constat et les orientations que proposent les « nouveaux chiens de garde ».

Crise pauvreté

“« Il y a toujours eu des riches, toujours eu des pauvres, la guerre a toujours existé, la faim a toujours existé, c’est comme ça, c’est la vie on n’y peut rien ». Pour résumer, « subissez et fermez-là ». Voilà le constat et les orientations que proposent les « nouveaux chiens de garde ».”

Faire face à la résignation

Alors bien sûr, cette situation est loin d’être une fatalité. L’ONG Oxfam qui a réalisé l’enquête a avancé plusieurs pistes afin de lutter contre ces inégalités. Parmi elles, le retour de l’État Providence, un revenu garanti pour les plus pauvres, une lutte acharnée contre l’évasion fiscale, la gratuité des services publics ou encore une plus grande taxation des revenus du capital. Des mesures qui vont bien évidemment dans le bon sens, qui pourraient donner un bol d’air frais à l’économie et qui permettraient également de réduire les inégalités. Néanmoins, ces solutions ne sont pas du goût de tout le monde. En effet, pour Nicolas Doze, chef du service économie de la très libérale chaîne française d’information BFMTV, les solutions proposés par l’ONG sont « dogmatiques ». Encore une manière de pousser les gens à la résignation en leur faisant comprendre que des solutions progressistes ou radicales sont bonnes pour la poubelle.

Mais au fait qui fait preuve de dogmatisme ? Les propositions formulées par l’ONG sont-elles vraiment « dogmatiques » ou bien tout simplement réalistes et adaptées à la gravité de la situation ? Taxer plus fortement le capital, c’est être dogmatique maintenant ? Assurer des services publics pour tous, c’est être irresponsable ? Allons, les vraies dogmatiques dans l’histoire ce sont ces fanatiques de la religion libérale qui ne connaissent aucun autre discours que celui qui prône le désengagement de l’État, la suppression des 35 heures et l’autorisation du travail dominical. Et même les échecs patents de leurs politiques ne les font pas changer d’avis. Ils promettent plein emploi et croissance. Résultat, les pays sont en récession et le chômage ne cesse de bondir jour après jour. Mais, pas grave, ils persistent et signent. Si ça, ce n’est pas être dogmatique, il faut alors m’expliquer ce qu’est le dogmatisme. Une chose est sûre dans cette histoire, c’est que les citoyens n’ont strictement rien à attendre des partis dominants, et plus généralement de l’État, en tout cas de cet État. Les responsables politiques ne sont pas la solution, ils sont le problème. Cet Etat, quant à lui, n’est là que pour servir les intérêts de la classe dominante. La classe politique n’étant que la garante institutionnelle et politique de la classe possédante.

” Assurer des services publics pour tous, c’est être irresponsable ? Allons, les vraies dogmatiques dans l’histoire ce sont ces fanatiques de la religion libérale qui ne connaissent aucun autre discours que celui qui prône le désengagement de l’État, la suppression des 35 heures et l’autorisation du travail dominical. Et même les échecs patents de leurs politiques ne les font pas changer d’avis. Ils promettent plein emploi et croissance. Résultat, les pays sont en récession et le chômage ne cesse de bondir jour après jour. Mais, pas grave, ils persistent et signent. “

Les solutions avancées par l’ONG vont dans le bon sens mais ne doit-on pas être plus radical ? Là est toute la question. La sortie du modèle néolibéral est une urgence absolue, partagée par des millions de citoyens européens. Mais après ? Laisse-t-on au capital le rôle de diriger l’économie ? Doit-on continuer à subir la dictature d’une petite élite parasite qui ne représente personne sinon elle-même ?

Après la crise de 2008, Nicolas Sarkozy avait plaidé pour une « moralisation du capitalisme ». Mais peut-on moraliser l’immoral ? Le capitalisme est par essence un système extrêmement violent. Les crises, les bouleversements, les catastrophes qu’il provoque font de lui le principal danger pour la survie même de l’espèce humaine. Réguler le capitalisme est une idée partagée par de nombreuses personnes, mais cela reste une idée largement inoffensive. Ne doit-on pas au contraire confier au travail, c’est à dire aux salariés, aux créateurs de richesses, la gestion même de l’économie ? Et puis n’oublions pas la question centrale de la démocratie. Celle-ci est complètement noyée dans le capitalisme. Elle n’existe pas. La preuve, si elle existait, les richesses seraient déjà beaucoup mieux partagées.

Alors voilà, le monde est aujourd’hui à un carrefour essentiel de son histoire. Les bouleversements politiques, économiques, géopolitiques qui jalonnent le monde sont en train de façonner la planète de demain. De grandes puissances sont en déclin, d’autres montent en puissance. De nouveaux acteurs, de nouveaux pays viennent frapper à la porte du concert des nations du monde. Nous avons la chance de vivre la fin d’un monde, la fin d’une époque, la fin d’une hégémonie (occidentale). Reste maintenant à savoir quels chemins nous choisirons pour créer un nouveau modèle de civilisation. Continuerons-nous à suivre ce même système, dans cette même société impitoyable, inhumaine, ou bien dirigerons-nous vers des sociétés plus égalitaires et définitivement libérées du joug de l’argent ?

Les inégalités peuvent être des facteurs de fragilisation de la cohésion sociale. Elles peuvent également être l’élément déclencheur d’une lutte entre les différentes composantes de la société, lassées d’un système injuste et qui ne les représente pas.

Le combat sera long mais il vaut la peine d’être vécu !

Source :

Investig’Action, Tarik Bouafi.

Journaliste indépendante et animatrice à Radio France, je vous informe sans concession !

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Comments (17)

  1. Ça se saurait : Je comprends ce que tu décris mais effectivement je ne le ressens pas, je ne sais pas non plus ce qu’est une personne comme moi mais si cela peut aider à l’équilibre d’une personne comme toi alors c’est une bonne chose.
    Lutter contre sa propre nature est une chose nuisible je pense, et vaine qui plus est. Je demandais si tu étais une vraie gentille ou une vraie naive car justement je n’avais pas la réponse, ton explication de ton ressenti m’aide à y voir plus clair.

    Fabien : Je te remercie moi aussi d’échanger de la sorte, je ne m’attendais pas en arrivant sur ce site à y écrire autant de mots.
    Et je suis bien d’accord avec toi, ce sujet mérite bien plus de nuances et de profondeur.
    Si l’équation du nénuphar n’est citée que pour les catastrophes c’est parce-qu’elle illustre à merveille la nature des hommes à ne rien anticiper, préférant guérir plutôt que prévenir.
    En effet il est clair qu’un effort est à fournir, mais rares sont ceux qui veulent voir plus loin que les apparences du présent, ou que le bout de leur nez.

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    Eric - 12 février 2016
  2. Un article comme j’aime qui remet les pendules à l’heure et surtout qui permet de ne pas oublier… Les solutions proposées par cette ONG sont louables mais j’irai même plus loin: la disparition du capitalisme serait bénéfique pour les peuples.

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    Jia - 12 février 2016
    1. Le problème est-il réellement le capitalisme ou bien les personnes qui en usent?

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      Eric - 12 février 2016
  3. Excellent article… c’est bien le problème !
    Si pertinent et corrosif soit-il, j’ai peur qu’il finisse (si ce n’est déjà fait) dans les oubliettes qu’il dénonce, noyé dans une impressionnante collection de pamphlets qui l’ont précédé, ou de subir un caricatural étiquetage, assez facile sur certains passages.
    J’ai l’impression qu’il va soit conforter des vérités déjà connues chez des personnes déjà convaincues, soit amplifier le sentiment de rancœur (dont tu parles dans un autre article) chez ceux déjà portés à l’opposition, la rupture, le désespoir et éventuellement la violence.
    Je m’interroge sans cesse sur la portée des choses, l’utilité réelle, l’incidence directe dans la vie, le pouvoir d’éveil des consciences les plus fermées (par choix ou ignorance), sans prétendre savoir, juste par l’intuition que c’est nécessaire.
    J’apprécie et admire beaucoup son raisonnement, cependant à la fin de la lecture, si je dois honnêtement dire ce qui reste dans mon cerveau passoire, c’est le sentiment qu’il existerait un « groupe des 1% », composé « des riches », qui se joueraient des lois et abuseraient de nous, mais surtout que ce « groupe » semble organisé, comme s’il se réunissait chaque semaine pour savoir quel nouveau « coup » il va nous faire. Je n’aime pas cette idée dans mon cerveau, elle est dangereuse et inutile.
    Je ne conteste pas la réalité des injustices, mais j’ai du mal avec tout discours qui divise et qui ne propose pas suffisamment, ne responsabilise pas suffisamment, qui laisse entendre que le problème c’est les riches. Pour ironiser avec Coluche, je me demande alors pourquoi tout le monde veut le devenir ? A commencer par moi.
    Le problème est sûrement politique avant tout, et son article, par moments, mélange allègrement ce « groupe » de profiteurs et les dirigeants politiques, flirtant avec l’amalgame quand même. Toujours pareil, je ne conteste pas l’existence de la cupidité et de la corruption, mais je différencie :
    – les fortunes privées, parfois usurpées, parfois méritées (on ne cherche jamais à savoir ce qu’un banquier par exemple fait de généreux et de désintéressé dans sa vie privée, on l’en croît souvent incapable à causes des discours pas assez nuancés, et pourtant). J’en ignore certains, en respecte la plupart.
    – la sphère politique imparfaite mais où il y a un vrai levier d’action, par les choix quotidiens dans tous les domaines, par un pouvoir réparti entre nous tous, et que beaucoup abandonnent parce qu’ils n’y croient pas, par facilité, ou par bonne conscience ( ??? de quoi).
    Désolé pour ce long argumentaire, mais je pense réellement que le besoin prioritaire n’est pas un énième constat alarmiste et une énième condamnation (même justifiée), mais plutôt des motifs d’espoir et de volonté. La question n’est pas pour moi de savoir qui a tort et quand ça a commencé, mais ce que l’on met en place en terme d’éducation et de culture pour que ça change. Le corollaire qui me questionne aussi, c’est comment le faire de façon « accessible » et non dans un carcan intellectualiste nécessaire pour construire la pensée, mais qui doit être ensuite dépassé pour être utilisable simplement.
    Et puisqu’on parle de 1%, en se basant sur les rapports de ces ONG, on pourrait tout aussi bien se réjouir de savoir qu’en réaffectant seulement 1% du budget mondial de l’armement à l’aide au développement, on réglerait instantanément la faim dans le monde. On va me dire qu’ « ils » ne voudront pas, je sais. Mais si on l’exigeait avant le maintien de quelques-uns de nos acquis douteux ?
    Voilà, le bisounours alpin te remercie encore une fois pour tes propositions de réflexions (et attend toujours ton article sur l’évolution).

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    Fabien - 31 janvier 2016
    1. Tu es toujours aussi surprenant et inattendu dans tes pensées et c’est très rafraîchissant !
      Je suis d’accord avec toi sur le :-simplifions le message pour qu’il soit entendu -agissons plutôt que de se complaindre et voyons le positif à venir.
      En revanche je trouve quand même que pour régler un problème, en connaître les causes est essentiel parce que c’est par ce même levier, une fois la chose identifiée que l’on va pouvoir agir (disons que connaître la cause c’est avoir au moins une partie de la réponse).
      Je pense aussi que ce genre d’article va rester aux oubliettes mais je trouve cela malheureux car, je suis désolé, mais je trouve que l’on n’entend pas souvent ce genre de discours (même plus atténué) bien souvent, d’où mon relais.

      Bref, nous n’avons pas encore toutes les solutions mais tant que les générations à venir ont l’envie de ne pas se laisser faire le vent devrait tourner à un moment ou à un autre 🙂

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      Ca Se Saurait - 31 janvier 2016
      1. L’important c’est l’optimisme et la volonté du plus grand nombre, nous sommes d’accord Sabrina, ainsi que sur le fait que pour la société (comme pour la santé d’ailleurs), le plus important est de cerner et de comprendre parfaitement les causes avant d’agir et de parler. Mais plutôt que de le stigmatiser et lutter contre, ma philosophie est d’accepter et d’accompagner le symptôme dans lequel est inscrit le problème ET la solution, dans le corps physique comme dans le corps social.
        Je tire mon chapeau à Tarik Bouafia pour l’ensemble de son travail d’enquête et d’information, et tu as bien raison de le relayer. C’est rigolo cette différence de ressenti concernant la masse de discours similaires, il faut que je revoie mes horizons d’explorations car souvent on trouve ce qu’on cherche… et ça peut enfermer.
        Je ne m’aviserai pas de juger son investissement, seulement la forme, et encore. Juste un peu plus de soleil ou de légèreté dans ses attaques, moins de « cibles » et plus de propositions, ça mange pas de pain et ça rassure beaucoup je crois. En tout cas, si le ton est parfait pour Investig’Action (que je ne critique pas, je me suis même abonné du coup), je constate au quotidien que le message passe mieux quand il est un poil moins « énervé ».
        Il y a une autre chose que je constate au quotidien, c’est le basculement de quelques individus vers moins d’égoïsme. C’est lent et progressif mais réel quand on s’y intéresse. C’est pourquoi je fais une parenthèse toute amicale à Eric : es-tu vraiment persuadé que la mentalité humaine ne peut pas évoluer et nous condamne éternellement au navrant tableau actuel ? Evoluer librement, donc avec des heurts, est notre nature même, non ? Les belles montagnes et les beaux fleuves que nous admirons, la nature entière n’est-elle pas le fruit de luttes et de frictions pour un résultat magnifique ? Et si un individu est capable, au pied du mur, de changer radicalement, pourquoi serait-ce impossible pour la race humaine dans son ensemble ?
        Je pense que les inégalités sont nécessaires justement au processus d’évolution, seule l’injustice est à combattre pas à pas. Tu as bien raison de dire que ce n’est pas un problème d’argent uniquement, d’ailleurs je remplace le « 1% du budget de l’armement » par « 1% des efforts tournés vers une attitude haineuse », et effectivement du coup bien plus se retrouvent concernés. Merci.
        En fait je me refuse simplement à la double fatalité soit d’une humanité foncièrement mauvaise, soit d’une issue unique exigeant la violence. Je crois qu’il est possible d’utiliser l’imparfaite avancée de la société humaine pour bâtir dessus (et avec) patiemment et gonflés d’espoir.
        Une révolution porte sa circularité dans son nom, tandis qu’une évolution est autrement plus positive. Mais on n’évolue qu’avec l’existant, quel qu’il soit et je ne pense pas que cela soit si inaccessible ou éloigné. Par contre cela passera à mon avis par une éducation différente des plus jeunes, un coup de pouce au quotidien pour ceux prêts à relever les manches, et des trésors de compréhension, de pardon et de proximité pour les aveuglés.
        Alors, suis-je fou de croire aux miracles ?

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        Fabien - 1 février 2016
        1. Oui l’article est long et pas positif c’est sûr mais il faut de tout, de même qu’il y a des moments pour s’indigner et d’autres pour agir mais je suis d’accord sur la touche positive finale qui est toujours une bonne chose (mais je crois que là lui-même ne peut détailler rapidement la solution tant elle implique de nombreuses choses^^) mais tu sais que je partage ton avis sur le sujet puisque c’est ce que je fais ici (d’être positive) 🙂

          Je suis souvent partagée sur la nature humaine en ce sens que si je regarde le monde tel qu’il est non pas tel que je voudrais qu’il soit/tel que je l’aime/tel que je le hais j’ai vraiment l’impression d’un énorme mélange de bien et de mal avec quand même, du à l’égoïsme principalement, une prédominance pour le mal Un mal vaut il deux bonnes actions je ne sais pas mais j’ai parfois l’impression qu’il laisse une impression plus durable (et pourtant je suis trèèèèès positive donc ce n’est pas un focus de ma part sur lui) mais vraiment le constat est assez navrant et je comprend ceux comme Eric qui n’y croient plus ou pas parce que c’est vrai que c’est pas joli joli à regarder en ce moment même si il y a pleins de trucs bien et des moments de grâce Perso au quotidien je rencontre moins de 2 % de la population qui soit comme moi, qui cherche à s’intéresser aux autres, à leur apporter, qui soit capable de sacrifice, qui s’engage (à divers degrés), qui agit pour l’autre ou pour les siens, qui a du cœur, qui veut échanger, partager, rire… donc bon j’ai beau être optimiste sur la nature humaine, force est de constater que j’ai été obligée par ma vie de m’en prémunir (sans me fermer pour autant ce qui est un équilibre délicat) parce qu’en tant que vraie gentille je crois que tout le monde est comme moi et jusqu’à maintenant j’ai à 99 % été déçue. Mesquinerie, jalousie, égoïsme, mal-être retourné vers celui qui se sent au contraire à l’aise… bref oui l’homme me donne peu d’espoirs de réjouissances mais je me dis que oui, d’après ce que je vois on peut aussi y arriver, peut-être les nouvelles générations. Je ne sais pas et franchement je m’en fiche je vivrais ma vie et ce que j’ai à vivre, arrivera ce qui arrivera moi je fais ma part 🙂
          Ceci dit il se peut aussi que, si notre présence ici a un but nous ne l’atteignions pas, tout est possible !

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          Ca Se Saurait - 1 février 2016
    2. La faim dans le monde n’est un problème que pour ceux qui en souffrent…
      Ce n’est pas un problème d’argent au niveau international, les récoltes actuelles peuvent subvenir aux besoins de toutes les populations qui meurent de faim.
      Mais bon ces récoltes servent à nourrir les bétails qui servent à nourrir les pays développés comme le notre…

      C’est un bon exemple qui montre à quel point la situation implique beaucoup plus de monde qu’on ne le croit (à commencer par nous même), et pas seulement les quelques milliardaire et politiciens qui sont au sommet de la société.

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      Eric - 1 février 2016
    3. fabien :
      Je pense que les mentalités évoluent dans la forme, au même titre et au même rythme que notre société, mais le fond lui ne change pas, toutes ces injustices en sont la résultante, et apparemment c’est comme cela depuis la nuit des temps.
      La nature ne court pas à sa propre perte, contrairement à nous, et nous avons tout intérêt à prendre exemple sur elle dans bien des domaines.

      En général c’est justement au pied du mur que l’on voit la vraie nature des gens et non leur masque. Je ne pense pas que les gens changement vraiment, certains se révèlent (meilleur ou pas) avec le temps, s’usent, mais rien de plus. Et comme tu le soulignes, il faut attendre d’être au pied du mur (généralement synonyme de catastrophe) pour voir un changement de comportement.

      Je ne pense pas que tu sois fou non (en tout cas ce que tu dis est cohérent) et il est vrai que comme pour tout futur, cela passera par la jeunesse et surtout par des pertes en tout genre. C’est triste à dire mais l’Homme à besoin de perdre ce qu’il a pour en mesurer la valeur.

      ça se saurait : Contrairement à ce que l’on pourrait croire en me lisant, je suis d’une nature très positive dans le fond, mais aussi très très réaliste, qu’il ne faut pas confondre avec du pessimisme ou de la négativité. Je connais très bien la nature humaine, ce qui me permet d’éviter les déceptions dans 99% des cas et de ne pas me tromper de combat (quand je vois 1 homme en maltraiter 100 autres, je vois 101 personnes qui ont un problèmes, et non 1, ce qui est bien trop facile). Vraie gentille ou vraie naïve?

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      Eric - 3 février 2016
      1. Oui Eric, bien sûr, persister à répéter sans cesse la même erreur peut-être soit très con soit très naïf, soit autre chose d’encore plus complexe… 🙂
        Cette tendance, que l’on confère notamment aux surreficients mentaux et aux hypersensibles, à voir le monde selon ce qu’on pourrait croire être un prisme est à mon sens une notion très complexe, notamment car reliée et jugée elle-même par le prisme des autres^^. Nous voyons tous le monde à travers notre prisme (la physique quantique nous en parle très bien et ouvrira peut-être à ce propos des façon de voir inenvisageables jusqu’à maintenant) mais certains doivent lutter toute leur vie pour comprendre que ce qu’ils sont eux (gentils, tournés vers l’autre) n’est pas ce qu’est tout le monde, tout simplement car le mal brut n’existe pas vraiment en eux. Aussi incroyable que cela puisse paraître, et sans que cela procède forcément à une névrose ou à de la stupidité, certains comme Fabien et moi ne sont pas vraiment capables de nuire volontairement, aiment à agir selon leurs convictions et à rester profondément optimistes malgré les revers de la vie, profondément tournés vers l’autre malgré les gifles prises. Pour t’exprimer profondément ce que me fais ressentir ce sentiment je vais te citer le Gai Savoir de Nietzsche qui en parle à merveille.

        3. Noble et vulgaire.
        Aux natures vulgaires tous les sentiments nobles et généreux paraissent impropres et, pour cela, le plus souvent invraisemblables : ils clignent de l’œil quand ils en entendent parler, et semblent vouloir dire : « Il doit y avoir là un bon petit avantage, on ne peut pas regarder à travers tous les murs » : – ils se montrent envieux à l’égard de l’homme noble, comme s’il cherchait son avantage par des chemins détournés. S’ils sont convaincus avec trop de précision de l’absence d’intentions égoïstes et de gains personnels, l’homme noble devient pour eux une espèce de fou : ils le méprisent dans sa joie et se rient de ses yeux brillants. « Comment peut-on se réjouir du préjudice qui vous est causé, comment peut-on accepter un désavantage, avec les yeux ouverts ! L’affection noble doit se compliquer d’une maladie de la raison. » – Ainsi pensent-ils, et ils jettent un regard de mépris, le même qu’ils ont en voyant le plaisir que l’aliéné prend à son idée fixe. La nature vulgaire se distingue par le fait qu’elle garde sans cesse son avantage en vue et que cette préoccupation du but et de l’avantage est elle-même plus forte que l’instinct et le plus violent qu’elle a en elle : ne pas se laisser entraîner par son instinct à des actes qui ne répondent pas à un but – c’est là leur sagesse et le sentiment de leur dignité. Comparée à la
        nature vulgaire, la nature supérieure est la plus déraisonnable – car l’homme noble, généreux, celui qui se sacrifie, succombe en effet à ses instincts, et, dans ses meilleurs moments, sa raison fait une pause. Un animal qui protège ses petits au danger de sa vie, ou qui, lorsqu’il est en chaleur, suit la femelle jusqu’à la mort, ne songe pas au danger de la mort; sa raison, elle aussi, fait une pause, puisque le plaisir que lui procure sa couvée ou sa femelle et la crainte d’en être privé le dominent entièrement, il devient plus bête qu’il ne l’est généralement, tout comme l’homme noble et généreux. Celui-ci éprouve quelques sensations de plaisir ou de déplaisir avec tant d’intensité que l’intellect devra se taire ou se mettre au service de ces sensations : alors son cœur lui monte au cerveau et l’on parlera dorénavant de « passion ». (Çà et là on rencontre aussi l’opposé de ce phénomène, et, en quelque sorte, le « renversement de la passion », par exemple chez Fontenelle, à qui quelqu’un mit un jour la main sur le cœur, en disant :« Ce que vous avez là, mon cher, est aussi du cerveau. ») C’est la déraison, ou la
        fausse raison de la passion que le vulgaire méprise chez l’homme noble, surtout lorsque cette passion se concentre sur des objets dont la valeur lui paraît être tout à fait fantasque et arbitraire. Il s’irrite contre celui qui succombe à la passion du ventre, mais il comprend pourtant l’attrait qui exerce cette tyrannie; il ne s’explique pas, par contre, comment on peut, par exemple, pour l’amour d’une passion de la connaissance, mettre en jeu sa santé et son honneur. Le goût des natures supérieures se fixe sur les exceptions, sur les choses qui généralement laissent froid et ne semblent pas avoir de saveur; la nature supérieure a une façon d’apprécier qui lui est particulière. Avec cela, dans son idiosyncrasie du goût, elle s’imagine généralement ne pas avoir de façon d’apprécier à elle particulière, elle fixe au contraire ses valeurs et ses non-valeurs particulières comme des valeurs et des non-valeurs universelles, et tombe ainsi dans l’incompréhensible et l’irréalisable. Il est très rare qu’une nature supérieure conserve assez de raison pour comprendre et pour traiter les hommes ordinaires en tant qu’hommes ordinaires : généralement elle a foi en sa passion, comme si chez tous elle était la passion restée cachée, et justement dans cette idée elle est pleine d’ardeur et d’éloquence. Lorsque de tels hommes d’exception ne se considèrent pas eux-mêmes comme des exceptions, comment donc seraient-ils jamais capables de comprendre les natures vulgaires et d’évaluer la règle d’une façon équitable! – Et ainsi ils parlent, eux aussi, de la folie, de l’impropriété et
        de l’esprit fantasque de l’humanité, pleins d’étonnement sur la frénésie du monde qui ne veut pas reconnaître ce qui serait pour lui « la seule chose nécessaire ».-
        C’est là l’éternelle injustice des hommes nobles.

        Voilà. Je crois donc que si tu ne comprends pas ce sentiment, que tu l’interprètes comme de la naïveté, c’est que très certainement tu ne le ressens pas. Aucun jugement et rien de grave là-dedans, chacun est différent et c’est très bien comme ça. Mon conjoint te ressemble beaucoup dans la pensée soit donc assuré que ce n’est pas là une insulte déguisée ou un réactivisme de ma part à une critique (je les accepte toutes). Je ne dis pas que tu es négatif puisque je pense que des gens comme toi sont nécessaire à l’équilibre de gens comme moi, simplement je pense que bien au delà d’une simple naïveté, c’est une caractéristique si profondément ancrée en nous que c’est procéder à une lutte intérieure épuisante que de lutter sans arrêt contre. Hormis cette lutte nous vivons la même vie que tout un chacun, nous vivons entourés des mêmes êtres (et crois moi j’ai eu ma part je n’ai pas eu forcément une vie dorée) et pourtant, et pourtant nous n’en tirons pas les mêmes conclusions et restons optimistes (mais aussi très triste très souvent). Bref, difficile de mettre des mots sur un sentiment si profond et si complexe mais j’espère que cela t’aura aidé à comprendre que c’est à mon avis une erreur que de croire que cela procède à une simple naïveté de voir le monde et de porter les espoirs que Fabien et moi-même portons.

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        Ca Se Saurait - 3 février 2016
      2. Merci pour cet échange Eric. C’est toujours un plaisir de pouvoir utiliser les différences de sensibilité pour avancer ensemble.
        Je pense que tout cela dépasse le trop simple clivage optimiste/pessimiste, et qu’il y aurait une dimension « spirituelle » à y ajouter, mais ce n’est pas le lieu.
        Notre époque a rapidement fait de réduire l’optimisme à la naïveté et/ou à la facilité, et j’avoue que cela peut être le cas. Mais des recherches longues et objectives, sans se voiler les yeux sur l’existence et sûrement la nécessité des aspects les plus sombres, peut aussi mener à la confiance. J’en témoigne, et pourtant je ne partais pas dans cet esprit.
        On ne cite la fameuse équation du nénuphar que pour les catastrophes mais je pense qu’elle s’applique aussi pour les cercles vertueux. Mais il est vrai que pendant les 29 premiers jours, il faut un effort pour dépasser les apparences.

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        Fabien - 3 février 2016
  4. “Une société que nous sommes 99 % à détester mais que nous endurons encore, on ne sait trop pourquoi…” : Peut-être parce que justement il n’y’a pas 99% qui la détestent. Cette société profite à plus que d’autres, 1% la dirige et en tire le maximum de profit, mais cela ne veut pas dire que les 99% restant la déteste. Il n’y’aurait pas autant de gens qui jouent au loto si ils détesteraient cette société et tout le confort qu’elle peut apporter, surtout en montant dans la pyramide.

    “les problèmes comme les « inégalités » sont quasiment perçus comme des sujets d’ordre « naturel » contre lesquels on ne peut rien” : Le pire c’est que cela est tout à fait vrai.

    “Le combat sera long mais il vaut la peine d’être vécu !” : Je n’ai pas compris, de quel combat s’agit-il? Si c’est contre les inégalités, peut-on seulement penser réellement pouvoir changer la mentalité humaine?

    Nous naissons tous différents, la mentalité humaine est surement la pire de toutes celles des êtres vivants sur cette planète, ces deux faits génèrent des inégalités à tous les niveaux. Je comprends le fait de vouloir améliorer cela, dans la mesure du possible, mais l’éradiquer revient à dire changer la race humaine.

    Refaire un nouveau modèle de civilisation, pourquoi pas, mais où allons nous trouver de nouveaux êtres pour la faire vivre? 😉

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    Eric - 31 janvier 2016
    1. Oui, tu as certainement raison, j’ai grossi le trait et si l’on compte les classes supérieures et moyennes disons que c’est moins 99 % qui déteste vraiment ce monde (comme j’en parlais dans Naufrage français : jeter les plus faibles par-dessus-bord, une solution, vraiment?).
      Pour le loto je pense justement que ce sont ceux qui souffrent le plus de la pauvreté qui y jouent le plus (d’ailleurs je crois que c’est prouvé même si je n’ai plus les stats en tête), ce sont ceux qui souffrent le plus de la pauvreté qui rêvent de toucher un miraculeux jackpot. Je vois très peu de gens qui gagnent déjà bien leur vie y jouer et ceux qui y jouent pensent juste au “miracle du gain”, pas au système qu’ils peuvent encourager en faisant cela, enfin c’est mon avis.

      Effectivement les inégalités sont perçues comme naturelles mais le rôle de la démocratie n’est-il pas justement d’y pallier a minima (enfin c’est ce à quoi je pense quand je lis “égalité” sur les frontons de nos mairies…
      Pour la phrase de fin je pense qu’elle est ouverte puisque la solution n’est pas encore trouvée ou peut être multiple 🙂
      Les nouveaux êtres seront les nouvelles générations quant aux anciens ils peuvent aussi changer mais tout est affaire de conviction !

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      Ca Se Saurait - 31 janvier 2016
      1. Quand je parle du loto c’est juste pour montrer que les gens ne détestent pas la société, juste la place qu’ils occupent en son sein, c’est très différent.
        Ces mêmes personnes seraient plus heureuses (enfin c’est ce qu’elles croient) dans cette même société si elles avaient une position plus avantageuse financièrement, d’où l’envie stupide de gagner au loto.

        Mais en aucun cas, surtout ici en France, des personnes censées et franches n’auraient réellement envie de troquer leur petite misère contre la dure réalité d’un pays du tiers-monde.

        Le rôle de la démocratie est de donner le pouvoir au peuple en théorie, mais quiconque a déjà essayer de mettre d’accord ne serait-ce que 10 proches sait à quel point l’intérêt personnel prime sur tout pour la majorité des gens… Faut-il écouter cette majorité? Notre monde comme notre société est bien divisé, à l’image de cette majorité.

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        Eric - 1 février 2016
  5. Très bel article, et magnifiques portraits de SDF, on peut en avoir la source ? Merci d’avance

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    virginie - 30 janvier 2016
    1. Merci Viriginie et oui pour les crédits photo je l’ai mis en filigrane sur la première photo (pas sur toutes je n’avais pas le temps), ce sont des portraits libres de droit réalisés par Leroys qu’il a partagé sur le site Pixabay 🙂 (ils laissent je trouve aussi une impression très forte 🙂 )

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      Ca Se Saurait - 30 janvier 2016
  6. Merci, très bel article !

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    Jeremy opinet - 30 janvier 2016