Pourquoi devient-on orthorexique ? Mon témoignage sur France 5

Journaliste indépendante et animatrice à Radio France, je vous informe sans concession !

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Commentaires (13)

  1. Je pense que le problème principal est le manque d’information. On se jette sur le premier régime sans avoir la base de la nutrition. C’est ce qui expliquait l’effet YoYo qui me suivait depuis des années.

    Mais une fois que j’ai lu beaucoup de livres sur le sujet de la nutrition naturelle, j’ai acquéri un sens de la critique NÉCESSAIRE pour peser le pour et le contre des régimes qu’on nous met sous le nez.

    Et puis je pense qu’il s’agit tout d’abord de choisir le résultat désiré.

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    La Green demoiselle - 21 septembre 2017
  2. J’arrive un peu après la bataille… mais je n’avais pas, jusqu’ici, pris le temps de regarder le documentaire. très intéressant et révélateur des limites, quel que soit le type d’excès (mal bouffe vs “trop” soi disant bonne bouffe)!
    mais il me semble qu’au-delà de l’orthorexie, il existe aussi une autre sorte de pression : je ne sais pas du tout comment on peut la nommer, mais elle est tout à fait liée aussi à la relation santé / bien-être. je m’explique !
    ayant subi de plein fouet l’effet boomerang dans ta tronche à l’arrêt de ma pilule (acné +++), j’étais complétement désemparée sur les “solutions” : que faire pour limiter les dégâts ? devant la maigre considération du corps médical (c’est encore un autre sujet), je me suis débrouillée toute seule… et là, c’est le drame.
    “non mais c’est le gluten” “non mais c’est le lait” “non mais c’est tes cosmétiques” “non mais c’est le saucisson” “non mais c’est le chocolat”
    –> non mais merdeuh ! je ne vais plus rien manger ou quoi ? sachant que je consommais déjà quasiment plus de viande et beaaauuucoup de légumes, que j’étais modérément gourmande…bref, que j’avais depuis longtemps une alimentation équilibrée et dans la mesure du possible, respectueuse de l’environnement et des humains (local +++ et aucun plats préparés ou équivalent : je fais ma popote).
    et là, franchement, c’est aussi une pression qui est dure à vivre, car on ne sait plus quoi manger ! Et ce constat va au-delà du problème de l’acné ! ayant aussi des maux de ventre chroniques (que j’estime être bien bien influencés par mon système repro qui chie un peu mais un jour je vais arriver à comprendre), j’ai eu le même réflexe de chercher l’info et globalement, j’ai lu les mêmes “recommandations”
    “non mais c’est les fodmap” “non mais c’est le gluten” “non mais c’est les produits laitiers” “non mais c’est…”
    et rebelote, manger devient une véritable angoisse car on a l’impression de faire des erreurs et d’empirer notre état (alors que j’ai pu remarquer qu’il y a un gros effet de “j’ai peur de manger” –> “je mange pas sereinement” –> “j’ai mal au ventre” –> “j’arrête de manger du coup” etc… une somatisation globale qui s’installe et qui n’arrange rien du tout si ce n’est de nous rendre malheureux.
    je ne sais pas si je suis claire, mais en gros, j’essaie de dire qu’on se fout tous la pression les uns les autres en croyant détenir laaaaa vérité sur “pourquoi tu as des boutons” ou “pourquoi tu as mal au ventre” et on finit par être tous névrosés car on ne sait plus quel régime adopter. 🙂 et c’est quand même bien bête (quand je dis nous, j’inclus les blogs, les pros, les discussions banales en soirée, etc….). et que même si c’est tarte à la crème (ah bah bonjour les boutons), je crois que même si le lien santé/alimentation est indéniable et incontestable, il y a d’autres facteurs qui rentrent en compte.
    et d’ailleurs, mes 3 mois d’antibio pour l’acné (alors que j’étais réticente et dubitative) ont très bien fonctionné (mais c’était couplé avec une alimentation et une hygiène de vie équilibrées !).
    bon, ce n’est pas un coup de gueule, mais ça y ressemble un peu 🙂
    merci sabrina en tout cas de mettre en lumière ces questions là !!!

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    lulucooper - 30 août 2017
    1. Amen LuluCooper ! Tu mets le doigt sur un véritable phénomène de société que j’ai aussi observé en tentant à chaque fois d’expliquer aux gens d’arrêter de culpabiliser quelqu’un systématiquement parce que la réponse est souvent profonde, globale et que, quand un problème de santé est “trop fort”, le facteur alimentation reste important mais souvent pas “décisif” pour traiter les symptômes. J’ai découvert cela exactement dans le même cadre que toi : arrêt de la pilule, gros bouleversements hormonaux, acné, troubles divers et chroniques très désagréables. Mon corps s’en remet à peine et cela fait trois ans que j’ai arrêté la pilule. Ni le fait de manger du gluten ou des produits laitiers n’a joué un rôle réellement décisif dans la disparition de mes symptômes, en revanche le temps et l’auto stabilisation hormonale de mon corps, oui.

      C’est un problème de santé publique majeur d’ailleurs que le corps des femmes se retrouve souvent plus mal en point après contraception médicale qu’avant et c’est tout l’objet de mon livre à paraître ce 6 septembre (J’arrête la pilule). Notre système hormonal est “juste” le chef d’orchestre de l’ensemble des fonctions de notre corps, on en ignore encore beaucoup à ce sujet et pourtant on se permet de venir le bouleverser tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, générant des effets secondaires dont nous n’avons à l’heure actuelle pas encore pris totalement la mesure… Je pense que mon enquête t’intéresseras car tu risques de trouver de nombreuses pistes de réflexion concernant tous les problèmes que tu me décris. Ajoutons au passage qu’il est prouvé de manière fiable et scientifique depuis les années 1960/70 que de nombreux patients qui prennent des hormones synthétiques comme celles de la pilule déclenchent par la suite des allergies alimentaires.

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      Sabrina Debusquat - 30 août 2017
      1. Réponse de Lulu Cooper, envoyée par mail faute de filtre anti-spam un peu trop zélé :

        Merci beaucoup pour ta réponse ! J’attends avec impatience la sortie de ton livre : j’ai hâââââte… (d’autant plus quand tu spoiles les thèmes que tu vas aborder héhéhé !) !
        Mon corps se remet également petit à petit de cette foutue pilule, arrêtée en janvier 2016. Deux, trois ans, à l’échelle d’une vie ce n’est pas grand chose (même si la “souffrance” des symptômes est bien réelle) ! Mais on veut tellement que tout aille très vite, de l’instantané (merci la société actuelle), qu’on oublie que notre corps n’est PAS une machine, et qu’il ne suffit pas de vouloir et de changer un programme pour que ça “fonctionne”. Je suis tout à fait d’accord avec toi que c’est un système global, dont les hormones jouent un rôle décisif et inconnu (voire sous-estimé). Pas étonnant qu’on puisse détraquer pas mal de choses les manipulant.
        Enfin, en tout cas, pour résumer, si on pouvait éviter de se rajouter en plus une pression sur notre alimentation (qui est déjà bien présente pour notre génération (25-40 ans)), ça serait chouette ! Car le repas est quand même un beau moment, de partage, de découverte et de plaisir (ce qui n’empêche aucunement de cumuler les trois avec une conscience des enjeux sociaux, économiques et environnementaux) !

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        Sabrina Debusquat - 31 août 2017
        1. Eh bien j’ai hâte que tu lises tout ça et me fasse ton retour !

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          Sabrina Debusquat - 31 août 2017
  3. Sujet très intéressant ! Je pense m’être rendue un peu plus malade il y a quelques années à écouter Les conseils “sains” de manger moins de protéines animales, mais qui vous dit d’aller vérifier avant que vous ne manquez pas entre autre de B12 (même si vous n’avez pas l’intention de devenir végéta*ien, j’étais très certainement déjà carencée mais ne l’ai appris que beaucoup plus tard) ? quand je me suis rendue compte qu’éviter certains aliments (“gluten”, produits laitiers) me résolvait des soucis de santé je suis sans doute passée par un peu d’orthorexie mais j’essaye de continuer à chercher à comprendre. Je suis persuadée que l’alimentation est importante, que la santé en dépends beaucoup mais que c’est beaucoup plus compliqué que juste éliminer tel ou tel truc. Aujourd’hui ma santé me semble meilleure sur un certain nombre de points, mais lorsque j’ai des symptômes négatifs je ne les prends pas pour de la détox même si je n’ai pas forcément d’explication immédiate à mon problème.
    Il y a effectivement un sentiment de supériorité dans ce type de problème. Je crois que l’envie de croire que l’on peut “purifier” son corps, repartir à 0, séduit énormément, bizarrement les gens acceptent facilement que cela passe par de la “souffrance” (symptômes négatifs). Quand on fait partie de ces communautés j’ai l’impression qu’il faut soit avoir besoin d’être conforté dans ses choix par des personnes de “pouvoir”, ou être à la recherche de pouvoir justement… des restes de nos éducations ?…

    Les dégâts d’une alimentation seront beaucoup plus visibles sur des bébés/enfants, que sur les adultes déjà formés. Comme vous le dites nous avons également tous des sensibilités particulières/réserves qui vont faire que nous n’aurons pas les mêmes soucis avec la même alimentation, il est bien compliqué de trouver lesquelles mais ce sont des recherches intéressantes.

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    MystEre - 6 juin 2017
  4. Bonjour Sabrina,

    Brillante analyse, j’allais dire une fois de plus…
    Tu décortiques parfaitement les aspects psychologiques et sociaux du problème et tes connaissances en bien-être complètent parfaitement ton analyse globale qui devrait en aider plus d’un, je l’espère.
    La détoxination “violente” est en effet réservée à des cas extrêmes mais ceci dit, elle est nécessaire et naturelle comme tu le précises très bien.
    Or, si l’orthorexique en fait une obsession, force est de constater qu’une partie de la population ne connaît pas ce phénomène à la source de très nombreux maux.
    La détoxination naturelle est très rapidement entravée par de mauvaises habitudes alimentaires, avec des conséquences fâcheuses.
    Il n’y a donc pas lieu de devenir orthorexique ni d’abandonner tout plaisir, mais appliquer tes conseils judicieux et revoir ses rythmes alimentaires est néanmoins capital.

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    Fabien - 3 juin 2017
    1. Merci Fabien, j’ai vraiment essayé d’en parler sans tabou pour que cela parle à ceux qui seraient concernés et c’est bien là la problématique de l’orthorexie : il faut vraiment mieux nous préocupper d enotre alimentation, cela passe parfois par des périodes ardues pour “intégrer” des connaissances et il ne faut pas pour autant en faire une fixette malsaine : équilibre parfois dur à trouver !

      Merci pour ta bienveillance, hâte que tu lises le livre sur la pilule 🙂

      1. Hâte aussi de lire et de contribuer à diffuser ton travail sur ce poison légal qu’il est encore plus difficile de dénoncer lorsqu’on est un homme.

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        fabien - 3 juin 2017
  5. Magnifique cet article… Tu as SU mettre les mots sur une petite dizaine d’années de ma vie… Je n’avais jamais réussi à comprendre vraiment pourquoi et comment j’en étais arrivée à cela, et eN plus A “recidiver”…
    Je pense que j’ai pu m’en débarrasser il y A à peu près deux ans, en devenant végétarienne. Même si c’est parfois un peu compliqué, cela m’à reappris à manger équilibré, differemment, et c’est Enfin une alimentation qui me rend heureuse et me correspond.
    Continue a témoigner, à passer ce message a toutes les oreilles, pour que jamais cela n’arrive aux autres. Merci <3

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    Marie - 28 mai 2017
    1. Ho merci Marie, j’y ai mis mes tripes et me suis entourée de précautions pour que l’on ne me tombe pas dessus à bras raccourcis. Je suis vraiment très heureuse si cela peut en aider d’autres, je crois que c’est vraiment un tabou stupide que de ne pas oser dire “oui, j’ai été trop loin à un moment et non, vouloir à tout prix manger sain n’emmène pas que des bonnes choses”. D’ailleurs, on sent encore mon émotion quand j’en parle alors que c’était il y a des années (ça m’a moi-même surprise).

      J’ai aussi particulièrement apprécié également le tact de Marina qui a su me faire trouver les mots 🙂

      Quel a été le déclic chez toi ? Que penses-tu de mon “analyse” des causes de l’orthorexie ? Ca te parle ? Tu as toi aussi observé ça ?

      1. Oui, c’est COMPLÈTEMENT tabou, du moins chez moi. Je n’en parle que très très très rarement et aux personnes très proches. Les MÉDECINS ont A chaque fois parlé d’anorexie, mais je n’ai jamais voulu en entendre parler car je mangeais (en petites quantités certes mais je MANGEAIS).
        Ton analyse est tout à fait juste, elle m’a permis de comprendre un peu mieux ce qui m’est arrivé. Je pense que c’était ma façon à moi de faire ma crise d’ado, tout en restant “parfaite”, et même “mieux que les autres” car capable de “bien manger”…
        Bonne journée à toi

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        Marie - 29 mai 2017
        1. Finalement ça relève un peu des troubles type anorexie même si c’est encore diférent. Je pense justement que c’est une “crise” qui doit nous permettre de travailler sur nous et donc c’est très profond finalement et nous pouvons en tirer de très grands bienfaits si nous parvenons à dépasser la crise 🙂