Choix santé : qui croire quand les études contradictoires se multiplient ?

Quand on s’intéresse à la santé que ce soit sur l’alimentation ou les produits de beauté, des fois on en a juste marre de ne pas arriver à se faire un avis. Un jour une étude dit que telle chose est bonne ou nocive, un mois plus tard une autre étude dit le contraire.

Etudes scientifiques

Alors qui croire quand les études contradictoires se multiplient ?

Je vous citais un exemple concret la semaine dernière dans mon article sur le site de notation de produits Noteo “Noteo le site qui vous aide à décrypter les étiquettes” concernant le linalol.
L’Europe vient de le classer comme “molécule allergène” alors que l’étude sur laquelle elle se base pour ce classement ne parle pas du linalol présent naturellement dans les huiles essentielles mais uniquement d’un certain type de linalol au contact duquel on est dans certaines circonstances (qui n’ont rien à voir par exemple avec les cosmétiques).

C’est énervant de ne parfois pas pouvoir se fier aux plus hautes instances de santé censées nous servir de référentiels…

Gif énervé

Grrr voilà moi les études ce que je leur dit !

Du coup, nous n’avons pas d’autre choix que de nous renseigner nous-mêmes et de faire nos propres choix  selon l’étude qui nous a le plus convaincu, couplé à nos expériences.

C’est malheureux mais il faut s’y faire. Entre les études “achetées”, les études biaisées pour cause de mauvaise méthodologie et les découvertes qui se font au fur et à mesure des années, nous ne pourrons jamais avoir le plein savoir. Si les études scientifiques validées et éprouvées au fil des années restent importantes pour comprendre et évaluer certains phénomènes de notre monde elles restent limitées et sans cesse remises en question.

Comme les mamans qui ne savent plus quoi penser sur la position dans laquelle il faut faire dormir son bébé, dans les années 80 on disait sur le ventre puis est venue l’époque du “Oulalala non faites dormir votre enfant sur le dos sinon c’est risque de mort subite du nourrisson !”.
Ben c’est pareil pour les études.

Nous ne pourrons jamais avoir le plein savoir. Si les études scientifiques validées et éprouvées au fil des années restent importantes pour comprendre et évaluer certains phénomènes de notre monde elles restent limitées et sans cesse remises en question

Etudes scientifiques recul

Alors ma solution à moi c’est de lire beaucoup mais de ne pas non plus trop me prendre la tête avec ça parce qu’à moins que tous les scientifiques soient totalement d’accord sur un sujet (ce qui n’arrive jamais) vous devenez fous. Vous perdez énormément de temps à tout lire, tout scruter puis tout remettre en question.

Alors lisez un peu (selon vos envies) les études, et surtout faites selon votre ressenti, testez expérimentez !

De plus, il faut aussi comprendre que les scientifiques qui font les études sont des hommes comme les autres avec des préjugés qui influencent beaucoup, sans qu’ils ne le veuillent, les résultats !

Voilà, désolé pour cet article un peu pessimiste mais malheureusement je n’ai pas de solutions à vous donner en la matière.

Je vous conseille en revanche de lire ce très bon article “Comprendre les études scientifiques” du Conseil Européen de l’Information sur l’Alimentation (L’EUFIC en anglais), un organisme à but non lucratif qui s’est donné pour but de “fournir aux médias, aux professionnels de la santé et de la nutrition et aux enseignants des informations sur la sécurité sanitaire & la qualité des aliments ainsi que sur la santé & la nutrition s’appuyant sur des recherches scientifiques en veillant à ce que ces informations puissent être comprises par les consommateurs.

Au passage pour rire un peu avec les études, allez lire “Les 10 études scientifiques les plus drôles” parce que parfois, la science aura au moins le mérite de nous faire rire !

Et vous, vous ressentez parfois ce ras-le-bol envers les études ?

Journaliste indépendante et animatrice à Radio France, je vous informe sans concession !

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Comments (11)

  1. (Je ne peux pas répondre directement, je pense que l’arborescence des réponses est limitée donc je crée un nouveau fil).

    Bon, déjà mea culpa, il me semblait avoir vu que vous vous présentiez comme journaliste scientifique a priori je me suis trompé…

    Pour ce qui est de “décemment dire à quelqu’un qu’il doit seulement se fier à ce que le science tire comme conclusion”, quand ça concerne des affirmations aussi simples que “manger des bonbons = grossir” a priori il n’y a pas vraiment de débat. Par contre si l’affirmation en question est “manger du curcuma à la petite cuillère = soigner le cancer” là je vais être un poil plus prudent.

    Et pourtant, je suis persuadé qu’on peut trouver au moins une personne qui en était persuadé, s’est goinfrée de curcuma après avoir été diagnostiquée et a guéri sans chimio ni autre forme de traitement. La flemme de chercher mais j’imagine que vous avez déjà vu passer l’histoire du mec qui s’est signé à la vitamine C ou à l’huile de beuh.
    Leur “expérience” est-elle pour autant une source de connaissance utilisable ? Je ne suis pas sûr.

    C’est ça qui est complexe avec la médecine : le nombre de paramètre à prendre en compte est tellement énorme que l’expérience personnelle ne peut pas avoir de valeur.

    En ce qui concerne les conflits d’intérêts, on n’en trouve pas systématiquement la mention parcequ’en fait il n’y en a pas tant que cela : est-ce qu’un chercheur ayant réalisé un post-doc dans un labo pharmaceutique est encore en conflit d’intérêt lorsqu’il évalue 20 ans plus tard une des molécules de ce labo ? Bof bof…

    D’autant que des retraits d’études liées à ce genre de chose, il y en a tous les jours, les chercheurs sont bien au courant de ce qu’ils risquent (http://retractionwatch.com/?s=interest+conflict).

    Et personne ne vous demande de les croire sur parole, c’est pour cela que les études sont publiées et si vous tombez sur un article manifestement foireux la revue (si elle est de qualité) sera ravie de prendre en compte vos critiques et remarques, pourvu qu’elles soient étayées.

    Il est inutile d’aller lire toutes les études sur un sujet : dans l’immense majorité des cas, les 3 organismes que j’ai cité fournissent des résumés très bien faits et généralement aussi honnêtes qu’accessibles (bon sauf l’OMS en ce qui concerne les médecines traditionnelles mais c’est du à son coté politique).

    Et ce qui m’embête dans vos tests c’est que je ne suis pas certain du tout que vous soyez si mesurée que cela (ou plus exactement que cela soit compris comme cela par vos lecteurs).

    Un exemple, si je vous lis, le citron aurait comme bénéfice attendu (entre autres) “renforce le système immunitaire ( grâce à son apport en vitamine C + lutte contre les germes + facilite l’élimination des toxines)”.
    Et comme vous le dites plus bas : “je vous confirme que la cure de citron marche”.

    Même si vous précisez juste après “elle a eue sur moi […]”, vous vous rendez bien compte que vous venez de valider l’allégation mentionnée plus haut. Hors, je ne suis pas certain que “renforcer le système immunitaire” soit une notion qui existe vraiment en médecine. Et a priori, pour éliminer les toxines, à part la chélation il n’y a pas grand-chose…

    Ce qui est assez marrant c’est que dans ce même article vous donnez un lien vers PasseportSanté qui ne valide aucune de vos affirmations…

    Le problème n’est pas d’avoir ou non le droit de parler, le problème est de présenter comme vraies des choses qui ne sont que des suppositions, sans en venir à une dictature scientifique (dont l’évocation ressemble un homme de paille je crois) mon propos est de dire que des affirmations à caractère médical ne devraient pas être faite sans une vérification objective.

    Sinon, on se retrouve avec “la graine noire qui soigne toutes les maladies”, “le curcuma qui guérit le cancer”, “mangez des légumes pour rétablir votre équilibre acido-basique ou vous aurez le cancer” etc etc
    Le genre d’article que, je crois, vous avez dénoncé sur ce blog.

    Ps : sans vouloir lui faire de la pub, pour ce qui est de la nécessaire vérification systématique des techniques médicales, je vous conseille les livres et le site d’Edazr Ernst.

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    Maeelk - 21 septembre 2015
    1. Oui j’ai limité l’arborescence sinon ça devient illisible ^^

      Pour les affirmations santé du type ” “manger du curcuma à la petite cuillère = soigner le cancer” ” nous sommes bien d’accord. Ce que je vous disais était juste là pour vous faire comprendre la limite des études en matière de santé. Si certains faits sont indéniables, beaucoup d’autres sont bien plus discutables ou ne s’appliquent qu’ à un certain pourcentage de la population. En ce sens, si toutes les études disent que le choux fait péter et que moi, à chaque fois que j’en consomme ça ne me fait rien : que penser ?

      Je n’ai jamais dit encore une fois qu’une expérience était censée servir de règle générale, nous sommes donc d’accord là-dessus.

      Pour les études j’entends et suis d’accord avec tout ce que vous me dites mais il faut comprendre et être averti du fait que l’écrasante majorité des gens ne veulent tout simplement pas faire l’effort d’aller les lire : ils s’en fichent. or mois mon idée sur ce blog c’est de rendre accessible une info ou des préconisations à des gens qui si ce n’était pas écrit sous cette forme ne le lirait pas. Alors certes sur des articles comme celui du citron c’est assez léger et ça ne part que d’un cas particulier qui montre juste comment avec un procédé naturel simple je fais du bien à ma santé.
      Je ne peux décemment pas entourer mes articles de lourdes précautions qui sont pour moi de l’ordre du logique, de l’acquis et que , si nécessaire je répète quand on me pose des questions.
      En revanche vous avez raison sur certaines phrases comme “je vous confirme que la cure de citron marche” j’aurais du formuler cela différemment, il faut dire que l’article a été écrit il y a 2 ans et je n’étais visiblement pas aussi attentive à l’époque qu’aujourd’hui concernant mes formulations en ce sens. Je m’en excuse et vais y remédier pour cet article même si je n’ai je l’avoue pas le temps de revoir tous mes articles. Quant au lien Passeport Santé en quoi n’a-t-il aucun rapport avec le textlink ? (au contraire il reprend les études qui y sont citées)

      Je vous rejoints donc sur “le problème est de présenter comme vraies des choses qui ne sont que des suppositions, sans en venir à une dictature scientifique mon propos est de dire que des affirmations à caractère médical ne devraient pas être faite sans une vérification objective.” sauf que comme je vous l’explique quand on présente ça uniquement comme un test personnel et non pas comme une chose qui a été vérifiée et revérifiée par la science je ne vois pas où est le problème tant que la chose proposée n’est pas dangereuse.

      Je vous ai compris mais j’espère que vous aussi comprenez mon opinion sur le sujet et que l’espèce de perfection de la validation à tout prix etc. ne peuvent s’appliquer totalement à la vie en règle générale 🙂

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      Ca Se Saurait - 21 septembre 2015
  2. Hello,

    merci pour le pingback (et le lien vers l’EUFIC, me coucherait moins bête ce soir moi).

    Par contre, je ne pige pas très bien ce que vous entendez par “lisez un peu (selon vos envies) les études, et surtout faites selon votre ressenti” qui ressemble beaucoup à du cherry picking (puisqu’il semble que vous lisiez mon blog, je pense que vous êtes au courant des problèmes que cela entraîne notamment si l’on y ajoute le biais de confirmation).

    Si effectivement, les scientifiques sont des gens comme vous et moi, il ne faut pas oublier que la science est une démarche collective et méthodique d’appréhension de la réalité. Et – comme cela est précisé dans le billet – ils sont au fait des travers que leur nature humaine implique et ils sont nombreux à travailler pour les réduire.

    Bien évidemment, une fois ces soucis réglés, d’autres apparaîtront et seront corrigés à leur tour etc etc

    Bon, et je me dois de vous informer qu’en ce qui concerne les OGM (dénoncés par l’affiche que vous publiez en milieu de billet), le consensus est tout à fait clair en ce qui concerne leur innocuité (exception faite évidemment de quelques chercheurs militants chez qui les biais nombreux le disputent aux entorses à l’éthique).

    Cordialement

    Ps : la désactivation du clic droit c’est assez fastidieux et ça n’empêche pas du tout les c/c hein. ^_^

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    Maeelk - 21 septembre 2015
    1. Bonjour Maeelk,

      Oui je reste “moi” même si je m’intéresse beaucoup à la zététique et aux différentes manières de penser. Sachant qu’une personne qui n’a pas beaucoup le temps et qui est encore moins apte à déterminer si dans telle ou telle étude (là je parle uniquement des études santé) est menée par des scientifiques en conflit d’intérêt alors oui “lisez un peu (selon vos envies) les études, et surtout faites selon votre ressenti” me semble le meilleur compromis pour une bonne santé mentale et physique. Car chaque corps, s’il est en soi calqué sur le même modèle, réagit différemment à tout un tas de choses par l’atavisme, les hormones, les allergies/sensibilités et les traumatismes corporels passés. J’en ai fait l’expérience : passer des heures à éplucher les différentes études scientifiques sur un sujet, ne pas arriver à trouver si les scientifiques sont en conflit d’intérêt, voir que les études contradictoires se multiplient : alors que faire en ce cas ?
      Vous ne pouvez pas dire à cette personne : ben remets-toi en à ce que disent les médias ou arrêtes de te poser des questions. Quand le pied est mis dans l’engrenage on a envie d’une réponse, aussi minimale soit-elle : une piste pour savoir si oui ou non on doit manger des OGM par exemple ou si les produits laitiers favorisent effectivement les inflammations de la sphère ORL. A ce moment-là (c’est à dire la situation de la majorité des gens) : oui, lire de bon ouvrages choisis sur le sujet (qui compilent ou font le point sur les différentes études et observer les réactions de son propre corps reste l’idéal. Au final ce qui nous intéresse c’est de prendre soin de notre corps donc si l’on arrive à ne pas psychologiquement somatiser outre mesure, on peut quand même encore observer son corps et ce qui lui fait du bien sans avoir besoin que la science ne s’en mêle non ?
      Si je suis votre raisonnement : iriez-vous jusqu’à dire à quelqu’un dans cette position (qui n’a pas le temps de lire toutes les études et de vérifier les conflits d’intérêt qui sont nombreux dans les études sur les aliments) qu’il doit mettre son opinion sur “pause” et attendre ?

      Je me suis toutefois mal exprimée dans ma phrase ““lisez un peu (selon vos envies) les études, et surtout faites selon votre ressenti”” qui voulait plutôt dire : soyez indulgents avec vous-même et ne devenez pas orthorexique ou parano parce que vous passez votre vie à lire des études scientifiques en anglais devant mon PC (je parle en connaissance de cause) et que les études contradictoires se multiplient. Je vais d’ailleurs la modifier.

      Ce que je veux dire c’est que je ne suis pas une scientifique mais je suis une passionnée de santé qui est obligée de ce fait de se frotter à la science sans arrêt donc je suis bien obligée de m’y adapter. Pour autant, comme je ne peux décemment lire toutes les études sur tous les sujets santé j’ai aussi le droit de faire confiance à ce qui m’a toujours et très bien guidé jusque là : mon instinct et mes facultés d’observation (même s’il y a des biais que vous expliquez très bien à ce sujet). La science et ses méthodes s’appliquent à elle-même, nous ne sommes pas obligés de les appliquer à toute notre vie.

      Pour le sujet des OGM l’affiche n’est là qu’en illustration et comme je n’ai pas lu ni analysé l’ensemble des études scientifiques abordant le sujet (ni vérifié les conflits d’intérêts sur ces études) je ne me prononce pas.

      Pour le clic droit oui je sais que c’est fastidieux, j’ai longuement hésité avant de faire cela parce que moi aussi je l’utilise beaucoup mais je ne me suis plus faite plagiée depuis…(il y a d’autres méthodes mais ça limite vachement quoi qu’on dise). Bon ceci dit c’est tellement emmerdant que vous avez raison je crois que je vais le réactiver.

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      Ca Se Saurait - 21 septembre 2015
      1. J’ai du mal à comprendre comment vous pouvez à la fois vous présenter journaliste scientifique et dire aux gens de se fier à leur instinct/sens/intuition.

        Personnellement, si je me fie à ça, je vais avoir tendance à penser que le Soleil tourne autour de la Terre, que les espèces sont fixes et que les continents ne bougent pas (je peux même rajouter un peu de socio en disant que j’ai globalement bien plus de chances de me faire agresser par un maghrébin que par un caucasien).

        Et pourtant toutes ces propositions sont fausses.

        Les conflits d’intérêts sont globalement bien signalés dans les études sérieuses et conflit d’intérêt n’est pas synonyme d’étude de mauvaise qualité/biaisée, c’est surtout une invitation à y regarder à deux fois. D’ailleurs lesdits conflits et les collusions existent aussi dans les milieux dits alternatifs et du bio mais curieusement ceux-là sont nettement mins souvent dénoncés !

        En ce qui concerne les médias, ils n’ont généralement que peu de valeur sur des questions d’information scientifique. Et c’est parfaitement normal : après tout, ils sont là pour vendre du papier et quand Le Point titre “oui les OGM sont des poisons” ils savent très bien qu’ils vont en vendre beaucoup et faire parler d’eux.

        Pour votre question “iriez-vous jusqu’à dire à quelqu’un dans cette position (qui n’a pas le temps de lire toutes les études et de vérifier les conflits d’intérêt qui sont nombreux dans les études sur les aliments) qu’il doit mettre son opinion sur “pause” et attendre”, non, je lui dirais d’aller sur des sites dont les informations sont (véri)fiables comme celui de la HAS, de l’OMS voire de la fondation Cochrane en évitant ceux qui présentent un test ponctuel et sans aucun aveugle comme étant quelque-chose “à valeur informative”.

        Comme par exemple, “j’ai testé pour vous boire du jus de citr…” oh wait.

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        Maeelk - 21 septembre 2015
        1. Je ne suis pas journaliste scientifique. Je n’ai aucune formation scientifique et je ne le prétends pas. Je suis journaliste indépendante spécialiste des sujets santé et société.

          Je suis tout à fait d’accord avec vous sur le fait que l’instinct peut faire croire à de fausses choses (comme mentionné plus haut par rapport à la Terre plate) mais il ne faut pas pour autant jeter selon moi le bébé avec l’eau du bain. En quoi est-ce stupide de faire sa propre “mini-étude” sur soi-même en matière de comportements santé ? En, quoi est-ce bête de tirer ses propres conclusions de ce qui fonctionne ou pas sur NOTRE corps quand on a éprouvé les choses directement ? Comment pouvez-vous décemment dire à quelqu’un qu’il doit seulement se fier à ce que le science tire comme conclusion alors qu’elle-même ne sait pas tout et est très souvent remise en question dans ses conclusions ?
          Si je mange des bonbons à gogo et que je constate que systématiquement ensuite je prends du poids ou que ça ne me mets pas en bonne forme je peux en tirer des conclusions sans avoir à aller regarder ce que les études me disent. Et à ce moment-là quand bien-même les études diraient que les méfaits des bonbons à haute dose sur le poids ou la santé n’ont pas été prouvés je m’en fiche parce que moi, sur mon corps c’est ce que j’ai constaté. Je ne dis pas alors de généraliser mais on a quand même le droit de penser sans passer par la science systématiquement non ?

          Sur les conflits d’intérêt je ne vous rejoins pas sur le fait qu’ils soient signalés, je ne les vois nulle part à chaque fois que je lis une étude et s’il faut reconnaître que la recherche est obligée aujourd’hui de passer par le privé pour trouver des financements je ne suis pas obligée pour autant de croire sur parole un chercheur qui m’affirmera être indépendant malgré tout (et vous faites pareil pour les journalistes donc je ne vois pas en quoi ce doute raisonnable ne devrait pas s’appliquer aux scientifiques).

          Pour les défauts des médias je fais preuve à titre personnel de la plus grande éthique possible et je reconnais toujours mes erreurs donc je ne me sens pas visée par la critique du journalisme moderne (que je fais moi-même sans concessions aucune).

          Alors oui, on peut aller lire toutes les études sur un sujet présentes sur les grands sites mais si on doit faire cela sur chaque sujet, je crains que cela soit éloigné de la réalité de ce que peuvent pratiquer les gens dans leur vie avec le temps dont ils disposent, ce serait justement plutôt le travail des journalistes.

          Maintenant pour ce qui est de mes articles “j’ai testé pour vous”, je n’ai jamais dit qu’ils avaient une autre valeur que celle d’un simple test. Je le répète à longueur de commentaires et dans les mails que l’on m’écrit. Quand quelqu’un me demande “- Est-ce que cela va marcher pour moi et en combien de temps ?” je réponds systématiquement que ce n’est qu’un test, que cela varie d’une personne à l’autre et qu’ils ne peuvent en tirer aucune conclusion si ce n’est essayer eux-même et voir si cela a les même effets: qu’avez vous à reprocher à quelqu’un qui est dans une telle démarche ?

          Je ne propose rien de dangereux, juste des choses pondérées qui ont marché pour moi et qui peuvent marcher pour d’autres. Comme je ne pousse pas à des choses risquées et que je modère tout en quoi suis-je attaquable ? On n’a plus le droit de parler si ce n’est pas validé et maintes fois éprouvé par la science ?

          Comme je vous l’ai dit je trouve la science et ses méthodes très intéressantes et je tiens à en parler au mieux. Maintenant nous avons le droit en tant qu’êtres humains à modérer la place que prend cette dernière dans nos réflexions comme nous avons le droit de penser ce que nous voulons. La science ne doit pas devenir une dictature. Je la regarde, elle est ses conclusions, avec intérêt mais de même que certaines pensées n’ont été validées que très tard par la science je m’autorise à penser sans limites, en tout cas parfois hors de celles que nous tracent les connaissances actuelles de la science. Si j’apprécie et reconnait le cadre qu’apporte certains résultats scientifiques à notre appréhension du monde et des choses, j’aime que ma pensée ne soit pas limitée (d’ailleurs si elle l’était comment certains scientifiques auraient-ils eu l’idée de chercher dans telle ou telle direction ?)

          Pouvez-vous comprendre ce que je vous dit ? Je ne vous demande pas de me juger mais juste de me dire si déjà vous comprenez ce que je suis en train de vous dire, ensuite nous pouvons en débattre et d’ailleurs comme vous le voyez je n’ai aucun problème à développer ma pensée qui est le fruit de mûres réflexion et non pas de simples préjugés ou facilités d’esprit que je n’aurais jamais pensé à réfléchir ou remettre en question.

          Quant à faire cofiance aux autorités de santé, certes mais elles ont maintes fois prouvé leur échec à protéger les populations de certains médicaments comme le Mediator (pourtant aprouvé avant mise sur le marché via études, etc.) et certaines comme l’OMS sont financées, je vous le rappelle, à près de 75 % par les industriels (cf. Pinzler J., Mischke T, « L’OMS dans les griffes des lobbyistes ? », diffusé sur Arte en avril 2017. et Beigbeder Y., « Les partenariats de l’Organisation mondiale de la santé », Études internationales, vol. 41, no 2, 2010, p. 233-251.)

          Répondre
          Ca Se Saurait - 21 septembre 2015
  3. Bonjour Sabrina

    Je trouve très pénible toutes ces informations contradictoires que l’on nous déverse régulièrement à grand renfort de titre tapageur ! D’autant si l’on ne garde pas une certaine “analyse personnelle” et que l’on prend tout pour argent comptant, ce qui peut arriver. Je pense, cela n’engage que moi, qu’il faut écouter les informations qui nous sont données tout en gardant à l’esprit qu’il y a, souvent, caché derrière tout ça, un paramètre marketing, ou une volonté d’aiguiller incidemment voire insidieusement vers telle ou telle marque, par exemple. Quand l’on est conscient de ce phénomène, on peut alors lire ces articles avec recul et choisir selon ses propres paramètres de choix de vie. C’est ce que j’essaie de faire en tous cas.
    Oups! désolée, j’ai fait un peu long ….
    Bonne journée
    Agnès

    Répondre
    agnès - 8 avril 2014
    1. Mais non Agnès tu ne fais pas trop long, que devrais-je dire alors de mes articles ?!
      Après c’est même pas qu’il y a forcément un intérêt pour un produit en particulier mais ce sont de gros groupes qui “défendent” leurs intérêts, et beaucoup de scientifiques qui font lesdites études travaillent pour une marque ou une entreprise …(par exemple l’Autorité européenne de sécurité des aliments (l’EFSA) vient d’être épinglée sur les conflits d’intérêts de leur scientifique qui travaillent pour beaucoup à côté pour l’industrie, selon un rapport, 60 % d’entre eux seraient en conflit d’intérêt de manière directe ou indirecte ! “L’indépendance de l’EFSA à nouveau sur la sellette

      Répondre
      Sabrina Chauchard - 8 avril 2014
  4. Et puis aussi ce qu’il faut dire c’est que ça dépend beaucoup de nous également !
    Môm est extrêmement allergique à toutes les huiles essentielles par exemple, et moi je peux être empoisonnée par le premier médicament un peu trop fort pour mon organisme !

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    Agoaye - 7 avril 2014
    1. Oui, en prenant en compte tus les paramètres en fait faut se fier à son expérience et aux études si elles vont toutes dans le même sens après des années…

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      Sabrina Chauchard - 7 avril 2014
      1. Mais tu as raison, c’est un casse-tête !

        Répondre
        Agoaye - 7 avril 2014