Si vous vous demandez ce que vous pouvez faire pour rendre notre monde meilleur…

Perso j’ai toujours voulu donner mon sang, j’ai même essayé de feinter plusieurs fois mais jamais réussi …

Don du sang

…parce que je pèse 50 kilos toute mouillée 🙁

Alors si vous êtes dans les critères pour donner votre sang vous ne devriez même pas hésiter ! Cela vous coûte à peine quelques minutes de votre temps et ça a de tellement belles conséquences. D’ailleurs si vous avez été hospitalisé peut-être en avez vous bénéficié alors venez rendre la pareille !

Pour mieux comprendre comment se passe un don du sang si vous n’en avez jamais fait j’ai interviewé Françoise Le Failler, Directrice de la communication de l’Etablissement français du sang.

 


Aujourd’hui en France dispose ton du sang nécessaire au fonctionnement normal des hôpitaux ? Et est-ce que les dons suffisent à couvrir ces besoins ?


 

10 000 dons de sang sont nécessaires chaque jour en France. L’EFS couvre ainsi les besoins sur le territoire national et fournit des produits sanguins labiles à 1500 établissements de santé. La mission de l’EFS est de fournir le bon produit au patient au bon moment. Seule la générosité des donneurs peut aider l’EFS dans sa mission de service public de la transfusion sanguine. Il faut rappeler qu’ aujourd’hui aucun produit de synthèse ne peut se substituer au don de sang. Depuis sa création en 2000, l’EFS a toujours été en capacité d’assurer sa mission et de répondre aux besoins


Combien de français donnent chaque année ?


 

Nous avons accueilli en 2014, 1.6 millions de donneurs et recueilli 2.8 millions de dons.


Qui peut donner? 


 

Les principales conditions d’accès au don de sang sont:

  • être âgé de 18 à 70 ans
  • peser plus de 50 kilos
  • ne pas venir à jeun

Les hommes peuvent donner jusqu’à 6 fois par an ; les femmes 4 fois ; et il faut respecter un délai de 8 semaines minimum entre 2 dons du sang.


Qu’est-ce qui freine les gens qui ne donnent pas leur sang ?


 

Seulement 4% de la population donne son sang. Les raisons sont donc nombreuses : peur de l’aiguille, manque de temps, ne pas être suffisamment sollicité… Il faut donc un travail de pédagogie régulier pour que les donneurs se mobilisent. Nous vous attendons nombreux sur l’un de nos 146 sites ou en collectes mobiles.


Vous qui êtes très impliqué dans le sujet du don de sang, que diriez-vous à ceux qui ne donnent pas et qui s’en fichent pour les convaincre de donner de temps à autre ?


 

Le don de sang sauve des vies. Près d’un million de malades sont soignés chaque année grâce aux dons de sang. Et pour ceux qui ne peuvent pas donner, en parler autour de soi est aussi très important. Pour connaître le lieu de collecte le plus proche de chez vous rendez-vous sur dondusang.net, rubrique “Où donner“.


Y’a-t-il un profil type de donneur plus courant qu’un autre ?


 

Non, pas vraiment. En 2014 : 51% des donneurs étaient des femmes et 49% des hommes et nous avons enregistré 21% de nouveaux donneurs.


Pour en parler à ceux qui n’auraient jamais donné, comment se déroule un don du sang ?


 

Un don de sang temps total dure environ 45 min. Vous êtes accueilli(e) par une personne de l’EFS qui enregistre votre dossier puis vous passez à l’entretien prédon, obligatoire et confidentiel. Cet entretien permet de vérifier votre aptitude au don. Ensuite s’effectue le prélèvement, 10 min environ pour un don de sang. Puis dernière étape, la collation. Il est important de se restaurer et surtout de bien s’hydrater après un don de sang.


A quoi sert ensuite le sang donné ?


 

Aujourd’hui, aucun traitement ni médicaments ne peuvent se substituer aux produits sanguins. Irremplaçables et vitaux, les produits sanguins sont indiqués dans quatre grands cas de figure :

– Les maladies du sang : Les patients atteints de certaines maladies génétiques affectant les globules rouges reçoivent des transfusions sanguines tout au long de leur vie. C’est le cas par exemple de la drépanocytose ou de la thalassémie.

– L’hématologie et les cancers : Les maladies hématologiques affectent la moelle osseuse et nécessitent la transfusion de globules rouges, de plaquettes ou de plasma. Par ailleurs, le traitement intensif de certaines maladies peut entraîner une insuffisance de production de cellules sanguines. Durant cette période dite d’aplasie, un support transfusionnel permet de renouveler les cellules sanguines et de renforcer l’organisme

– Secours immédiat : Lors des secours d’urgence, si le malade a perdu une grande quantité de sang, outre une transfusion de globules rouges et de plasma, il reçoit aussi des plaquettes qui facilitent la coagulation et contribuent à arrêter le saignement. Pour soigner les grands brûlés, ce sont aussi des transfusions de plasma qui sont

– Obstétrique et interventions chirurgicales : Au cours d’un accouchement ou d’une intervention chirurgicale, une hémorragie peut survenir, entraînant un besoin urgent et important en produits sanguins labiles.

 

NB : Vous ne savez pas ce que veux dire “labile” ? Moi non plus alors je suis allée chercher pour vous :” La labilité est la propriété d’une chose à changer, à bouger, à être mobile”. 

Le don du sang,toute une histoire…

Pour apporter un aspect plus humain et plus concret à cet article je vous fait part d’un témoignage reçu d’un lecteur de 81 ans :

J’ai commencé à donner mon sang en 1955. Il fallait alors être majeur pour donner son sang, et je venais d’avoir 21 ans, l’âge requis pour ce faire à cette époque.

C’était dans la ville de B. Je m’étais engagé dans un groupe de donneurs d’urgence dont le responsable était un docker du commerce du port. Ce groupe s’appelait l’Association des Donneurs de Sang Bénévoles du B. et nous tenions beaucoup à l’adjectif bénévoles pour nous différencier des personnes qui vendaient leur sang dans un but mercantile. Beaucoup de ces gens étaient des prisonniers de droit commun qui avaient trouvé là une façon d’arrondir leur pécule. Il faut savoir qu’à l’époque il n’y avait pas dans notre ville de centre de transfusion sanguine et ces opérations de don du sang se faisaient de façon tout à fait artisanale. On se rendait dans une clinique et là votre sang était directement injecté au demandeur…De nos jours tout cela serait impensable. Comme donneur de sang j’étais seulement astreint à une visite médicale et à un prélèvement sanguin tous les six mois pour vérifier si je n’avais pas la syphilis. On appelait ça une Bordet-Wasserman si mes souvenirs sont exacts.

“…à l’époque […] ces opérations de don du sang se faisaient de façon tout à fait artisanale. On se rendait dans une clinique et là votre sang était directement injecté au demandeur…”

Comment se passaient les transfusions ? Nous recevions une convocation pour nous rendre à la clinique ou à l’hôpital. Le receveur était déjà là. Un paravent nous séparait et nous n’avions aucun contact avec celui qui recevait notre sang. Au tout début le président de l’Association avait cru bon de mettre directement en contact donneur et receveur. Il avait changé d’avis le jour où un monsieur à qui il avait donné son sang avait changé de trottoir pour ne pas le saluer. Les seules fois où j’ai eu des contacts avec des receveurs c’était pour une exo transfusion. Cela concernait des nouveau-nés qui avaient un ictère du nourrisson, en d’autres termes une jaunisse. Dans ce cas il y avait plusieurs donneurs. On changeait entièrement le sang du bébé en lui injectant l’aiguille de la transfusion non pas dans une veine mais dans les fontanelles. Cette opération me faisait toujours peur.

Mais notre Association s’était aussi engagée à satisfaire les urgences. Avec ma femme, professeur en collège, nous travaillions dans le même établissement et il arrivait que les pompiers viennent nous chercher au collège au beau milieu d’un cours, ce qui laissait les élèves sidérés. Il y avait aussi les demandes nocturnes. En pleine nuit coup de sonnette (nous n’avions pas le téléphone). Les pompiers étaient devant la maison avec leur ambulance. Je n’avais même pas le temps de m’habiller et partais en pyjama. On me mettait une grosse capote sur le dos et fouette cocher, toutes sirènes hurlantes, en direction de l’hôpital ou de la clinique. Une heure après on me ramenait et il ne me restait plus qu’à attendre l’aube pour aller travailler, sans avoir pu me rendormir.

“… il arrivait que les pompiers viennent nous chercher au collège au beau milieu d’un cours, ce qui laissait les élèves sidérés. Il y avait aussi les demandes nocturnes. En pleine nuit coup de sonnette…”

Mais ce n’étaient pas là mes plus mauvais souvenirs de donneur de sang. Mon plus mauvais remonte à ma première prise de sang. Dans la clinique où l’on m’avait convoqué les infirmières étaient des bonnes sœurs à cornette et celle qui m’avait prise en main était une toute jeune sans grande expérience. En plus, les aiguilles de prélèvement étaient à cette époque  de véritables trocarts de 18 dixièmes. Très émue, la brave sœur rata son coup et me traversa la veine de part en part. On fit appel à une autre sœur plus expérimentée pour faire l’opération mais il me fallut attendre un mois pour voir disparaître l’énorme hématome généré par la bévue de la brune piquante.

” [ces donneurs] issus pour beaucoup du monde ouvrier ou de la marine […] étaient des personnes d’un dévouement extrême et il régnait dans le groupe une ambiance très chaleureuse que je n’ai jamais retrouvée…”

Cette Association de bénévoles  m’a permis de rencontrer quantités de gens, issus pour beaucoup du monde ouvrier ou de la marine. C’étaient des personnes d’un dévouement extrême et il régnait dans le groupe une ambiance très chaleureuse que je n’ai jamais retrouvée dans le collège où nous enseignions.

Après avoir déménagé dans une autre région en 1965,  nous avons cherché avec mon épouse, mais en vain, un groupe de donneurs d’urgence. Cela n’existait pas et le directeur du Centre de Transfusion sanguine de la ville en question ne tenait pas à en avoir un. Nous avons donc donné notre sang de façon classique.

Autre souvenir : celui d’avoir été appelé d’urgence par le Centre de Transfusion après un don du sang. On m’apprit que je venais d’avoir une CMV (Cyto Mégalo Virose, particulièrement dangereuse pour les femmes enceintes et les malades du sida). J’étais bourré d’anticorps et je fus sollicité plusieurs fois pour des transfusions. Le plus drôle, c’est que je ne m’étais même pas aperçu de mon infection.

Voilà. J’ai donné mon sang jusqu’à l’âge limite de 60 ans. Avec ma retraite d’enseignant j’ai pris aussi celle de donneur de sang.”

Un beau témoignage sur l’histoire du don du sang qui montre la bravoure et la générosité extrême dont faisaient preuve les donneurs à cette époque. Alors j’espère que plus que jamais cela vous donnera envie de donner vous aussi !

 

 

C’est déjà une habitude pour vous ou cela a plutôt tendance à vous rebuter ?

Journaliste indépendante et animatrice à Radio France, je vous informe sans concession !

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Comments (8)

  1. Bonjour, pas encore majeure, je suis dans l’impossibilité de donner mon sang. Mais j’ai neammoins mes arguments pour ne pas y aller malgrès mon jeune âge :
    Sur cet aricle, on nous parle de certains “critères majeurs”. Ok, ceux là sont sur les anales, mais un assez etrange existe bel et bien : on ne peut pas donner son sang si l’on est un homme homosexuel. Pourquoi ? Ils seraient beaucoup plus exposés au VIH. Énorme blague. Un hetero est d’autant plus exposé au VIH qu’un homosexuel, et pourtant, lui a le droit de donner son sang.
    Voilà ce qui me gène quand meme beaucoup, sûrement beaucoup de personnes avec un groupe sanguin rare pourraientt guerir, mais à cause de certaines conditions saugrenues comme celle-ci, ils ne le peuvent pas.
    A méditer.
    (Petite parenthèse : blog très interresant ! 😉 )

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    Lola - 20 juin 2015
    1. Je te rejoins sur cette interdiction mais je crois que cela va vite changer dans les années à venir, enfin il me semble que cela irait dans le sens des choses.

      Merci pour ton gentil mot 🙂

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      Ca Se Saurait - 22 juin 2015
      1. Oui, un jeune milite face à ça : Steven Kuzan. Grâce à change.org il a réussi à recceuillir un certains nombre de signature. Ce débat est interessant, un article de libération a été publié qui s’appelle “sang pour sang gay” pour les curieux 😉

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        Lola - 1 juillet 2015
        1. Super pour l’info, merci 🙂

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          Ca Se Saurait - 2 juillet 2015
  2. Bonjour,
    j’ai donné mon sang pour faire perdurer une tradition familiale, parce que des membres de ma famille ont eu besoin de sang…..Ne pas se poser trop de question, juste se dire que cela va peut être contribué à sauver une personne.
    Pendant longtemps j’ai voulu mais pas pu, en effet les 50 kilos requis n’étaient pas atteints.
    Aujourd’hui je les ai largement dépassé mais je ne peux pas donner jusqu’à nouvel ordre. 6 mois à attendre car insuffisance de globules rouges. Mais j’y retournerai voir les copains !!!
    C’est après mon boulot le vendredi, je suis éreintée mais heureuse.

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    sekamado - 2 juin 2015
    1. Merci du témoignage Sekamado 🙂

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      Ca Se Saurait - 2 juin 2015
  3. J’ai donné mon sang pendant des années (j’ai même mon diplôme 🙂 🙂 ) et je pèse 50 kgs. J’ai donné mon sang plus de fois que le “quotat” le préconise: le centre m’appelait et me demandait de venir pour un don. Je suis A négatif. Je pense que tu peux donner ton sang même si tu pèses 50 kgs, tout dépend des besoins du centre, du directeur et du médecin qui te reçoit. C’est un peu comme partout, il y a les règles et il y a la réalité. Cette dernière fait quelquefois “oublier” les règles.

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    Agnès - 1 juin 2015
    1. Salut Agnès ben oui mais à chaque fois ils m’ont pesée et refusée donc non non je déconne pas ils ne veulent pas. Bon avant je faisais 47 kilos, aux dernières nouvelles 50 mais comme je ne me pèse pas c’est peut -être un coup au dessus, un coup en dessous. En tous cas plusieurs fois que je me fais refuser donc j’arrête d’essayer…

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      Ca Se Saurait - 2 juin 2015