Cantines scolaires : 2 à 4 fois trop de protéines animales

Que ce soit pour notre santé ou pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, nous savons désormais qu’il nous faut réduire notre consommation de viande. Or dans les cantines françaises, les écoliers consomment encore 2 à 4 fois plus de protéines animales que ce dont ils ont réellement besoin.

Trop viande cantine scolaire

Une absurdité dont Greenpeace tente de nous faire prendre conscience…

Mettre en place deux repas végétariens par semaine serait une solution simple pour améliorer la santé de nos enfants et avoir un impact sur l’environnement. Pourtant, aujourd’hui encore, 69 % d’entre eux sont obligés de consommer de la viande ou du poisson tous les jours à la cantine et les choses semblent avoir du mal à bouger…

Manger autant de viande : une aberration écologique et sanitaire :

Nous le savons aujourd’hui, la plupart d’entre nous consomment trop de viande et cela nuit à notre santé (favorise l’obésité et certains cancers) et l’environnement (l’élevage est une des activités les plus polluantes qui existe). Que vous soyez écolo ou pas, carnivore convaincu, flexitarien ou végétarien, peu importe ! Vous pouvez agir en tant que parent afin que certaines absurdités cessent. Car vos enfants n’ont pas besoin de manger autant de viande, surtout si elle est en plus de mauvaise qualité.

Vos enfants n’ont pas besoin de manger autant de viande, surtout si elle est en plus de mauvaise qualité

Viande cantine greenpeace

Les enfants ont rarement “voix au chapitre” en ce qui concerne leur alimentation : quelqu’un décide toujours pour eux ce qu’ils mangent. Or, si de plus en plus de foyers diminuent leur consommation de viande, les cantines ont du mal à suivre et ne changent pas d’un iota leurs habitudes. Selon une enquête contributive menée par Greenpeace qui couvre 60 % de la population des écoliers, les cantines persistent à mettre tous les jours de la viande au menu alors que c’est une aberration et que cela dépasse de deux à quatre fois l’apport en protéines dont ont réellement besoin les enfants.

Comme le rappelle l’ONG :

“Viande et produits laitiers sont servis dans les cantines scolaires dans des proportions démesurées par rapport aux recommandations nutritionnelles de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Une aberration dangereuse pour la santé des enfants (surpoids, obésité), mais aussi dévastatrice pour la planète. A lui seul, l’élevage industriel est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial.

Les lobbies (comme les syndicats professionnels de la viande) font tout pour perpétuer ce mythe selon lequel nous devons manger de la viande tous les jours.

Pourquoi ce décalage ? Les lobbies (comme les syndicats professionnels de la viande) font tout pour perpétuer ce mythe selon lequel nous devons manger de la viande tous les jours. Ils interviennent partout : dans les politiques publiques où ils noyautent les instances de décision, auprès des maires, et jusque dans les écoles, où ils entrent dans les classes et les cantines pour persuader les enfants des vertus miraculeuses de la viande.”

Si vous ne vous étiez jamais posé la question, une carte de France des cantines vous permettra de savoir le nombre de menus avec ou sans viande qui sont proposés là où mange votre enfant : carte de France Greenpeace menus cantine ou la page Quelles sont les cantines scolaires qui proposent des menus végétariens ? du guvernement. Vous pouvez aussi consulter directement les menus proposés à votre enfant sur le site de son école ou en les demandant.

Trop viande cantine scolaire

Réduire les coûts, favoriser la qualité :

Pour tenter d’amorcer une prise de conscience, Greenpeace a donc lancé l’opération “Au menu des cantines” pour que soient instaurés 2 repas végétariens par semaine.

Instaurer deux menus végétariens par semaine c’est aussi réduire les coûts de production globaux des repas et donc pouvoir favoriser par exemple plus de bio ou une viande de meilleure qualité.

Afin que “les intérêts privés” et “les professionnels de l’élevage” n’influencent pas sur ce que mangent nos enfants à la cantine

En tant que parents d’élèves, n’hésitez pas à faire entendre votre voix à ce sujet et à engager un dialogue avec votre école afin que les choses changent ! Des leviers comme celui-ci sont des leviers simples et sur lesquels on peut agir dès maintenant pour améliorer notre santé et celle de notre planète.

N’hésitez pas à partager ces iformations afin qu’une prise de conscience globale s’opère et, comme l’écrit Greenpeace, afin que “les intérêts privés” et “les professionnels de l’élevage” n’influencent pas sur ce que mangent nos enfants à la cantine.

 

En tant que parents, comment vous positionnez-vous face à ce que propose la cantine scolaire à votre enfant ?


NB : vous pouvez aussi dès maintenant signer la pétition “Moins de viande et plus de bio à la cantine !” qui en est déjà à plus de 120 000 signatures.

Si vous avez des questions sur la façon dont l’association a obtenu ces chiffres et pourquoi elle fait de telles recommandation, vous pouvez aller lire cette FAQ très complte : Méthodologie Au menu des cantines.

Journaliste indépendante et animatrice à Radio France, je vous informe sans concession !

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Comments (4)

  1. Ce communiqué de Greenpeace (en pleine contamination pro-vegan) est une lecture biaisée du rapport, déjà très contestable, de l’ANSES.

    Quelques commentaires intéressants sur l’article http://www.sante-et-nutrition.com/recommandations-nutritionnelles-anses/

    Le problème de ce rapport de l’ANSES est qu’il s’est appuyé principalement sur des études nord-américaines, et donc un modèle d’élevage industriel dont on sait qu’il produit des aliments de mauvaise qualité, pour la plupart consommés transformés… J’ai eu récemment la visite d’un ami américain qui dirige un labo de recherche médicale spécialisé en épidémiologie, et qui me disait sa difficulté de trouver aux USA des bons produits (fromages et viandes en particulier) même en ayant des moyens financiers.

    Le rapport tient en partie compte de cette réserve mais sans jamais soulever le problème du modèle agricole intensif. Ce modèle est délétère pour les produits animaux (en plus de la maltraitance animale) mais aussi pour les végétaux, avec une surconsommation d’eau et de produits phytosanitaires.

    Donc proposer que les cantines adoptent le végétarisme deux jours sur cinq est d’une totale stupidité ! C’est le meilleur moyen de diminuer un peu plus le rapport omega-6/omega-3 par surconsommation d’huiles végétales, car la cantine ne proposera pas des salades à l’huile de cameline…

    Il y a entre autres une confusion totale sur les “produits laitiers”. Au supermarché comme au magasin bio, les 9 dixièmes des produits laitiers en rayon sont à éviter : yaourt, flans, entremets sucrés et parfumés etc. Au détriment des fromages artisanaux affinés au lait cru qui sont un trésor irremplaçable. Quand je vois le panier d’acheteurs au supermarché bio, au moins les 3/4 sont des produits à éviter… car le bio ne garantit pas la valeur nutritionnelle !

    Pour ce qui est des protéines, le rapport ne parle pas de les diminuer – heureusement, vu que leur carence est fréquente – mais il n’indique pas comment remplacer ces “mauvaises” protéines animales par de “bonnes” protéines végétales avec une biodisponibilité acceptable. Consommer 2 kilos de lentilles à chaque repas ? J’ai publié sur mon site lebonheurestpossible.org les estimations détaillées de nos besoins de protéines.

    Une fois de plus on tombe dans des recommandations à trois balles avec, plus gravement, un lobbying auprès de parlementaires pour la plupart incultes en matière de santé publique… Et les gamins “pris en otage” dans cet affrontement. Si on leur fichait la paix ? Il peuvent apprendre à chosir eux-mêmes les aliments qui leur conviennent si on leur propose une véritable diversité, et un minimum d’éducation en matière de nutrition. Mais c’est mal barré vues les fausses infos qui circulent sur le net, propagées par des “naturopathes” et “nutritionnistes” auto-proclamé·e·s !

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    Bernard Bel - 7 juin 2018
    1. Très intéressant Bernard, merci pour ces précisions.

  2. C’est aberrant de conditionner les enfants si jeune à manger ça …..

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    CamilleG - 5 juin 2018
    1. Surtout si les raisons en sont de vieux préjugés sous influence 🙁