Envahis par le faux poulet

“C’est du vrai poulet dans vos sandwichs/votre salade/votre poulet ananas ?”
“Oui, oui, Madame !”

Poulet reconstitué

Combien de fois ai-je eu cette discussion avec des vendeurs de boulangeries type Paul ou dans des restaurants de burgers ou encore au chinois du coin. Chaque fois la même assurance “oh oui Madame !”. Chaque fois la même déception “eh bien non monsieur ça ça n’est pas du vrai poulet c’est de la merde de viande mécaniquement recomposée et c’est dégueulasse.”

Je ne sais pas si je saurai encore répondre de moi à la prochaine enseigne qui tente de me prendre pour une truffe en me vendant au prix d’un vrai filet de poulet du vieux poulet recomposé contenant les moins bonnes parties de l’animal mélangées à des exhausteurs de goût et des colorants sous peine de ne ressembler qu’à une infâme pâte sans couleur, odeur ni saveur…

D’ailleurs, pourquoi mettre autant d’énergie à faire que ce poulet reconstitué ressemble à un authentique filet de poulet ? Pour mieux nous entuber ? Mais bordel achetez du vrai poulet et cuisinez-le normalement au lieu de nous vendre de la merde en boîte à prix d’or pour marger toujours plus !

Oui, Jean-Pierre Coffe a pris possession de ce corps. Et il a bien raison. Parce qu’on se fout franchement de nos gueules. Le phénomène a atteint des proportions telles que j’ai des proches qui n’arrivent même plus à faire la différence entre ce faux poulet et un vrai découpé dans du filet (non, je ne balancerai pas).

Le poulet reconstitué : sous-produit de l’industrie pour marger toujours plus :

En quoi cuisiner du vrai poulet est devenu compliqué ? En quoi c’est “plus simple” de prendre des morceaux de dinde, de poulet, de peau et j’en passe, de les broyer ensemble pour les assembler mécaniquement et d’en faire du faux poulet ? (certains poussent même le vice jusqu’à tenter d’imiter les fibres de la viande) Effectivement, ce n’est pas plus simple puisqu’il y a beaucoup plus d’étapes de fabrication. Mais c’est parce que dans ce faux poulet il n’y a parfois que… 30 % de viande (généralement 40 à 50 %) et le reste de graisses, peau, veines, nerfs, viscères, cartilage et os broyés, eau, et soja (on va se ré-ga-ler !)

Donc ? donc ? Ça permet de faire de belles marges ! Bravo.

Ainsi, pendant que vous achetez toujours vos nuggets au prix du vrai poulet, vous ne mangez plus qu’un substitut sans odeur ni saveur ni propriétés nutritives.

Dans ce faux poulet il n’y a parfois que… 30 % de viande, ça permet de faire de belles marges !

Poulet reconstitué

“Bon, allez les gars on se mobilise parce que non seulement ils nous tuent mais en plus ils profanent notre mémoire en transformant notre viande ensuite en produit dégueulasse !”

Bef. Une seule solution : boycotter toujours plus ces enseignes et ces produits. Cuisiner toujours plus soi-même (surtout un sandwich, c’est quand même pas bien compliqué) et manger autre chose quand on est en déplacement et qu’on ne peut pas vraiment faire autrement.

Fuyez toute viande portant la mention “Préparation à base de”

Au supermarché, fuyez toute viande portant la mention “Préparation à base de viande xxxx traité en salaison reconstitué” ou “préparation à base de” car cela signifie que ça n’en est pas.

Plus de détails dans ces excellents papiers de Reporterre:  Vous mangez des nuggets ? Vraiment ? Voici ce qu’ils contiennent et Les secrets de la fabrication des Nuggets.

Vous aussi un Jean-pierre Coffe sommeille en vous face à cette invasion de faux-poulet ?

Journaliste indépendante et animatrice à Radio France, je vous informe sans concession !

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Commentaires (6)

  1. J’ai peur que même en intensifiant l’esclavage et la torture (oups ! pardon, je crois qu’on dit élevage dans le monde normal) des poulets, ça ne ferait jamais assez de « vrais » filets pour « alimenter » notre folle et exponentielle consommation de cadavres.
    Alors, il faut bien trouver un substitut car il est impensable pour un modèle économique vénal à croissance continue (ou rêvée comme telle pour quelques temps encore) de ne pas répondre à une demande, quelle qu’elle soit. A la limite, cela mon cerveau le saisit, sans le cautionner bien sûr.
    Mais faut-il éternellement se battre contre les profiteurs sans scrupules qui fleurissent naturellement sous réserve que le débouché existe, ou inverser le questionnement et remettre la liberté et la responsabilité du côté du demandeur incohérent et ignorant volontaire ? C’est ce que tu proposes en effet, plus de lucidité, mais je pense que beaucoup « attendent » plutôt que les autres commencent, ou que ça tombe du ciel… Relisons Gandhi et le changement qui commence en nous, et patati…
    L’être humain a choisi (on l’a un peu aidé c’est vrai) une nourriture qui le détruit littéralement, une nourriture inadaptée tant sur le plan biologique qu’énergétique. De plus il en mange trop, trop souvent, sans conscience, et ne cherche pas forcément plus loin que son pseudo plaisir éphémère et mécanique, bien que la connaissance soit partout disponible maintenant.
    Il n’est pas impossible que la nature nous parle et que face à une telle surdité elle emploie des moyens de plus en plus « criants » pour nous alerter, y compris un salutaire empoisonnement, dernier espoir de réveil des consciences… car parfois le malade a besoin d’un remède amer.
    A la seconde où je choisis la vie, les vendeurs de mort s’évanouissent.
    Et l’urgence est au moins aussi importante qu’en matière d’écologie par exemple (en plus c’est étroitement lié !), ce qui explique mes mots moins patients que d’habitude. Je suis sûr que tu m’en excuseras Sabrina, qui sait toujours mettre le doigt, ou le stylo, là où il faut.

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    Fabien - 10 novembre 2017
    1. Tu es tout pardonné et disons que même une impatience de Fabien est la patience maximum d’autres alors ça va 🙂
      Je crois comme toi que tout est à repenser et que nous avons l’air d’avoir besoin d’aller jusqu’à l’extrême limite pour un sursaut salvateur (ou pas, on verra).
      Avec les modes végé et bio je me suis dit super ils vont développer pleins de choses saines, on va enfin pouvoir “manger rapidement” ET sainement. Que nenni. Des étals certes qui ont plus des airs de “sain” mais des produits enciore venus de l’autre bout du monde et remplis de conservateurs et autre colorants. Du plastique, des emballages, bref tout ce que l’on sait faire de mieux. En 2017, hormis se faire son propre sandwich, il n’est toujours pas possible de manger saineent sur le pouce sans y laisser la moitié de son PEL… Navrant.

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      Sabrina Debusquat - 10 novembre 2017
      1. Je suis d’accord.
        Juste, il faut peut-être qu’on prenne l’habitude de ne plus dire “ils” mais “on” car toute situation (si horrible ou contre nature soit-elle) ne peut être autre chose qu’une co-production collective plus ou moins consciente. Une moyenne quoi
        Quand on a du recul, ça peut paraître seulement jouer sur les mots, mais pour beaucoup, le “ils” est une facilité de conscience et d’auto-critique, un oubli que sur le même bateau, le pire est la division et la perte de l’esprit commun.

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        Fabien - 10 novembre 2017
        1. Absolument d’accord avec toi sur ce point, c’est pour ça que je m’abstiens bien de me croire “meilleure” ou quoi que ce soit parce que je fais certaine chose et que je m’efforce sans cesse de repenser mes habitudes et réflexes pour tenter de m’améliorer. En achetant, en se laissant aller, en devenant trop complaisants sur nos valeurs et en acceptant de se faire vendre ce genre de produits sans broncher nous perpétuons ce système. Quand je disais “ils” je visais précisément les industriels qui commercialisent cela mais je suis d’accord avec toi, sans demande il n’y a pas d’offre et sans clients complaisants qui ne se respectent pas eux-mêmes, il n’y aurait pas de faux-poulet (même si certains ne sont absolument pas au courant de cela et croient qu’ils s’agit de vrai poulet ou n’y ont pas réfléchi…)

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          Sabrina Debusquat - 10 novembre 2017
  2. C’est simplement du reconstitué ! Dans le jambon cuit par exemple , chez métro on trouve encore pire que le jambon picnic ! Ça s’appelle, je pense , matière pour sandwich !

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    José - 9 novembre 2017
    1. Oui et on pourrait pas arrêter de nous prendre pour des jambons justement ? En nous vendant des viandes reconstituées pour marger toujours plus au détriment du goût et des qualités nutrtionelles…

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      Sabrina Debusquat - 9 novembre 2017