Les femmes naissent-elles les pieds en V ?

Beaux jours. Sandalettes, tongs et… étrange constat : énormément de femmes ont le gros orteil courbé vers les autres doigts de pieds.

Pied déformé chaussures talon

Sont-elles nées comme ça ?

Non, c’est l’effet déformant des chaussures à talons que ces mêmes femmes qualifient pourtant de “si confortables” !

Les méfaits des chaussures à talon sur la santé

Marcher des kilomètres et des kilomètres dans un escarpin ou même une sandalette compensée n’est jamais sans incidence pour la santé du pied et du corps. Déformation de la colonne par l’adoption d’une cambrure accentuée, raccourcissement du tendon d’Achille et déviation vers l’intérieur des deux doigts de pieds extérieurs (compressés dans l’avant alors qu’ils doivent supporter tout le poids du corps à la place des talons).

Il y a quelques années j’ai commencé à ressentir des douleurs aux pieds à force de porter des talons. Des douleurs suivies d’une légère déformation progressive de mes doigts de pieds, prêts à former un hallux valgus. C’est là que j’ai dit stop : stop aux talons de plus de 5 centimètres. Si je continuais ainsi, j’allais souffrir à vie sur une partie de mon corps sur laquelle je suis obligée de m’appuyer chaque jour. Quelle crétine !

Même si l’on a “l’habitude”, comme le disent souvent celles qui se perchent sur
des hauteurs vertigineuses, cela reste de la souffrance.

C’était le temps de la remise en question : pourquoi mettre des talons alors que cela fait souffrir ? Car, même si l’on a “l’habitude” (comme le disent souvent celles qui se perchent sur des hauteurs vertigineuses), cela reste de la souffrance. On sait pertinemment que l’on sera plus à l’aise et libre de nos mouvements à plat.

Mais alors…

Pourquoi diable les femmes portent-elles des talons ?

Certes c’est “joli”, mais quel est le prix à payer pour “être jolie” ? Votre liberté de mouvement, votre santé, votre bien-être. Cela en vaut-il la peine ? Oui, si vous placez le fait d’être “jolie” au-dessus de tout.

Car, porter des talons, n’est-ce pas encore se conformer aux diktats de la beauté ? N’est-ce pas le signe que votre degré de confiance en vous dépend du regard masculin ? N’est-ce pas le signe que vous vous sentez obligée de vous “pimper”, de vous relooker, de vous “améliorer, de vous “arranger” pour vous sentir “potable”. Mais quelle misère…

Porter des talons c’est limiter sa liberté d’aller et de venir,
c’est être en équilibre précaire, c’est se rendre vulnérable dans l’unique but de plaire, d’être “jolie”.

chaussure talon mal pied

En Chine, les femmes se déforment carrément les pieds en les bandant dès l’enfance pour les maintenir riquiquis. En Occident nous nous les déformons au fil des années en portant des chaussures qui nous font souffrir et génèrent petit à petit des déviations osseuses très douloureuses. Effet visuel différent mais causes similaires. La seule différence qui nous sépare c’est que nous avons si bien intégré les diktats que nous nous les infligeons seules alors qu’elles y sont forcées. Je ne saurais dire ce qui est le pire…

Car les conséquences du port du talon vont bien au-delà de la souffrance (qui devrait déjà suffire). Porter des talons c’est limiter sa liberté d’aller et de venir, c’est être en équilibre précaire, c’est se rendre vulnérable pour avoir l’air “plus mince”, “plus élancée”. Mais quelle misère…

Quand allons-nous arrêter de vivre comme de beaux objets au lieu de vivre tout simplement ? Quand allons-nous arrêter de limiter notre liberté (bon sang, ce n’est pas rien) pour “paraître” ? Certainement quand la société (ça commence par nous-même) nous lâchera autant la grappe qu’aux hommes. Quand nous ne prêterons pas plus d’importance aux apparences qu’au bien-être. Quand les femmes seront considérées, autant que les hommes, pour leurs compétences professionnelles et personnelles avant leur physique. Quand nous en aurons fini avec cette vieille idée rance qu’une des valeurs principales de la femme c’est son physique; idée qui date du temps où les femmes étaient enfermées au foyer, privées de tous biens matériels et obligées de “plaire” pour survivre socialement dans un monde où c’était la seule chose qui leur soit permise.

Nous sommes en 2017 et pourtant cette idée rance m’a touchée et me touche encore. Je l’ai intériorisée. En voulant répondre à ce que l’on attendait de moi, j’ai construit ma propre prison. J’ai mis si longtemps à comprendre que le désir de beauté ne doit ô grand jamais me faire souffrir ou réduire ma liberté. Je remercie mes lectures féministes de m’en avoir fait, en partie, fait prendre conscience.

Quand allons-nous arrêter de vivre comme de beaux objets au lieu de vivre tout simplement ? Quand allons-nous arrêter de limiter notre liberté (bon sang, ce n’est pas rien) pour “paraître” ?

chaussure talon mal pied

Quoi qu’il en soit, je suis très heureuse de voir aujourd’hui que la plupart des jeunes femmes ne sont plus dans cet “idéal du talon” et portent à fond baskets et autres chaussures plates qui ne limitent pas leur liberté de mouvement et ne diminuent pas leur bien-être.

Bravo les filles, vous avez tout compris ! Et merci de montrer l’exemple aux autres. 🙂

Le féminisme passe parfois par de si petites choses…

 

Et vous, avez-vous mis le doigt sur ces comportements intériorisés qui vous bouffent votre liberté de femme ?

 

Journaliste indépendante et animatrice à Radio France, je vous informe sans concession !

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Commentaires (26)

  1. Bonjour,
    Pour info, un kinesitherapeute peut vous faire un écarteur (entre le gros orteil et celui d’à côté) ou une orthèse (plus enveloppante) pour redresser le gros orteil en cas d’hallus valgus. Actuellement, j’ai un écarteur que je porte la nuit et le jour si je suis en chaussures/boots car L’orthèse, il faut pouvoir la supporter ! ça ne fait qu’un mois et demi que je porte l’écarteur, je dois faire un point avec ma kiné d’ici octobre pour voir si c’est concluant. Elle m’a promis que oui, je suppose jusqu’à un certain point. en tout cas, c’est à tester (et c’est peu cher).

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    Claude de faÿ - 8 août 2017
    1. Super Claude, merci pour l’info, je pense tester ça un jour car du coup cette déviation fait frotter l’extérieur du pied (côté petit doigt, à cause de l’os dévié qui est plus proéminent) dans les chaussures fermées et c’est fort désagréable !

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      Sabrina Debusquat - 8 août 2017
      1. Pareil pour moi. Du coup je mets une petite protection (tube protecteur à couper selon la longueur désirée, marque scholl en pharmacie) et fini les frottements et les cors. Efficace !

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        Claude - 8 août 2017
        1. Oui, en tant que solution teporaire mais je préfères traiter le problème à la racine et dès maintenant pour ne pas qu’il empire ^^

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          Sabrina Debusquat - 8 août 2017
  2. Ah le titre m’a tour de suite parlé ! À 20 ans j’ai effectivement le gros orteil qui va vers les autres et pourtant j’en ai porté très peu des talons dans ma vie ! Très très peu. Mais bon, je sais maintenant grâce à certaines méthodes naturelles notamment en médecine indienne qu’il est tout à fait possible de les redresser à l’aide de certains massages (si ça peut intéresser).

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    Sara - 21 juillet 2017
    1. Oui, effectivement vous êtes nombreux/ses à n’avoir pas besoin de talons pour avoir cette “déformation”, tu sais d’où ça te viens toi ? Tu pourrais aussi nous en dire plus sur ces massages ? Tu as toi-même essayé avec succès ?

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      Sabrina Debusquat - 23 juillet 2017
  3. J’ai beaucoup aimé cet article, et je suis totalement d’accord; nous les femmes subissons tellement de pression sociale pour conformer à des exigeances de beauté parfois totalement absurdes. Hélas, pour ma part l’hallus valgus est héréditaire. j’en parlais à mes grand parents maternels il y a 2 ans car je remarquais que j’avais de plus en plus mal aux pieds, notamment le pied droit, et ils m’ont dit: “ah, ma fille, ne cherche pas trop loin”. Ils se sont tous les 2 déchaussés, et boum, de magnifiques hallus valgus sur leurs 4 petits pieds réunis (et mon papi n’a jamais porté de talons de sa vie)! Ma tante s’est fait opérer il y a 2 ans, et ce sera au tour de ma maman cet automne. Je pense que je vais sûrement y avoir droit moi-aussi dans quelques années! 🙂

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    Christelle - 23 juin 2017
    1. Eh bien, je suis vraiment désolée pour toi 🙁
      Ca fait tellement mal cette cochonnerie ! Perso, comme ce n’est pas congénital chez moi, j’essaie de me rééduquer avec les principes de l’antigymnastique et je compte aller voir un/e professionnel pour voir si on peut tenter de me remettre l’orteil dans le droit chemin d’une manière ou d’une autre par la rééducation. Tu aurais déjà entendu parler d’une telle chose ? (même si je sais que la plupart du temps les médecins n’ont que le mot “chirugie” à la bouche et ignorent ces médecines douces)

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      Sabrina Debusquat - 23 juin 2017
      1. Hmm… de la rééducation pour remettre les pieds droits… j’avoue que ça donne bien plus envie que la chirurgie! Merci pour l’info, Sabrina! Je vais me renseigner. Je crains que la dégradation de l’état de mon pied gauche ne soit trop avancée pour les pratiques dites ‘douces’ car la déformation commence non pas au niveau de la phallange mais plus bas au niveau de l’articulation tarso-métarsienne. Ceci dit ‘qui ne tente rien n’a rien’ et je poserai la question à mon médecin. Courage à toi et je souhaite que tu retrouves très vite de jolis pieds tout droits! 🙂

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        Christelle - 28 juin 2017
        1. Eh oui, nous ignorons beaucoup de choses à cause du “tout allopathique”, les médecines douces auraient beaucoup à nous apporter si nous les développions un peu plus et la chirurgie ne serait que le dernier recours. L’antigymnastique est par exemple une discipline qui vise à repérer et dénouer les mauvais placements corporels que tu prends et qui, à terme, entraînent une cascade de conséquences. En rééduquant doucement ils arrivent parfois à faire de vrais miracles ! Je te copie-colle le passage où j’en parle dans mon livre Métro, boulot… bonheur !, je suis sûre que cela t’intéressera :

          ” De nombreuses personnes ayant testé cette méthode livrent des témoignages forts, comme Marie-Lise Labonté. Dans Au cœur de notre corps, cette praticienne de l’antigymnastique nous raconte qu’elle l’est devenue parce que cette discipline l’a elle-même sauvée. À vingt-cinq ans à peine, Marie-Lise souffrait d’arthrite rhumatoïde, une maladie dégénérative qui l’obligeait à marcher à l’aide d’une canne. Le jour où les médecins lui proposent un implant de la hanche, elle décide que cela suffit. Elle veut d’abord tenter d’entrer en dialogue avec son corps avant de procéder à une opération aussi lourde. Elle pressent qu’elle doit dialoguer avec son corps et que la médecine moderne n’élimine pas en profondeur la source de son problème. La « source de son problème », elle va la découvrir après plusieurs séances d’antigymnastique en compagnie de Thérèse Bertherat. Elle s’aperçoit alors que ses pensées autodestructrices, son opinion limitée de ses capacités, tous les jugements négatifs qu’elle porte sur elle se sont transformés « en prison physique ». Au pied du mur, obligée d’écouter ce corps qui la force à lâcher prise, elle parvient à supprimer totalement certaines douleurs qu’elle étouffait auparavant à grand renfort de médicaments. Après quatre semaines de travail psycho-corporel, Marie-Lise retrouve la mobilité de sa hanche. Voici, avec ses mots, la description de ce processus :

          « J’avais l’impression de laisser mon corps malade sortir de moi pour aller à la rencontre de mon réel corps […], celui qui représentait totalement, dans sa transparence, l’être que j’étais. […] Comme si je touchais au cœur de mon corps, à ce qu’il y a de plus intime, de plus profond. […]La cuirasse affective se libérait pour laisser place à la vie, à l’amour et à l’authenticité de mon être. Je savais, en accord avec mon corps, que plus jamais je ne pourrais me mentir, que plus jamais je ne pourrais me détruire, qu’il ne restait qu’à m’aimer et à retrouver le chemin de l’authenticité vis-à-vis de moi-même et des autres. Ce fut le plus beau cadeau que mon corps pouvait me donner : me ramener au cœur de moimême. »

          La méthode Mézières et l’antigymnastique de Thérèse Bertherat sont des techniques manuelles de rééducation posturale qui, par la respiration et en vous faisant maintenir certaines positions, relâchent les tensions musculaires et corrigent les déviations de la colonne vertébrale. Par ces procédés, finalement très simples mais qui nécessitent un savoir complexe, vous mettez fin à des tensions chroniques qui gâchent votre quotidien. Vous vous préoccupez de votre santé et, par la même occasion, vos membres retrouvent une grâce et une fluidité qui sont leur état d’origine. “

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          Sabrina Debusquat - 28 juin 2017
    2. A propos des hallus valgus, il n’y a pas que les talons qui posent problème.
      Nos chaussures sont vendues sans distinction de largeur, mais uniquement sur un critère de longueur (pointure), avec pour conséquence qu’une grande majorité de gens portent des chaussures trop petites qui amènent les soucis de santé (halluc valgus, jusqu’a fracture de fatigue).

      Un hallus valgus est la conséquence de longues années de port de chaussures inadaptées, et peut se corriger par de longues années de port de chaussures adéquate qui favorise la mobilité du pied, qui n’écrase pas, ou ne repousse pas les orteils mais au contraire laisse l’extension, soit proche de la marche pied nue.

      (désolé, tout est en majuscule dans ce formulaire malgré mon clavier en minuscule)

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      Langlois - 27 juin 2017
      1. C’est parfait et en minuscules. Merci Langlois ! (je confirme car j’ai les pieds petits mais larges et c’est très compliqué de trouver… chaussure à mon pied 🙂

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        Sabrina Debusquat - 27 juin 2017
  4. Bonjour, Sabrina.
    Que c’est rafraîchissant de vous lire sur ces sujets qui libèrent le corps et l’être des femmes.
    J’ai eu deux paires de chaussures à talons dans la vie. La première à 14 ans, 4-5 cm de hauteur et modèle pas pointu à l’avant, pour faire l’expérience de cette ”féminité” que je ne voyais pas encore comme artificielle et imposée par la chosification de la femme.
    Puis des bottes à talon de la même ‘petite’ hauteur qui m’ont fait toutes les années de fac.
    Là, j’aurais déjà préféré qu’elles soient plates, mais j’étais étudiante et le prix me convenait.
    Pas d’inconfort lors de ces deux expériences, mais aucune envie de recommencer, ni d’essayer les talons plus hauts.
    Comme une intuition que ce n’était ni naturel ni nécessaire.
    Aujourd’hui je me réjouis de mes pieds en ”V”, mais avec l’ouverture du ”V” à l’avant.
    Là je suis grand-mère et j’ai des pieds parfaits pour me porter, qui ne m’ont jamais fait souffrir. Une promesse de confort et d’insouciance pour mes (plus) vieux jours.
    Aux amies qui se plaignent de douleurs et/ou de ne pas aimer leurs avant de pieds déformés, je dis que “j’ai eu de la chance de ne pas tout accepter pour plaire”, espérant qu’elles en parlent, comme je le fais, à leurs filles et autres femmes qu’elles peuvent influencer.

    Et pourquoi faire exception pour des réceptions et mariages si c’est pour passer une soirée moyenne ? Avec des modèles élégants, la ”platitude” peut avoir droit de cité partout.

    Merci d’ouvrir les yeux aux femmes, Sabrina.

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    Titi Parisienne - 23 juin 2017
    1. Quel beau commentaire, ça me touche !
      Concernant votre dernière phrase, c’est exactement la réflexion que je me fais. J’ai récemment été invitée sur un plateau TV et ma petite taille me gênant généralement dans les fauteuils (si je m’assois dos collé au dossier mes pieds ont du mal à toucher terre :-)), je me suis dit que je serais obligée, à vie, de porter des talons sur des plateaux TV. Cela m’embête car j’aimerais lutter publiquement pour montrer que l’on peut, même en étant petite, se présenter publiquement sans talon et contribuer à ce que cela devienne quelque chose de normal, de courant.

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      Sabrina Debusquat - 23 juin 2017
  5. Vous semblez dans votre article faire une opposition nette entre les pieds bandés en chine qui seraient totalement imposés la force aux femmes, et les talons occidentaux que les les femmes choisiraient elles même de porter. Je ne peux pas m’empêcher de vous conseiller vivement cet article qui questionne la pertinence de cette opposition : (TW: mutilations génitales) https://antisexisme.net/2017/03/19/coercition-beaute/
    Je trouve ça dommage de réduire la question des normes de beauté des femmes à une histoire de paraître et de séduction hautement futile. Cf le même article, les talons sont un impératif professionnel pour de nombreuses femmes – de même que le maquillage, la jupe serrée… selon les postes et les entreprises. Ce n’est pas juste une histoire de confiance en soi.

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    Trèfle - 23 juin 2017
    1. Bonjour Trèfle,

      C’est vrai que ce n’est pas l’angle que j’avais pris pour cet article mais merci d’avoir ajouté cette info très intéressante.

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      Sabrina Debusquat - 23 juin 2017
  6. Ah les talons… Je vais être honnête, je trouve ça beau et féminin, au même titre qu’une robe ou une jupe. Mais ma perception de la beauté a peut-être été façonnée à grand renfort de publicité et bourrage de crâne.
    Par ailleurs, je peux comprendre que des femmes complexées par leur petite taille, souhaitent gagner quelques précieux centimètres grâce à des talons.

    Je reste toutefois dubitative sur les talons aiguilles, certes ça fait femme fatale, mais ils m’ont toujours paru trop instables et casse-gueule. J’ai toujours eu peur trop de me fouiller la cheville pour en essayer.
    Ce qui me fait penser aux danseuses du Crazy Horse qui font toujours leurs prestations en talons haut, j’imagine qu’à la clef elles ont quelques problèmes à la longue…

    Pour ma part, j’aime les talons carrés et stables, type cubain, jusqu’à 5 cm. Je possède deux paires avec un talon de 7 cm, une version bottine chic et une version scandales glamour avec des strass, que je mets en cas de soirée. Je n’irai pas jusqu’à 10 cm, ça me semble trop haut.
    Et puis, il faut dire que je dois composer avec une particularité : j’ai les pieds larges (héritage de la lignée maternelle). Je ne rentre dans AUCUN escarpin, sans exception ! Et même pour les autres chaussures : bottines, scandales ou tennis, c’est TRÈS difficile d’en trouver des suffisamment larges. J’ai dû renoncer à des centaines de jolies chaussures (snif). Avec les années, j’ai appris à repérer les chaussures dans lesquelles je suis susceptible de rentrer / de finir par rentrer avec le relâchement / de ne jamais rentrer. ^^ ‘

    Merci pour cet article percutant, qui permet de prendre conscience. 😉

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    Delphine - 22 juin 2017
    1. Merci Delphine 🙂
      Nous avons le même problème de pieds larges. Et pour ma part, en plus, mes pieds devenaient plats au fil des années à cause d’un genu valgum (genoux qui rentrent légèrement vers l’intérieur) qui “dévoûte” la voûte plantaire. Moi aussi je trouve que cela fait joli et comme toi je suis consciente des diktats qui me modèlent et je me disais l’autre jour qu’il y a aussi surtout ce diktat de la minceur et de la grandeur (beaucoup de femmes petites et plus rondes diront qu’une “grande à plat” ça “rend mieux” que des “gros mollets”). Je lutte moi-même contre cette idée (mollets très musclés et petite silhouette mais j’ai décidé que mon bien-être et ma santé passaient en premier (alleluia, il en a fallu du temps). D’ailleurs, je précise que cette décision intervient au moment où j’ai plus confiance en moi.

      Tu ressens cela toi aussi ? Tes choix de chaussures ont évolué au fil du temps ou ta particularité a fait que ça a toujours limité tes choix de talons ?

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      Sabrina Debusquat - 23 juin 2017
  7. Quel soulagement j’ai ressenti lorsque j’ai lu un jour dans un magazine féminin “on ne va pas se mentir, porter des talons fait mal aux pieds à tout le monde, il y a seulement celles qui décident de passer outre.” Adolescente, je pensais qu’il y avait celles qui savent marcher avec des talons et celles qui ne savent pas. En ce qui me concerne j’ai un hallux valgus depuis que je suis petite ( enfin deux, je ne me souviens pas bien de leur apparition qui s’est faite progressivement), alors de toute façon les talons je n’en mets pas! (ou alors pour un mariage, des Timberland bien stables et “confortables”, que je garde 1h puis que j’échange avec des sandales). En revanche, concernant les baskets, je ne suis pas persuadée que les femmes aient décidé de libérer leurs pieds, plutôt de suivre la mode (qui pour une fois est à notre avantage). J’ai bien peur que si la mode des talons revenait, beaucoup de femmes la suivrait…

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    Lise - 22 juin 2017
    1. Oui, en préparant l’article j’ai lu qu’il y avait des hallux valgus congénutaux ou de naissance. Du coup, chez toi c’est apparu progressivement sans talon ? (parce que je sais que certains hommes en développent aussi suite au port de chaussures (même plates) mal adaptées/trop serrées au bout)

      Pour les jeunes et les baskets oui c’est certain que c’est une grosse mode mais la mode des très hauts talons a tenté de se lancer il y a quelques années (télé réalité, etc.) et cela n’avait pas pris dans la rue donc finalement j’ai quand même l’impression que les jeunes femmes n’ont pas envie de s’infliger ça… le futur nous le confirmera ou pas !

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      Sabrina Debusquat - 22 juin 2017
      1. Je ne suis pas née avec mes hallux valgus, ils sont apparus progressivement, je ne sais pas pourquoi. à 5-6 ans je suis quasi certaine que je ne les avais pas, et à 10 ans sure qu’ils étaient là ^^ Aucun médecin n’a jamais statué sur leur origine. Il n’y a rien à faire à part éviter que cela s’aggrave (donc sont proscrites les sandales ou tongs ayant des brides qui passent à cet endroit là), les médecins n’opèrent que quand ça fait mal (c’est ce qu’on m’a dit à l’éqoque, et ça ne me fait pas mal sauf si je marche très longtemps avec des mauvaises chaussures, mais comme tout le monde j’imagine). Aujourd’hui il me semble qu’on opère même pour raison seulement esthétique mais je n’ai pas envie de m’infliger ça 😉 Les raisons pourraient être que lorsque j’ai commencé à marcher je marchais sur la pointe des pieds, mais ça n’a pas non plus duré trop longtemps, ou bien que ma grand mère a aussi les pieds comme ça.

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        Lise - 22 juin 2017
        1. Bonjour Lise,

          Oui, effectivement je ne le précise pas dans l’article mais l’hallux valgus n’est pas l’apanage des femmes à talons, certains le développent très jeunes pour diverses raisons (dont de mauvaises chaussures parfois, même sans talons). Ceci dit, les professionnels expliquent que cette déformation apparaît très souvent chez les femmes porteuses de talons, ici ma réflexion est donc plutôt portée sur le fait d’accepter de se déformer, de se faire souffrir pour “être belle”. Merci en tout cas d’avoir partagé ton expérience ! Du coup, tu n’en souffres pas toi ?

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          Sabrina Debusquat - 22 juin 2017
          1. curieusement, à moi on m’a dit que les chaussures trop plates et marcher pieds nus pouvait aussi faire augmenter l’hallux valgus -j’en ai un au pied gauche-, alors qu’un talon léger (sans “bout pointu” à la chaussure évidemment) écarte naturellement le gros orteil des autres. J’ai d’ailleurs une amie qui, toujours en baskets, a eu des problèmes de cambrure du pied, justement parce que ses chaussures étaient trop plates…

            Agnès - 23 juin 2017
          2. Oui c’est ça, c’est pour ça que j’ai écrit “talons de moins de 5 cm” ^^ Il paraît qu’un petit talon est mieux que rien du tout. C’est fou quand même ces histoires de chaussures, alors que le pied est fait pour marcher à plat (c’est l’évidence même), il doit y avoir quelque chose dans certaines chaussures (fermées) qui font que le pied du coup va préférer un talon (peut-être parce qu’il est opprimé un minimum sur les côtés et que du coup le talon “l’aide” ?). Les kenyans, par exemple, sont les meilleurs coureurs du monde car ils apprennent à courir pieds nus et que cela renforce leur pied et leurs capacités. Preuve que norte pied est à son optimum au naturel. Intéressant, non ?

            Sabrina Debusquat - 23 juin 2017
  8. Mille fois oui au port de vêtements physiologiques, ergonomiques, bref, adaptés à notre merveille de Corps humain…
    (y’a une petite coquille à ‘quand la société… nous lâchera/ons’…)
    Merci Sabrina!

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    Gréaux-Bellenfant - 22 juin 2017
    1. Oui, parce qu’aujourd’hui entre le synthétique rigide qui fait transpirer et les coupes/chaussures inconfortables ça fait beaucoup ! D’ailleurs, je trouve qu’une femme qui se sent à l’aise pour marcher est bien plus élégante qu’une femme qui se rigidifie et se crispe sur ses talons ou dans sa jupe trop serrée… La beauté c’est en grande partie, je crois, la fluidité, la santé, le bien-être. Et cela ne veut pas forcément dire le stéréotype des vêtements en lin style “hippie” (pour ceux qui croient que confortable = forcément moche ou démodé). Merci pour la coquille !

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      Sabrina Debusquat - 22 juin 2017